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L'axiome de la fin de la Révélation avec la mort du dernier Apôtre était et est encore un des principaux obstacles, à l'intérieur de la théologie catholique, qui empêchent la compréhension positive et historique du christianisme. Que cela n'appartienne pas aux données originelles de la conscience chrétienne, on peut le démontrer facilement du fait que l'on parlait autrefois sans hésitation de l'inspiration des conciles œcuméniques et pendant tout le Moyen Age de révélation du Saint-Esprit à travers lesquelles l'Église percevait des vérités qui jusque-là lui étaient demeurées cachées. […] En affirmant que la Révélation se termine avec la mort du dernier Apôtre, on conçoit objectivement la Révélation comme un ensemble de doctrines que Dieu a communiquées à l'humanité, et on sous-entend que cette communication aurait pris fin un certain jour en établissant ainsi une limite définie à cet ensemble de doctrines révélées. Tout ce qui vient après serait ou la conséquence de cette doctrine ou un éloignement de celle-ci. Non seulement cette conception s'oppose à une pleine compréhension du développement historique du christianisme mais elle est même en contradiction avec les données bibliques (26).
Il est vrai encore que les théologiens doivent toujours remonter aux sources de la révélation divine; car il leur appartient de montrer de quelle manière ce qui est enseigné par le magistère vivant " est explicitement ou implicitement trouvé " dans la Sainte Ecriture et la divine " tradition ".
Ajoutons que ces deux sources de la doctrine révélée contiennent tant de trésors et des trésors si précieux de vérités qu'il est impossible de les épuiser jamais. C'est bien la raison pour laquelle nos sciences sacrées trouvent toujours une nouvelle jeunesse dans l'étude des sources sacrées ; tandis que toute spéculation qui néglige de pousser plus avant l'examen du dépôt sacré ne peut qu'être stérile : l'expérience est là, qui le prouve.
Mais on ne peut pas, pour cette raison, équiparer la théologie, même celle qu'on dit positive, à une science purement historique.
Car Dieu a donné à son Eglise, en même temps que les sources sacrées, un magistère vivant pour éclairer et pour dégager ce qui n'est contenu qu'obscurément et comme implicitement dans le dépôt de la foi.
Et ce dépôt, ce n'est ni à chaque fidèle, ni même aux théologiens que le Christ l'a confié pour en assurer l'interprétation authentique, mais au seul magistère de l'Eglise.
Or si l'Eglise exerce sa charge, comme cela est arrivé tant de fois au cours des siècles, par la voie ordinaire ou par la voie extraordinaire, il est évident qu'il est d'une méthode absolument fausse d'expliquer le clair par l'obscur, disons bien qu'il est nécessaire que tous s'astreignent à suivre l'ordre inverse.
Aussi notre Prédécesseur, d'immortelle mémoire, Pie IX, lorsqu'il enseigne que la théologie a la si noble tâche de démontrer comment une doctrine définie par l'Eglise est contenue dans les sources, ajoute ces mots, non sans de graves raisons: " dans le sens même où l'Eglise l'a définie ".