Je reste perplexe

Le Forum Catholique

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Candidus -  2017-05-20 13:19:43

Je reste perplexe

Sans vraiment vouloir prendre parti dans cette polémique sur la consécration de la Russie, je voudrais néanmoins faire quelques remarques :

- L'Europe de l'Est a-t-elle vraiment été libérée ? N'a-t-elle pas été délivrée du joug communiste pour se retrouver sous un autre joug, celui du libéralisme relativiste ?

- La paix promise par Notre-Dame a-t-elle vraiment été accordée au monde ? Cette paix qui est tranquillité de l'ordre. Sans parler de la permanence du schisme photien ; les orthodoxes sont toujours aussi anti-catholiques que jamais. Je me trouve actuellement dans l'ancienne République Socialiste Soviétique de Moldavie où les religieuses catholiques sont obligées de sortir en civil si elles ne veulent pas se faire agresser par les membres les plus pro-russes et poutiniens de la société.

- Le triomphe actuel de la culture de mort n'est-il pas, d'une certaine manière, celui du communisme russe des origines ? La Russie soviétique n'aurait-elle donc pas gagné la guerre froide sur le plan de la subversion des intelligences ?

Rappelons que, surtout jusqu'à la fin des années 20, la Russie soviétique a été un précurseur dans le domaine de la libéralisation des moeurs : avortement autorisé, divorce facilité, affaiblissement de la famille, promotion de l'amour libre et du féminisme. Il n'y a qu'à lire le Code de la Famille promulgué en 1918 par les bolcheviques pour s'en convaincre. Depuis cette date, en matière de libéralisation des moeurs, on n'a pas établi de législation plus "progressiste".

Ce n'est que face aux terribles conséquences sociales qui en ont résulté que l'URSS, à partir de l'arrivée au pouvoir de Staline, est revenue sur un certain nombre de ces "réformes sociétales" ; mais le pouvoir soviétique a profité de cette leçon et a promu, plus ou moins insidieusement, ces mêmes germes de décadence en Occident. Cette stratégie a été parfaitement théorisée par Gramsci et mise en pratique par l'Ecole de Francfort.

On pourrait donc soutenir qu'une fois cette dynamique de décadence enclenchée, la disparition de l'URSS ne pouvait pas vraiment changer la donne. Et même d'une certaine manière, elle ne pouvait que faciliter la dégénérescence de l'Occident en faisant disparaître l'épouvantail rouge qui l'avait obligé à conserver jusqu'à ce moment une certaine rigueur et vigilance.

Quant aux bonnes dispositions du régime poutinien, peut-être constituent-elles une préparation au grand miracle à venir de la conversion de la Russie ? Mais de là à affirmer qu'elles sont en elles-mêmes le miracle annoncé, j'ai du mal à le croire.
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