Imprimer le Fil Complet
A PROPOS DU ROSAIRE
"Le psautier des humbles"
La prière la plus naturellement pratiquée par les pères de Haute-Egypte, de
Cappadoce, de Palestine... (s.Paul, s. Antoine, s. Pacôme etc.) était, avec
l'oraison contemplative (silencieuse) la récitation quotidienne des 150 psaumes,
considéré, d'une certaine manière, comme un cinquième évangile, un évangile de
pur louange se rapportant pleinement à la Personne de Notre-Seigneur, le sens
des psaumes trouvant sa pleine interprétation dans la vie, la mort et la
résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ. La pratique de ce "chapelet"
quotidien de psaumes est des plus communes à la joie évangélique des premières
âmes éprises de perfection évangélique.
A noter que ce "chapelet" de psaumes est aimé en tant que méditation révélée
(Écriture Sainte) de la vie du Seigneur.
Quelques siècles plus tard S. Benoît dans sa règle insiste sur la récitation au
moins hebdomadaire des 150 psaumes (coutume qui, dans les monastères, s'est
perdue avec les récentes "réformes"...), regrettant cependant les temps
héroïques où les moines récitaient les 150 psaumes tous les jours.
Puis, dans les communautés monastiques, le chant de l'office étant le fait des
frères sachant lire, on offrit au plus humbles (les illettrés - frère convers) la
possibilité de remplacer l'office par un certain nombre de Pater et d'Ave (nombre
correspondant à la structure de l'office: une sorte de reflet simplifié de l'office
lui-même, et partant une manière de lui rester uni, malgré l'impossibilité de lire) en
méditant toujours la vie du Sauveur.
St Dominique (+1221) dans le grand travail de "reconquête" reçut de la Sainte
Vierge elle-même le Rosaire comme une arme privilégiée pour entretenir la piété
de l'apôtre en voyage permanent et ayant de grandes tâches, et convertir les
hérétiques par la méditation de la vie du Seigneur à travers sa Mère. Le rosaire
recoupe toute la vie du Christ à travers trois chapelets de 5x10 Ave chacun... :
soit les 150 psaumes.
Il faudrait raconter plus en détail cette superbe histoire, illustration de l'immense
condescendance de la prière liturgique lorsqu'elle se penche de son mouvement
propre vers les humbles, et qui, se faisant populaire, n'en reste pas moins un
regard de la plus haute exigence rivé sur l'imitation contemplative du Seigneur!
La Sainte Vierge est venu supplier notre 20e siècle ... de prier le chapelet. "