Mgr Blaquart revient sur le décès de l’abbé Fumery
Le Forum Catholique
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Bernard Joustrate - 2018-10-22 16:50:15
Mgr Blaquart revient sur le décès de l’abbé Fumery
Ce que l'on sait sur le suicide d'un prêtre de Gien et sur les raisons de son geste
L'évêque d'Orléans, Jacques Blaquart, a tenu une conférence de presse ce lundi matin, revenant sur le suicide d'un prêtre, à Gien
L'évêque d'Orléans a tenu une conférence de presse ce lundi matin pour évoquer le suicide du père Pierre-Yves Fumery, qui avait été entendu par la gendarmerie, il y a quelques jours, sous le statut de témoin. Explications.
Visiblement ému, l'évêque d'Orléans Jacques Blaquart a tenu, ce lundi 22 octobre au matin, une conférence de presse explicitant un peu plus, s'il est possible de le faire dans pareil cas, le geste de Pierre-Yves Fumery, prêtre à Gien, âgé de 38 ans, qui s'est donné la mort vendredi dernier, dans son presbytère.
"C'est un moment d'épreuve tragique et de souffrance. Mes pensées vont vers sa famille, ses frères prêtres et vers les paroissiens du Giennois", a indiqué l'évêque, ce matin, dans les locaux de l'évêché à Orléans. "Il était prêtre depuis 2014, responsable des paroisses de Gien depuis 2017. Ce qui est arrivé est un choc terrible, c'est le drame d'un jeune homme de 38 ans, d'un prêtre qui s'est donné la mort."
Toujours selon l'évêque, des paroissiens ont alerté la cellule "d'écoute des blessures", le 7 septembre, car ils auraient été témoins de comportements inappropriés envers des adolescents de 13, 14 ans. Aucun n'entraînant la saisie des autorités judiciaires", affirme Monseigneur Blaquart. "Je lui ai alors demandé de prendre du recul et de se faire accompagner, de quitter Gien quelque temps, ce qu'il a fait".
Des "informations préoccupantes" menant à une enquête mais aucune infraction pénale reprochée ni avérée
Quels gestes les paroissiens reprochaient-ils à l'homme d'église ? "Sa proximité physique, un comportement pas ajusté, avec une jeune fille, explique l'évêque. De l'avoir prise dans ses bras, de l'avoir raccompagnée plusieurs fois en voiture. Ces "informations préoccupantes" ont été transmises aux services sociaux, avec une enquête auprès des jeunes filles et des familles. Et le 8 octobre, il est revenu à Gien avec mon accord, mais n'a pas repris ses activités normales. Le 15 octobre, il nous indiquait que la gendarmerie l'avait informé que les faits n'entraînaient aucune poursuite judiciaire. »
Contacté, le procureur de Montargis Loïc Abrial confirme qu'une enquête a été ouverte le 21 septembre pour "suspicions d'agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans", menée sur des "informations préoccupantes".
"Plusieurs auditions ont eu lieu, des personnes concernées, dans le cadre d'une enquête préliminaire, précise le magistrat. Le prêtre a été entendu en qualité de témoin, pas comme mis en cause, c'est-à-dire qu'il n'y avait aucune infraction pénale matérialisée. Les gendarmes l'ont entendu le 15 octobre pour avoir sa version des faits mais ne lui ont pas notifié que des charges étaient retenues contre lui. L'enquête a été ouverte car des informations préoccupantes auraient pu laisser penser que des adolescentes auraient pu subir des "comportements inappropriés", mais qui ne relèvent pas d'infractions pénales, d'agressions, de violences, il fallait s'en assurer."
Un questionnement sur une "relation amicale"
De quoi s'agit-il, alors ? "C'est un questionnement sur une relation amicale en tant qu'adulte responsable de l'encadrement d'adolescents, ajoute encore le procureur. Pour parler des gestes d'affection, pour commettre une infraction pénale, il faut qu'il y ait une intention malveillante derrière. On voulait s'assurer qu'il n'y avait là que des gestes d'amitié. Et lui a pu penser légitimement qu'il n'y aurait pas de poursuites. "
Enfin, précisons qu'une autopsie sera réalisée sur le corps du défunt en début de semaine à Corbeil-Essonnes, pour préciser les circonstances de sa mort. Même si la thèse du suicide reste la plus évidente. Le père Pierre-Yves Fumery a été retrouvé pendu et a laissé des écrits, dans lesquels il "demande pardon". "Mais aucun élément du dossier ne permet de dire que son geste est lié à l'enquête", conclut le procureur de Montargis, Loïc Abrial.
Florent Buisson in La République du Centre
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