L'évêque d'Orléans hier et l'ancien évêque aujourd'hui
Le Forum Catholique
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JVJ - 2018-10-30 10:30:43
L'évêque d'Orléans hier et l'ancien évêque aujourd'hui
En couvrant hier les funérailles d’un prêtre de 38 ans et ce jour la comparution de Mgr Fort au tribunal, le journaliste commis d’office par la fausse croix fera d’une pierre deux coups. Il diffusera dans tous les évêchés et les presbytères de France encore abonnés à ce journal anticlérical et qui n’a plus rien de catholique, des nouvelles mensongères de « l’apaisement » orléanais. Il n’y eut aucun apaisement hier dans l’église St-Patern, mais des catholiques suffisamment bien élevés pour ne pas huer leur évêque. Mgr Maupu, ancien évêque de Verdun et orléanais, et l’abbé de St-Benoît-sur-Loire, ou le vicaire général, qui concélébraient, étaient plus qualifiés moralement pour « présider » la messe. Des prêtres et des catholiques ont eu la peau de NNSS Castet et Le Vert, mais cela fonctionne toujours dans le même sens… La tête baissée de mon évêque ne m’a fait ni chaud ni froid, comme sa gorge nouée qui relevait de la mauvaise comédie. En entendant une homélie au-dessous des circonstances et des questionnements dignes d’un magazine féminin de psychologie, je ne risquais pas le mal de tête. Satan le grand diviseur fut invoqué, comme si on y croyait encore et l’allusion était grosse avec le pape… Je traduis : surtout, tous derrière moi, pas de contestations possibles, circulez ! Vous souvenez-vous de Mitterrand aux obsèques de Bérégovoy qui s’est défaussé sur les chiens de journalistes ? Mgr n’aura pas eu le courage de pointer l’emballement journalistique et de se donner en premier responsable. Il faudra réfléchir à ce qu’on a fait et pas fait, ai-je entendu. Bonne rédaction de collégien. Quand un prêtre est sali et accusé, à tort, et j’ose l’écrire, même si cela était vrai, l’évêque doit être près de lui, physiquement et moralement. L’évêque s’est certes, pour la forme, accusé, mais en se demandant ce qu’il n’avait pas fait : si une semaine après, l’évêque n’a toujours pas compris, le nonce doit rédiger une note pour dire à qui de droit que l’évêque n’a plus sa lucidité. Pas un mot sur les délations de bons catholiques pratiquants, à Gien et ailleurs, rien sur la déléguée épiscopale chargée de traquer le clergé pédophile, rien sur les réunions de grand déballage organisées par le diocèse qui ne concernent que les personnes âgées d’une certaine sensibilité, rien sur le soutien que nous devons apporter à tous les prêtres… Un anthropologue trouverait des points de comparaison avec l’ancienne Europe de l’Est : si vous osez critiquer l’évêque, vous êtes un traître ! Ce jeune prêtre témoignait de la tendresse aux enfants, ses amis l’ont dit hier au micro. Des pervers y vont vu du mal et des gestes déplacés. On en vient maintenant à ce que des prêtres amis n’osent plus embrasser nos enfants ; du coup, je les embrasse publiquement, avant que mes enfants ne le fassent. Quand on sait qu’un prêtre est très mal, que des paroissiens l’ont dénoncé sans raison, que les gendarmes convoquent ce prêtre, on en prend soin, qu’il soit ordonné depuis 3 ans ou depuis 50 ans. Et même un prêtre en prison, comme c’est le cas à Orléans, a le droit de recevoir son évêque. S’il se donne la mort, Mgr B. pourra rependre son texte. Hier, je suis resté avec ma fille jusqu’au départ du cercueil. J’ai noté moins de dix prêtres sur le parvis et pas l’évêque. La bénédiction du corps sur quatre files a duré au moins trente minutes sinon plus. Et les prêtres étaient encore moins au bord de la fosse : on est vite oublié. Preuve que le presbyterium est une vue de l’esprit. Il y aurait quelque dignité pour un évêque à se démettre, cette mort, avant que d’autres ne suivent, est largement suffisante. Je ne connaissais pas ce curé (même s’il n’y a plus de curé dans le diocèse, mais des modérateurs et autres joyeusetés…), mais tout catholique se devait d’être là, dans le silence. C’était l’église de son baptême, celle où il a servi la messe.
La fausse croix ne risque pas le moindre recul à l’égard d’un évêque qui a été encensé quelques jours avant le suicide de ce prêtre, par Libération. Lisez l’article, c’est aterrant. Mais pour l’évêché d’Orléans, cet article est une garantie de pureté, dix jours avant l’ouverture d’un procès mettant en cause le précédent évêque. Cet article est une commande et le journal choisi pour ce faire est une honte morale, mais qui osera le dire ?! C’est à peine si des évêques osent répondre à des questions du Figaro…
Si des évêques me lisent, je vous demande, Excellences, sérieusement de réagir à Lourdes quand la déléguée épiscopale prendra la parole et si jamais Orléans est érigé en exemple de la traque et de la délation. Il y a bien des moments où les évêques sont seuls à seuls. Je sais qu’il y a des dizaines d’évêques courageux et solides, qu’on suivrait les yeux fermés. Vous avez été insultés par Libé quand Mgr B. a été mis sur un piédestal à une place, et vous parmi la fange des évêques collabos et complices. Ce jour, le vénérable Mgr Fort doit parler au tribunal d’Orléans. Je pensais aussi beaucoup à lui hier à la messe, car il devait être dans son ancienne cité. Mgr B. l’a chargé dans la presse, comme l’archevêque de Tours au détour d’une conversation avec un journaliste. Hier soir, le site du diocèse avait changé sa page d’entrée, je l’atteste pour m’y être rendu chaque jour depuis une semaine. En une ? Un gros dossier sur la fameuse cellule d’écoute et l’historique de tous les actions que Mgr B. a faites pour prouver au siècle et à la justice des hommes qu’il est clean… Sous-entendu, mon vieillard de prédécesseur n’a rien fait, mais regardez mon panache ! Les journalistes qui chercheront des informations sur le site, en lien avec la tenue du procès, auront tout l’historique. Du moins l’historique présenté par la pravda. Libé vous dit que cet évêque est l’honneur de l’épiscopat. Sous-entendu au lectorat très à gauche, athée voire anticlérical, journal qui dans les années 70 faisait l’apologie de la pédophilie d’ailleurs : tous les autres évêques sont des complices et ferment les yeux, mais on en a trouvé un. Je voudrais que des journalistes enquêtent sur les liens entre la déléguée épiscopale et tout ce petit monde hors de l’Eglise. Avoir été victime d’un prêtre il y a 40 ans à Nancy (je n’en connais pas les détails et je ne veux pas le savoir) ne donne pas le droit de se prendre pour un Docteur de l’Eglise. Si je l’avais croisée hier, je l’aurais prise par le bras pour la fouttre dehors ; mais je ne connais pas bien sa tête. Je crois même qu’elle loge dans un presbytère avec son mari. J’étais au bord de l’allée quand Mgr passa, j’ai baissé la tête en raison de sa fonction ; des gaillotins auraient hué un évêque qui ne leur reviendrait pas, pour des choses sans comparaison avec celle d’hier…
On me dira que j’utilise cette mort pour régler des comptes. Je m’en moque, et soit dit en passant, un jésuite théologien à Vatican II m’a marié, donc inutile d’invoquer les intégristes pour justifier toutes les errances doctrinales et pastorales. C’est l’argument invoqué pour dévier de l’objectif. Je tiens le cardinal Barbarin pour un évêque courageux et digne, pas le mien. J’étais à sa messe d’installation. L’évêque d’Orléans ne répond à aucun courrier, même quand un diacre lui écrit, et a fortiori un prêtre. Je l’imagine largement dépassé, mais charger son prédécesseur est une honte. Ce jour, Mgr Fort sera mitraillé par les journalistes et personne pour le soutenir. J’imagine que l’évêché ne lui a pas proposé une chambre. Mgr B. sera même en mesure de le charger de tous les maux. Est-ce que l’évêque d’Orléans accepterait de se faire interroger par une ancienne Jeanne d’Arc orléanaise, Charlotte d’Ornellas, pour Valeurs actuelles ? Ce serait amusant de tester. Libé oui, Val Ac, les fachos, non ! Charlotte est d’ailleurs plus connue que son parent archevêque de Rennes, ce qui n’était pas difficile.
Je connais de près des procureurs, en activité ou en retraite, et ils pointent tous la légèreté et l’amateurisme avec lesquelles l’Eglise traite les prêtres accusés à la moindre allégation. Et un prêtre à qui son évêque ordonne d’avouer des choses qui n’existent pas, n’a aucun moyen de se défendre. Sans parler des saletés qui se diront dans la rue, dans les bancs des églises. A Blois, un prêtre m’a dit qu’on l’a insulté dans la rue. L’évêque d’Orléans veut donner des gages, mais il est comme un lapin devant les phares d’une voiture. La Justice sait ce qu’elle a à faire. Que l’évêque soit un père, un frère et un ami pour ses prêtres. C’est que qu’a dit le mois dernier l’archevêque de Bourges lors de son installation.
L’évêque d’Orléans n’est pas un père pour ses prêtres et j’ai honte pour lui. Rester à son poste (je n’ose plus employer les mots idoines…), c’est du cléricalisme et du carriérisme. La fausse croix ne risque pas d’utiliser cet exemple pour aller à la chasse du clergé… Mgr B . est même autoritaire, pas au sens où un évêque en imposerait dans la liturgie, par sa sympathie, par son rayonnement doctrinal. D’ailleurs, il n’est connu qu’ad intra. Personne ne le connaît. Il ne sert nullement de rempart à ses prêtres. Hier, il appela à servir nos frères éloignés de l’Eglise etc. Il ne fut pas question des migrants musulmans et du tri sélectif pour sauver la planète, mais c’était moins un… Ce n’était pas du tout le moment pour parler de cela : nous étions devant le cercueil d’un prêtre de 38 ans qui s’est donné la mort, ce qui est gravissime en soi. Le mot le plus juste fut celui d’un ami du prêtre, laïc, qui a demandé à la fin qu’on change certaines pratiques. Il fut le plus applaudi, même de ceux qui n’applaudissent jamais dans une Eglise, mais ce n’était qu’un coup d’épée dans l’eau.
Je ne commente pas les chants certainement voulus de concert avec la famille, mais ils étaient plus près du sautillant (Florent Pagny à l’appui) que de la messe de Requiem. « Cérémonie de l’à-Dieu » sur la feuille de chant… Les gens parlaient beaucoup avant le début de la messe, heureusement, l’organiste se faisait entendre.
Je reviens à la fausse croix, qui fait un mal considérable à ce qui reste de christianisme en France. A côté, La Vie devient un brûlot ultramontain, c’est dire. En novembre, le diocèse-en-synode (encore un truc sans intérêt ad intra pour mobiliser je ne sais qui, mais surtout ne pas aborder l’écroulement de la pratique, l’absence de catéchisme solide dans bien des paroisses, le cirque aux messes, l’absence je crois de séminariste pour le diocèse alors qu’il y a un séminaire inetrdiocésain…) va faire la fête avec ses jeunes dans la même église St-Patern. Indécence. Carrefours à la gomme mélangés à l’adoration de la Croix, sans parler du concert pour minettes catholiques sauce Glorious dans la même église, et après on apprendra aux jeunes à respecter les lieux consacrés… Des parents éduqués n’enverront pas leurs gosses là-dedans. Et à la clôture du synode dont tout le monde se moque, location du zenith ! La cathédrale étant disparue j’imagine. L’évêque a demandé aux scouts de venir faire la claque. Il y a d’importants scouts d’Europe ici, eux viennent à la messe, comme les SUF. Les médias pourront dire que le diocèse est jeune et que l’évêque est formidable…
Mgr Lebrun a été remarquable dans sa conférence de presse, Mgr B. a été faux. Et pour qui connaît ce diocèse… La déléguée épiscopale !!!!!
Une vacherie enfin, d’un historien de l’Eglise. Pour expliquer certaines formations ou déformations d’un évêque, on regarde son cursus. Un évêque peut changer, s’améliorer, empirer, avoir des tics, des manques (comme moi), etc. Mgr B. a certainement appris son ecclésiologie avec Mgr Dagens dont il fut le vicaire général. Et pourtant, je connais des prêtres qui m’ont dit à son arrivée que c’était un vrai homme de prière (Notre-Dame de Vie). Il a été l’auxiliaire du bon cardinal Ricard. Et pour montrer les limites de mon raisonnement, Mgr Fort a nommé l’abbé Eychenne pour son vicaire général (actuel évêque de Pamiers qui demande pardon pour les cathares). Que je sache, l’abbé Eychenne a vécu dans un presbytère avec un prêtre qui est allé en prison pour les choses qui nous occupent. Et jamais je ne l’accuserais d’avoir été son complice passif. Voilà comment naît la calomnie, et quand un prêtre est pris dans ses rets (ou un laïc), il arrive que le pire arrive. Encore combien de suicides et de dépression chez nos prêtres ? Et je compte déjà deux morts en trop. A Orléans, l’évêque a eu le premier rôle, avec sa déléguée ex aequo.
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