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« Nous avons certainement entendu parler de la sévérité des saints pour les maux du monde. Beaucoup sont encore familiarisés avec les livres d’ascèse qui portent un jugement globalement négatif sur la corruption terrestre. Mais il est aussi certain que nous vivons dans un climat spirituel différent, étant invités, spécialement par le récent concile, à porter un regard optimiste sur le monde moderne, ses valeurs, ses conquêtes. Nous pouvons regarder avec amour et sympathie l’humanité qui étudie, qui travaille, qui souffre, qui progresse. Plus encore, nous sommes nous-mêmes invités à favoriser le développement civil de notre temps, en tant que citoyens désireux de s’associer à l’effort commun en vue d’assurer à tous un bien-être plus grand et plus large. La célèbre constitution « Gaudium et Spes » est tout entière un encouragement à cette attitude spirituelle nouvelle (si l’on peut dire). Mais ceci à deux conditions que nous rappellerons en les simplifiant. « Première condition : il faut maintenir une ligne de démarcation entre la vie chrétienne et la vie profane. Entre le spirituel et le temporel ne peut exister cette communion — ou plutôt cette confusion — d’intérêts et de manières de vivre que l’ancienne conception unitaire du christianisme rendait plus facile et plus habituelle. Plus le chrétien saura etc.
41. (...) Car ils distinguent soigneusement cette double histoire ; et ce qui est à noter, c'est que l'histoire de la foi, ils l'opposent à l'histoire réelle, précisément en tant que réelle: d'où il suit que des deux Christs que Nous avons mentionnés, l'un est réel; l'autre, celui de la foi, n'a jamais existé dans la réalité; l'un a vécu en un point du temps et de l'espace, l'autre n'a jamais vécu ailleurs que dans les pieuses méditations du croyant. Tel, par exemple, le Christ que nous offre l'Evangile de saint Jean: cet Evangile n'est, d'un bout à l'autre, qu'une pure contemplation.
Source :Pascendi