Le Forum Catholique
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Meneau - 2019-02-09 23:50:51
Puisque vous y tenez...
Il est vrai que je ne vous ai pas répondu. C'est parce qu'au bout d'un certain temps, on ne voit pas l'utilité de relancer un débat qui de toute façon ne peut pas aboutir. Pour que le débat puisse avancer, il faudrait que vous essayiez au moins de comprendre le texte sur lequel on débat, et les arguments qui vous sont opposés.
Essayons encore une fois puisque vous semblez y tenir dans un autre fil. Mais je commence à me demander, tout comme Paterculus et pour la même raison que lui, si je ne perds pas mon temps.
L'abbé Gleize n'occulte pas "que le Christ est venu nous sauver du péché, en particulier du mal de faute". Occulter veut dire qu'il voudrait cacher la chose. Il ne l'occulte pas, il n'en parle pas, c'est tout. Pourquoi n'en parle-t-il pas ? Parce que ce n'est pas le sujet. Lui reprocherez-vous aussi d'occulter le dogme de l'Immaculée Conception dans cet article ?
Le propos de l'article, tout comme celui de la question de la Somme Théologique qu'il utilise, ce n'est pas la Miséricorde de Dieu envers le pécheur, mais la vertu de miséricorde que doit pratiquer l'homme. Or l'objet de la miséricorde humaine doit bel et bien être la peine et non la faute. La faute, c'est à Dieu de la pardonner s'Il le juge bon. Cela regarde Sa justice et Sa miséricorde. L'homme, lui, ne pardonne pas l'offence faite à Dieu, mais compatit à la peine de son prochain.
Il appartient à la notion de faute d'être volontaire. Et à ce titre elle n'est pas objet de miséricorde, mais plutôt de punition. Toutefois, parce que la faute peut être une certaine peine, en ce sens que des maux contraires à la volonté de celui qui pèche peuvent l'accompagner, elle est apte sous ce rapport à inspirer la miséricorde. C'est ainsi que nous avons des sentiments de pitié et de compassion pour les pécheurs.
IIa IIae q30 (la vertu de miséricorde)a1 ad1
Ce dont l'abbé Gleize s'offusque, c'est du fait qu'on mette la miséricorde au-dessus de la justice, et qu'ainsi, au nom de cette fausse miséricorde, on occulte complètement la faute qui, au nom d'une justice bien ordonnée qui met le bien commun au-dessus du bien particulier, devrait pouvoir appeler des discriminations. Et en ce sens, toute discrimination n'est pas forcément, sous prétexte de miséricorde, un mal.
Il devrait pourtant être évident (et ce le fut jusqu’ici pendant vingt siècles) que le pouvoir de la société civile comme le pouvoir ecclésiastique ont l’un et l’autre le devoir d’imposer des discrimination à l’encontre de ceux dont les péchés menacent l’ordre public, ne serait-ce que parce qu’ils représentent un scandale, c’est à dire une occasion de péché. Discrimination qui doit s’imposer en raison de la condition sociale ou religieuse des fauteurs de trouble. Condition religieuse s’il s’agit d’un culte public contraire à la vraie religion. Condition sociale s’il s’agit d’un comportement contraire à la loi divine naturelle.
(...)
Plus exactement, il s’agit d’une miséricorde humanitaire ou philanthropique, devenue incapable de saisir le lien qui rattache le mal du péché au mal de la peine. C’est parce que la peine est méritée par le péché qu’elle devient un bien : le bien commun d’une justice commune à toute la société et à toute l’Eglise. Faute de saisir ce lien, l’on ne verra plus dans la discrimination qu’un mal : le mal commun d’une injustice commune à tous les individus, à toute l’humanité. Il est clair que le dogme catholique « Hors de l’Eglise point de salut » exprime une discrimination et passe par la condamnation des « autres traditions religieuses ».
Abbé Gleize
Cordialement
Meneau
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