Et un avis plus récent, repris sur le site du Saint-Siège

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Sacerdos simplex -  2018-05-23 14:01:12

Et un avis plus récent, repris sur le site du Saint-Siège

Il s'agit d'une note de bas de page d'un ouvrage de droit canonique, d'un professeur d'université, qui n'a pas été publié en français, suivie de la note du traducteur (traduit partiellement, mais pas publié) :

La norme la plus ancienne se limitait à interdire la bigamie [souvent appelée bigamie successive ; digamia] c’est-à-dire le nouveau mariage du clerc après qu’il soit devenu veuf (1 Tm. 3, 2 ; Tt. 1, 6). La règle du célibat est fixée pour tout l’Occident à la fin du IVème siècle avec les décrétales des papes Sirice et Innocent I, et est reprise ensuite par de nombreux conciles. Voir R. Gryson, Les origines du célibat ecclésiastique, Gembloux, 1970 ; C. Cochini, Origines apostoliques du célibat sacerdotal, Paris-Namur, 1981 ; F. Liotta, La continenza dei chierici nel pensiero canonistico. Da Graziano a Gregorio IX, Milano, 1971.

[Note du Traducteur : un certain nombre d’auteurs insistent sur l’origine très ancienne, et même apostolique, de ces normes.
Le concile d’Elvire (vers 300-305 ; c. 33, Mansi II, 11), mentionné dans l’encyclique Sacerdotalis Cælibatus de 1967 (n° 36, note 21), dispose : « On est tombé d’accord sur l’interdiction totale faite aux évêques, aux prêtres et aux diacres, c’est-à-dire à tous les clercs employés au service de l’autel, d'avoir, de commercer avec leurs épouses et de procréer des enfants ; cependant, celui qui l’aura fait devra être exclu de l’état clérical. »
D’après l’analyse de ce texte, il semble que, bien loin d’innover, cette disposition ne fait que reprendre une règle plus ancienne :
aucune explication n’est donnée pour la justifier,
aucune mention n’est faite d’une norme disciplinaire antérieure abrogée,
aucune protestation n’a été constatée :
tout cela serait inexplicable dans le cas d’une nouveauté particulièrement contraignante et impopulaire.

Le canon 3 du Concile de Nicée (325) parle des femmes admises à habiter dans la maison des clercs : une sœur, une mère, une tante ; aucune mention n’est faite de leurs épouses.
Dans le même sens que le livre du P. Christian Cochini, Roman Cholij (prêtre de rite oriental, Secrétaire de l’Exarcat Apostolique pour les catholiques ukrainiens en Grande-Bretagne) a obtenu son doctorat ‘summa cum laude’ pour sa thèse sur le célibat sacerdotal à l’époque apostolique ; il est l’auteur de Clerical Celibacy In East And West, Leominster, 1989 ; son texte Priestly celibacy in patristics and in the history of the Church figure sur le site internet du Vatican).
Sa conclusion est que sa propre Église orientale et les autres se sont écartées de la tradition apostolique.
Enfin, il convient de distinguer entre l’obligation pour les ordinands d’être célibataires, et l’obligation d’observer la continence pour les hommes mariés recevant l’ordination ; c’est précisément à cause de cette obligation de garder la continence que le mariage des clercs a (tardivement) été marqué de nullité, la continence ne permettant pas une vie de couple normale.]
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