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Cette loi naturelle fait partie du patrimoine commun à de nombreuses traditions religieuses et philosophiques. L'Église catholique s'y est beaucoup référée. Elle le fait moins. Ce n'est pas tant que la notion serait périmée, mais plutôt que la compréhension commune la déforme souvent. Témoin de cette méprise, l'usage qu'en fait Luc Ferry dans sa chronique du Figaro.
Au rebours de ce qu'il y affirme, la loi naturelle ne consiste pas à «prendre la nature pour modèle», ni à ratifier la «compétition cruelle qu'elle impose». Si la nature était de soi normative, comment explique-t-on que l'Église, qui se réfère volontiers à la loi naturelle, défende les plus vulnérables, dans sa doctrine sociale, en toute fidélité aux préceptes évangéliques, prenant ainsi à contre-pied la «compétition cruelle» qui sévit dans la nature? La loi naturelle n'est pas une soumission aux lois physiques de la nature et ne s'impose pas directement à la conscience. Elle fait appel à la raison et au discernemen
Dans la contribution qu'elle a donnée en 2009 sur la question, la Commission Théologique Internationale (catholique) présente la loi naturelle - dont l'Église n'a pas le monopole - comme la capacité qu'ont «les personnes et les communautés humaines, à la lumière de la raison, de discerner les orientations fondamentales d'un agir conforme à la nature même du sujet humain et de les exprimer de façon normative».