Réponse point par point

Le Forum Catholique

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Signo -  2018-07-04 00:21:13

Réponse point par point

Tout d'abord, je voudrais dire que je n'idéalise pas le Moyen-Age, même si effectivement je peux parfois en donner l'impression. Si l'on reste sur le plan liturgique, je pense qu'il y avait probablement plein de choses qui n'allaient pas à cette époque. Cependant, je pense tout de même que les gens avaient inconsciemment ce sens, par exemple, de l'inscription du culte dans l'univers cosmique, inscription exprimée notamment par l'orientation de la célébration. A partir du XIVe/XVe siècle, on commence tout doucement à perdre cette conscience. Evidemment mon propos évoque les tendances générales, il faudrait nuancer si l'on veut entrer dans le détail.

Pour ce qui est du missel de St-Pie V, je dirais que le problème n'est pas vraiment dans le missel en lui-même que dans l'importance croissante et démesurée que vont commencer à prendre les rubriques, dont certaines vont décrire de manière tatillonne chaque geste jusque dans le détail, faisant passer la prière au second plan.

Pour ce qui est de la musique sacrée, la polyphonie de la Renaissance n'est déjà plus dans la sobriété recueillie du grégorien (de même qu'un gothique de plus en plus flamboyant s'éloigne de la sobriété des lignes romanes), en admettant évidemment que le grégorien tel qu'il était chanté au Moyen-Age avait une sobriété proche de celle que l'on connaît aujourd'hui, ce qui est peut-être contestable.
Toutefois, je pense que cette polyphonie a sa place encore aujourd'hui dans une célébration liturgique dans la mesure où la prière reste son objectif principal.

Pour ce qui est de la période baroque, il ne faut pas tout confondre: on reste dans des sociétés encore marquées par une foi profonde, la piété est encore grande... mais cela ne change rien à ce que je dis sur l'état de la liturgie à la période baroque. J'ai moi-même assisté une fois (à Munich... forme ordinaire!), à des Vêpres dans un style 100% baroque (musique baroque avec choeur et orchestre, ornements baroques etc). Splendide évidemment... mais on se sent plus à un concert qu'à une prière liturgique.

On ne copie pas d'airs d'opéras pour en faire de la musique liturgique mais des compositeurs composent et de la musique profane et de la musique sacrée


oui... mais les deux genres dans le même style, un style profane, et c'est là tout le problème!

Pour ce qui est du style vestimentaire et de la paramentique liturgique, je suis désolé mais du point de vue liturgique, tous les styles ne se valent pas. Dom Guéranger et d'autres liturges avaient bien expliqué que certains styles étaient plus adaptés que d'autres à la signification profonde de chaque vêtement (d'où ses critiques, notamment, de la chasuble dite en "boîte à violon"). Le problème est qu'à partir d'une certaine époque on s'est mis à rechercher une somptuosité pure coupée du symbolisme vestimentaire traditionnel, alors même qu'en liturgie le vêtement est moins un ornement qu'un symbole exprimant une réalité mystique très profonde.

J'ai encore récemment fréquenté à de nombreuses reprises des églises orthodoxes durant un office (Vigiles ou Divine Liturgie), et jamais je n'ai vu aucun fidèle se livrer à des dévotions privées, excepté peut-être quelques déplacements pour aller vénérer des icônes (mais est-ce vraiment de la dévotion "privée"?). De toute façon les fidèles n'ont pas de missel et le chapelet n'existe pas. La plupart donc s'unissent au mystère qui est en train d'être célébré.
Et sans vouloir faire intervenir l'argument d'autorité, il me semble que Joseph Ratzinger et bien d'autres avait eu une position à peu près similaire quand ils s'étaient exprimés sur la question liturgique et sur cette question de la participation en particulier.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=849309