Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

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ami de la Miséricorde -  2017-06-25 05:18:43

Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

XVI. RÉPONSE AUX OBJECTIONS LA FORTUNE PEUT NOUS FAIRE SOMBRER DANS LA FOLIE

(...)Dites-vous aussi que, sans être malade, en pleine jouissance de ses biens, un homme peut parfaitement souffrir dans son corps ou dans son esprit, soit à cause d'une tentation, soit par une pénitence qu'il s'inflige volontairement pour ses péchés.

Non, mon neveu, personne ne prie jamais pour obtenir d'être exempté de toute espèce d'épreuve. Et ceci répond à votre première objection. Avant de répondre à la seconde, j'examinerai les exemples que vous avez donnés.

Salomon fut, comme vous le dites, un roi fabuleusement riche et très aimé de Dieu, au début de son règne. Mais conserva-t-il la faveur de Dieu ? Je n'en suis pas sûr. Ce qui est certain, c'est que cette continuelle prospérité finit par le faire choir dans l'extravagance. Il accrut le nombre de ses concubines de façon inadmissible et contraire à la loi mosaïque ; il prit femme parmi les infidèles, ce qui est également contraire à la loi de Dieu. Finalement, sous l'influence de son épouse étrangère, il tomba lui-même dans l'idolâtrie. Il n'est pas dit qu'il s'en repentit comme l'avait fait son père. Nous pouvons espérer qu'il en eut quelque chagrin secret, mais nous ne pouvons en être sûrs. Non, l'exemple de Salomon ne me paraît pas convaincant.

Quant à Job, il ne peut en tout cas pas servir d'exemple de prospérité ininterrompue. Que Dieu lui ait rendu le double de ce qu'il avait perdu n'infirme en rien ce que je vous ai dit. Je n'ai jamais nié que la fortune pût être un don de Dieu à certains justes, entre autres à ceux qui avaient souffert.

Mais en Abraham, cher neveu, vous tenez, je crois, votre principal atout, car il ne fut pas seulement riche et honoré sur terre, mais aussi après sa mort. Lazare, ce pauvre homme qui vécut dans la misère et mourut de faim et de soif, eut une place de choix après sa mort et c'était dans le sein de cet homme riche. Mais vous devez vous rappeler qu'Abraham souffrit d'abord bien des tribulations.

N'était-ce rien, d'après vous, de quitter son pays et de partir vers une terre étrangère, que Dieu lui avait promise à lui et à ses descendants ? Mais jusqu'à la fin de sa vie Dieu ne lui en donna pas un pouce. N'était-ce rien de se séparer de son neveu Loth parce que leurs serviteurs ne s'accordaient pas entre eux ? (...)

Source : livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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