De la Souffrance et de l'Amour
Le Forum Catholique
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BK - 2018-01-25 21:22:28
De la Souffrance et de l'Amour
Tu me demandais à souffrir et à punir sur toi les offenses des autres, sans remarquer que c'est l'amour, la lumière, la connaissance de la vérité que tu me demandais ainsi. Je te l'ai dit, plus est grand l'amour, plus est profonde la douleur et plus cuisante la peine : la douleur s'accroît en proportion de l'amour. Je vous dis donc : Demandez et il vous sera donné, car je ne refuserai jamais à qui me demandera en vérité. Sainte Catherine de Sienne, Dialogue, 5(4)
Il y a un primat de l'Amour : il ne s'agit pas de souffrir pour aimer, mais de souffrir parce qu'on aime, et, fondamentalement, parce que l'Amour n'est pas aimé.
Plus loin dans le Dialogue (chapitre 9(8)), le Père présentera la même logique à sa fille bien-aimée Catherine : les mortifications sont faites pour fortifier la vertu, c'est-à-dire disposer à aimer en vérité. La fin de la pénitence n'est pas la pénitence, mais un surcroît d'Amour ou de capacité à aimer.
C'est précisément ce que Saint Pierre enseigne dans sa première épître : soyez sobres, soyez vigilants (1P 5,8), préparez votre esprit pour l'action, restez sobres - [avant d'ajouter] mettez toute votre espérance dans la grâce que vous apporte la Révélation de Jésus, Christ (1P 1,13).
Il ne s'agit donc pas de demander des souffrances ou humiliations pour elles-mêmes, mais de demander à aimer, en acceptant les souffrances et les humiliations qui accompagnent toujours un profond Amour de Dieu.
Qui demande à donner reçoit en effet en ce temps déjà au centuple, avec des persécutions (Mc 7,30).
Plus est grand l'amour, plus est profonde la douleur et plus cuisante la peine : la douleur s'accroît en proportion de l'amour.
Il s'agit également de reconnaître qu'il n'y a au fond qu'une véritable souffrance, qui est celle de l'Amour.
Les blessures de notre amour-propre, quant à elles, quoique douloureuses, ne sont pas de vraies souffrances, car en elles-mêmes elles ne sont pas ordonnées à Dieu, à l'Amour de Dieu et du prochain. Mais il reste possible de les tourner à la Gloire de Dieu en apprenant à renoncer à soi-même.
La finale est éminemment consolante : l'Amour n'est jamais refusé. Demandez et il vous sera donné, car je ne refuserai jamais à qui me demandera en vérité.
En effet (Jn 7,37-38), au jour solennel où se terminait la fête, Jésus, debout, s’écria : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à Moi, et qu’il boive, celui qui croit en Moi ! Comme dit l’Écriture : De son cœur jailliront des fleuves d’Eau vive.
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