Les saintes voies de la Croix du Vénérable Mr Henri-Marie Boudon
Le Forum Catholique
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ami de la Miséricorde - 2018-11-28 22:10:41
Les saintes voies de la Croix du Vénérable Mr Henri-Marie Boudon
CHAPITRE VI
Qu'il faut recevoir les croix avec joie, avec actions de grâces, avec étonnement
(...) Tous ces objets de joie en même temps le sont d'actions de grâces. C'est pourquoi il faut bien prendre garde à n'en être pas ingrat.
Aussitôt donc qu'il nous arrive quelque affliction, soit au corps, soit à l'esprit, et de quelque part quelle arrive, mettons-nous aussitôt à genoux pour en remercier la divine Providence ; et plus l'affliction est grande, plus elle mérite de reconnaissance et d'application, soit pour faire célébrer des messes en action de grâces, soit pour pratiquer quelques bonnes oeuvres, comme jeûnes, pèlerinages, aumônes, visites de malades, de prisonniers, et autres semblables.
Le grand serviteur de Dieu, le P. Jean Chrysostome, du troisième ordre de Saint-François, le savait bien, lui qui s'était engagé par vu de jeûner cent jours en l'honneur de saint Joseph, s'il pouvait obtenir de Dieu tout bon, par son intercession, d'être méprisé de tout le monde.
Dans ces occasions, les amis chrétiens s'assemblent pour s'unir à remercier Dieu ; car l'on n'oublie rien pour marquer sa reconnaissance. Ceux qui sont plus éclairés en donnent avis aux autres, afin que les dons de Dieu ne demeurent pas sans être reconnus.
Un seigneur d'Angleterre ayant perdu tout son bien et étant réduit à la pauvreté, en fit chanter le Te Deum dans une communauté. J'ai su une femme qui, ayant perdu son procès, vint faire célébrer la sainte messe en action de grâces. Si l'on remercie Dieu dans la guérison d'une maladie, dans la délivrance d'une fâcheuse affaire, à plus forte raison dans l'événement d'une bonne croix : car si un pauvre vous témoigne ses obligations pour un écu que vous lui donnez, que doit-il faire si vous lui donnez cent pistoles ?
Or, les croix sont les plus riches présents du ciel. Souvent notre ingratitude nous en prive, ou fait que Dieu nous retire celles qu'il nous avait envoyées, et nous laisse à nos plaisirs, comme le Grand Turc, tant de seigneurs infidèles, et tant de réprouvés qui abondent en délices et en honneurs en ce monde.
Enfin si notre bon Sauveur nous traite comme ses favoris, ne nous épargnant point les croix, n'avons-nous pas tout sujet de nous en étonner, nous qui mériterions pour nos péchés d'être abandonnés à nos désirs et aux aises de la nature ?
Oh ! quel étonnement, quand on considère que Dieu tout bon semble quelquefois renverser toutes choses, pour nous accorder le grand bonheur des souffrances ! Vous verrez des pères abandonner leurs enfants, des enfants maltraiter leurs pères, des maris souffrir de leurs femmes, des femmes de leurs maris, vos meilleurs amis vous délaisser, ceux qui vous ont plus d'obligation, vous maltraiter ; des juges se fermer les yeux, jugeant tout autrement qu'il ne faut ; des supérieurs se préoccuper, sans relâcher rien de leur préoccupation ; des gens de bien se tromper ; des personnes d'une éminente vertu être dans l'erreur ; des témoins s'aveugler, et le démon, comme dit sainte Thérèse, traîner presque tout le monde après soi dans les bruits qu'il fait courir.
Certainement ces grands coups du ciel en sont les coups de grâces. Étonnons-nous donc avec sujet si nous en sommes honorés, mais ne cessons jamais de nous en étonner.
Le don des souffrances est une grâce trop précieuse pour des gens tels que nous sommes. Cela est bon pour les favoris d'un Dieu Assurément dans ces occasions il faut s'en prendre à la faveur de la Reine du ciel, des saints anges, ou de quelques autres saints du paradis qui nous ont procuré de telles grâces. (...)
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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