Une remarque sur l'inversion post-conciliaire des priorités du Concile.

Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2018-06-02 08:50:22

Une remarque sur l'inversion post-conciliaire des priorités du Concile.

Bonjour Miserere,

Ni vous ni moi n'allons "refaire le match", mais il est plus que probable que si les hommes d'Eglise, à commencer par Paul VI, avaient complètement priorisé la prise en compte et la mise en oeuvre d'au moins six textes du Concile (DV, LG, SC, AG, GE, OT) (parmi d'autres textes),

- d'une part, au préjudice légitime de la survalorisation post-conciliaire des quatre textes les plus caractéristiques de "l'esprit du Concile" que sont DH, NA, GS, UR,

- d'autre part, d'une manière vigilante et résistante face aux erreurs sur Dieu et face à l'esprit du monde, en ce que celui-ci souffle avant tout dans le domaine de la religion,

alors, nous aurions connu un premier après-Concile, sous Paul VI, puis un deuxième après-Concile, sous Jean-Paul II puis Benoît XVI, nettement différent de celui que nous avons subi.

Mais force est de constater que cette approche (qui consiste à prioriser ce qui, dans les documents du Concile, est le plus propice à la communication et à la consolidation du catholicisme, au préjudice légitime de la survalorisation de ce qui, dans les textes de Vatican II, est le plus propice à la décatholicisation de son regard et de son discours sur son environnement extérieur) n'a pas intéressé la plupart des hommes d'Eglise, hier, et n'intéresse pas la plupart de leurs continuateurs, aujourd'hui.

Après tout, trente ans après l'ouverture du Concile Vatican II, nous avons eu droit à la publication du Catéchisme de l'Eglise catholique, or celui-ci est toujours notoirement sous-utilisé dans le cadre du catéchisme et de la prédication, notamment en Europe occidentale...

Je suis de ceux qui concluent de ce qui se déroule dans l'Eglise, en l'occurrence d'une part depuis 1962, d'autre part depuis 1992, que nous sommes avant tout en présence d'une inversion des priorités, voire d'une inversion des valeurs, comme s'il était plus "conciliaire" ou "évangélique" de plaire au monde que de plaire à Dieu, dans le domaine de la religion, et non avant tout en présence des conséquences d'une application docile, fidèle, honnête, loyale, du corpus conciliaire, saisi dans sa globalité.

Je vais même vous dire la chose suivante : je suis convaincu que nous sommes en présence de clercs qui ne cherchent pas particulièrement à défendre et à promouvoir leurs propres textes, dès lors que ceux-ci sont un tant soit peu éclairants et exigeants au point d'être courageux et dissensuels, notamment au sein et autour des questions relatives à la foi.

Après tout, il semble bien que Benoît XVI n'ait pas particulièrement cherché à défendre et à promouvoir Dominus Iesus, pendant son pontificat...

Mais il est vrai que s'il l'avait fait, certains auraient cherché à faire en sorte qu'il "prépare son paquetage" bien plus tôt qu'il ne l'a fait...

Bonne journée.

Scrutator.
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