la présomption de vérité était forte en effet

Le Forum Catholique

Imprimer le Fil Complet

Luc Perrin -  2018-09-09 23:06:44

la présomption de vérité était forte en effet

peu après la publication de la lettre ouverte par Mgr Vigano : il était si simple au Saint-Siège - et si le Pape en personne veut garder le silence, c'est son droit et le Saint-Père peut estimer du fait de la demande polémique de renonciation qu'il doit se maintenir "au dessus de la mêlée" -, le cardinal Parolin, secrétaire d'État, qui dispose des archives vivantes pouvait facilement démontrer, preuves à l'appui, que les rapports Vigano de 2006 et 2008 n'ont jamais existé.

Mais il ne l'a pas fait ni les cardinaux Bertone et Sodano.

Va-t-on assister à une répétition du cas chilien ?

Une synthèse claire de France 24 - quand les media avaient encore le droit de parler du pape et du Saint-Siège - rappelle l'affaire :

- violent déni en janvier 2018 : "Le jour où vous m’apportez une preuve contre l’évêque Barros, je parlerai. Il n’y a pas une seule preuve contre lui. Ce ne sont que des calomnies. C’est clair ?" (pape François)
- enquête sur place du délégué papal Mgr Scicluna qui conclut à la culpabilité
- lettre aux évêques chiliens d'avril 2018 où le Pape reconnaît ses erreurs
- 17 mai démission collective des évêques chiliens du jamais vu depuis 1802 avec la démission exigée consécutive au Concordat.

France 24 signale toutefois ceci :
a) "La vérité sur ces années d’omerta dans l’église chilienne a fini par sauter au visage du Vatican. Pourquoi le pape a-t-il fermé les yeux sur ces témoignages, qui sont pourtant remontés jusqu’à lui dès avril 2015 ? Une lettre de huit pages, écrite par Juan Carlos Cruz, qui se dit victime de Fernando Karadima, prêtre d'une banlieue huppée de Santiago, lui est alors remise en personne."

b) "Est-ce parce que le pape a vécu et étudié au Chili, qu’il y a des attaches personnelles, qu’il connaît bien le clergé ? L’incompréhension et la colère des victimes grandissait, devant les contradictions du pape François, qui certes exprimait sa "douleur" et sa "honte" devant les victimes, prêchait une "tolérance zéro" envers les prêtres pédophiles, mais refusait de voir les faits reprochés à Mgr Barros. "

c) "Le 8 avril, le pape écrit une longue lettre aux évêques chiliens. Il reconnaît "avoir commis de graves erreurs d’appréciations et de perception" dans les affaires d’abus sexuels et convie les responsables ecclésiastiques chiliens à se rendre à Rome. Il laisse entendre que sa propre attitude avait pour origine un "manque d’information fiable et équilibrée. Il s’avère que le pape était mal entouré, mal conseillé. Le nom du cardinal Javier Errazuriz, ancien archevêque de Santiago et membre de la puissante commission de cardinaux (C9) chargée de conseiller le pape sur les réformes de la Curie, revient régulièrement comme celui qui a étouffé les affaires chiliennes. L’homme s’est lui-même jeté sous les lumières médiatiques, mercredi soir, en répondant à une interview à la chaîne de télévision chilienne T13 : pour lui, les victimes d’abus sexuels répandaient des "calomnies". Changement radical de ton le lendemain, l’heure est à la contrition."

Reconnaissons que du Chili aux USA, il y a comme un schéma et des ressemblances.

source : https://www.france24.com/fr/20180518-chili-deni-demissions-pape-francois-scandale-eveques-errazuriz-barros-karadima
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=852926