Vous auriez pu ajouter

Le Forum Catholique

Imprimer le Fil Complet

Regnum Galliae -  2019-02-01 17:29:33

Vous auriez pu ajouter

ma propre réponse et que je serais tenté de vous recopier, mais vous l'aviez déjà contestée.

Après une lecture plus attentive du texte, je ne la renie pas.

En revanche, j'ajoute ce passage du catéchisme de l'Eglise catholique (celui dit du Concile de Trente) :

Mais il faut bien avertir les Fidèles qu’une si grande facilité de pardon, si étendue du côté des fautes, et si illimité
e au point de vue du temps, ne doit point les rendre plus libres pour se livrer au péché, ni plus lents pour se repentir. Dans le premier cas ils seraient évidemment convaincus de mépris injurieux pour cette
Divine Puissance, et par conséquent ils seraient indignes de la Miséricorde de Dieu. Dans le second il y aurait grandement à craindre qu’ils ne fussent surpris par la mort, et par conséquent que leur foi à la Rémission des péchés ne devint inutile, parce que leurs retards et leurs atermoiements leur en auraient justement fait perdre tous les avantages.



Un peu plus loin :

Si nous lisons dans l’Ecriture que certains personnages n’ont point obtenu de Dieu miséricorde, bien qu’ils l’eussent demandée avec ardeur, nous savons que cela tenait à ce qu’ils n’avaient pas un repentir et une douleur sincères de leurs fautes. Ainsi lorsque nous trouvons dans nos Saints Livres, ou dans les saints Pères, quelques passages qui semblent affirmer que certains péchés sont irrémissibles, il faut entendre par là que le pardon de ces péchés est extrêmement difficile à obtenir. De même qu’il est des maladies que l’on dit incurables parce qu’elles inspirent au malade l’horreur des médicaments qui pourraient le guérir
; de même il y a des péchés dont on n’obtient pas le pardon parce qu’ils font repousser la grâce de Dieu, cet unique remède du salut. C’est dans ce sens que Saint Augustin disait: «
Lorsqu’un homme arrivé à la connaissance de Dieu par la grâce de Jésus-Christ, blesse ensuite la Charité fraternelle, et que
s’élevant contre la grâce même, il s’abandonne aux fureurs de l’envie, le mal de son péché est tel qu’il ne peut même s’abaisser à en demander pardon, quoique d’ailleurs les remords de sa conscience le forcent à reconnaître et à avouer sa faute.
»



ou encore cela

Enfin le dernier degré de la Prière est celui de ces pécheurs qui non seulement ne se repentent point de leurs mauvaises actions et de leurs infamies, mais encore entassent crimes sur crimes. Et cependant ils n’ont pas honte de solliciter de Dieu le pardon de ces péchés dans lesquels ils veulent persévérer! Certes, ils n’oseraient pas, dans de pareilles dispositions, demander aux hommes un pardon semblable. Aussi, qu’arrive-t-il? Leur Prière n’est point exaucée. «Ce scélérat, dit la Sainte Ecriture, en parlant d’Antiochus, priait le Seigneur de qui il ne devait point obtenir miséricorde.» C’est pourquoi les Pasteurs ne manqueront pas d’exhorter fortement ceux qui sont dans ce triste état, à renoncer définitivement à la volonté de pécher, et à se convertir à Dieu dans toute la sincérité de leur cœur.


Je reviens sur le péché des damnés, pleinement assumé car commis de plein gré, sans nos infirmités d'ici bas qui font que nos choix ne sont pas parfaits et donc révocables, pardonnables. Il me semble d'ailleurs que les Bienheureux du Ciel ne peuvent pas exprimer la moindre compassion pour les damnés puisqu'ils n'ont que le résultat de leur choix. Je crois que nous ne sommes pas loin de ce fameux péché contre l'Esprit irrémiscible.

L'exposé de l'abbé Gleize est un peu technique je vous l'accorde mais il ne faut pas lui faire dire ce qu'il n'a pas dit. D'ailleurs ce n'est pas la miséricorde qui pardonne, mais Dieu et c'est cette part d'involontaire qui fait que Dieu a miséricorde. Observez le sort de Voltaire qui savait parfaitement ce qu'il faisait : au seuil de la mort, il demande un prêtre, exprime des regrets et obtient l'extrême-onction. Contre toute attente il se rétablit, reprend ses activités impies. Lors de son agonie, il a de nouveau requis un prêtre, lequel est venu prêt à lui offrir les derniers sacrements. La Providence a souhaité que ses "amis" libres-penseurs, horrifiés à l'idée que le grand Voltaire ait la faiblesse de succomber à la superstition, ont empêché de pénétrer. Le texte décrivant les cris de désespoir de ce pauvre Voltaire est déchirant, mais il ne fait pas bon abuser de la miséricorde de Dieu. Pensons-y plutôt que de se croire sauvé avant l'heure. Pensons aussi au "voile d'aveuglement" dont parle saint Paul pour les esprits obstinés dans le mal. La scène politique en est rempli d'exemples...
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=861090