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Ce n'était pas sans fondement que l’Inquisition romaine condamnait le livre de Marie d'Agreda. Mais les Cordeliers d’Espagne, sollicitèrent si bien le Pape, en faisant intervenir dans cette affaire le Roi Catholique, qu'ils obtinrent la suspension du décret.
Innocent XI écrivit pour cet effet un bref au roi d'Espagne : après quoi l'inquisition d'Espagne se crut en droit d'ordonner la révision du livre, et de déclarer par un décret, qu'elle n'avait trouvé dans ce livre ni hérésie, ni erreur, ni scandale, ni mauvaise doctrine, et que toutes personnes avaient une pleine liberté de le lire sur toutes les terres de Sa Majesté catholique.
Les Inquisiteurs romains furent très-choqués de la conduite de l'inquisition d’Espagne. Le Pape envoya tous les écrits, faits de part et d'autre sur cet objet, à la congrégation du Saint-Office, avec ordre d'examiner l'affaire à fond. Mais celle de Molinos qui survint, fit oublier Marie d'Agréda et son livre, et depuis on n'en parla plus à Rome.
Bossuet semble être contre les mystiques (d’après le peu que j’ai pu voir), mais les personnes bien plus savantes et bien plus douées que moi arriveront sans mal à expliquer cela. Il est vrai que Bossuet dans ses « remarques » condamnait les écrits de la Vénérable Maria de Jésus d’Agréda.
La « doctrine du pur amour », violemment combattue par Bossuet, alimente une crise religieuse en France dans les dernières années du XVIIe siècle. La victoire de Bossuet sur Fénelon (qui s'inclina devant l'autorité papale) et Mme Guyon entraîna la fin du mysticisme chrétien en France, ce que Louis Cognet a appelé « le crépuscule des mystiques ».
En effet, le mouvement mystique sort discrédité de ce débat, et cette condamnation prépare les réactions anti-mystiques des siècles suivants. Ainsi, de nombreux mystiques, parfois même antérieurs à Molinos, furent considérés par certains auteurs comme « quiétistes ». Ce fut le cas par exemple de Thérèse d'Avila (…). De même Jean de la Croix, cité et repris par Fénelon dans son livre Maximes des Saints se retrouve implicitement discrédité (en France), par la condamnation de Fénelon.