Le progrès est-il une illusion pour nous perdre ?

Le Forum Catholique

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Davidoff2 -  2019-04-12 18:20:36

Le progrès est-il une illusion pour nous perdre ?


Je suis un traditionaliste-conservateur dans l’esprit, mais le progrès me subjugue. En effet, j’ai lu beaucoup de récits historiques, carnets de bord des grands capitaines d’autrefois (Magellan / Cook), avant eux, les croisades, et plus simplement, la vie que me racontait ma grand-mère décédée il y a quelques années à 99 ans (pas de voiture, un téléphone dans le bistrot du village).

Et lorsque je mets tous ces éléments ensemble, je me dis que c’est incroyable. Durant 6000 ans, l’homme a végété ou a à peine évolué. Mon meilleur ami habitant à Lausanne (100km de chez moi), eh bien il y a un peu plus d’un siècle, si j’avais voulu le visiter, il aurait fallut prévoir 2 jours pour y aller, les changements de chevaux au relai postaux, arrivé plein de poussière et de courbatures sur des routes chaotiques, la visite de l’ami à proprement parler, et le même topo pour revenir…, bref, une expédition à entreprendre sur une semaine et seulement si on a de gros moyens, ou alors pour une situation particulière.

Aujourd’hui, si je veux le voir, même s’il est 17h00, je peux lui téléphoner, s’il n’a rien de prévu je fais ces 100 km en moins d’une heure, sur une autoroute bien plane, sans chaos, dans le discret feulement du véhicule, et si j’ai envie d’écouter une orchestre symphonique durant le trajet, eh bien c’est possible. J’arrive à 18h00 à Lausanne, on à le temps de boire l’apéritif, de manger quelque chose, faire un bowling ou regarder un cinéma, et je suis de retour chez moi à minuit ! (car oui, contrairement à autrefois, on peut rouler de nuit en y voyant très bien)…

Idem pour des vacances. Il y a un peu plus d’un siècle, le type qui voulait voir une île tropicale signait pour une période de 2 à 3 ans de service à bord d’un trois mats, et aujourd’hui, je peux partir en plein hiver, monter dans un avion, prendre un valium et me réveiller au petit matin en été, sur une île paradisiaque. Les anciens ne pouvaient pas admirer les poissons ? Aujourd’hui pour 40 balles, on a un masque, un tuba et des palmes, et on se plonge dans ce monde du silence fantastique. Un week-end à New-York ? Pas de problème non plus !

Les divertissements ? J’ai vécu au Brésil il y a presque 30 ans, dans un village d’une Sierra du nord-est, sans eau ni électricité. Les soirées ? Ben on mange, on se raconte quelques histoires, on philosophe un peu, et puis on s’endort très tôt pour se réveiller au chant du coq. Le progrès chez nous ? Il n’y a plus d’heures et plus de limites aux histoires qu’on a non seulement envie d’entendre, mais aussi de voir. Tout les films sont disponibles, les effets spéciaux sont comme la réalité, on se laisse entraîner au milieu des dinosaures ou d’une galaxie lointaine durant 2 heures, et à la fin, on a eu une histoire avec laquelle nos parents n’auraient jamais pu rivaliser.

A l’époque, on payait cher pour avoir l’heure, tout simplement, et aujourd’hui on l’a partout (montre à quartz à 4 sous, mobiles, ordinateurs, voiture), à la seconde près.

Et tous ces éléments, et bien plus encore (ce n’est qu’un rapide tour d’horizon des possibilités), me laissent stupéfait ! Comme le fait de pouvoir écrire ceci à une communauté comme la votre (la notre), de mon ordinateur jusqu’à vos écrans en instantané !

Je suis donc dans une sorte d’état de sidération (la stupéfaction est un mot trop faible), lorsque je compare l’histoire humaine à ces 100 et quelques dernières années, et dans ce sens, je suis une sorte de progressiste, car tout ceci est proprement incroyable.

La seule chose que je déplore c’est le gadget du smartphone (je n’en ai pas, juste un téléphone à clapet que je n’utilise presque jamais), car là je me dis qu’on a remplacé le rêve d’aventures comme les missions Apollo (des types qui sont allés sur la lune avec un ordinateur dont la mémoire était de 2000 mots), par des gadgets inutiles et chronophages qui n’ont d’autre intérêt que flatter son égo en se prenant en photo dans toutes sortes de situations pour mener une espèce de vie par procuration…

Bref, la question dans tout cela : Le progrès, au sens large, est-il bon pour nous sauver ou plutôt pour nous perdre ?
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