Dialogue du réconfort dans les tribulations St Thomas More

Le Forum Catholique

Imprimer le Fil Complet

ami de la Miséricorde -  2017-11-02 10:18:27

Dialogue du réconfort dans les tribulations St Thomas More

XXIV. DE LA MORT PÉNIBLE QU'IL FAUT SUBIR À CAUSE DE LA PERSÉCUTION DES TURCS

ANTOINE : (...)Le troisième pied de la chaise est un espoir trompeur. Car renier Dieu et la foi, c'est chose que Dieu lui-même a condamnée de sa bouche, sous peine de damnation éternelle. Et, si Dieu, dans sa bonté, pardonne à bien des gens, il faut dire que pécher sans vergogne dans l'espoir d'être pardonné, c'est se bercer d'un espoir fallacieux et pernicieux, cela conduit à la damnation.

Celui qui, victime d'une subite terreur, tombe malencontreusement dans l'erreur et ensuite, après avoir travaillé à se racheter, se réconforte dans l'espoir du pardon de Dieu, celui-là marche vers son salut. Je n'ai certes pas pouvoir d'écarter la main qui dispense le pardon et je ne voudrais pas le faire. Si je le pouvais, je prierais plutôt pour l'obtenir, mais il me semble que celui qui s'encourage à pécher en se disant que le pardon de Dieu suivra sa faute, je crains bien que celui-là ne manque ce pardon en le demandant de cette façon. Je ne puis me souvenir d'aucun passage de l'Écriture où il soit dit qu'en un tel cas, le pécheur soit pardonné et que Dieu par des promesses faites à d'autres pénitents soit tenu de pardonner à celui-là. Cette présomption, qui se déguise en espérance, semble se rattacher à l'abominable péché de blasphème contre le Saint-Esprit, tout comme le désespoir. Notre-Seigneur lui-même a parlé de ce péché et de l'impossibilité ou du moins de la grande difficulté de lui accorder le pardon dans le douzième chapitre de saint Matthieu, et le troisième chapitre de saint Marc, quand il dit que le blasphème contre le Saint-Esprit ne sera jamais pardonné, ni dans ce monde ni dans l'autre (Mt., 12, 32 ; Mc., 3, 29).

L'homme dont vous parlez appuie son argumentation en citant l'exemple de saint Pierre, mais il devrait réfléchir à ceci : quand saint Pierre renia Notre-Seigneur, il ne le fit pas avec l'espoir d'être ensuite pardonné, ce qui eut été pécher contre l'espérance, non, il fut vaincu par la peur. Il ne gagna du reste pas grand'chose à ce reniement, il ne fit que reculer légèrement ses ennuis comme vous le savez. Il regretta cruellement ce qu'il avait fait et pleura amèrement. Il sortit le jour de la Pentecôte et proclama le nom de son Maître ; peu après, il fut jeté en prison, à cause de cela, et comme il ne cessait d'affirmer sa foi, il fut fouetté, puis incarcéré de nouveau (Act., 2). Libéré, il reprit de plus belle, jusqu'à ce qu'enfin, après bien des vicissitudes, il fut crucifié à Rome et mourut dans de cruelles souffrances (Act., 5).

Je pense pouvoir affirmer que celui qui renie Notre-Seigneur et qui ensuite obtient le pardon n'échappera pas au tourment ici-bas, mais qu'avant d'atteindre le ciel, il devra payer très cher son absolution.

VINCENT : Il pourra peut-être l'obtenir par la pénitence, la prière, des uvres charitables accomplies dans la foi et la charité.

Source : livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=837889