Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli

Le Forum Catholique

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ami de la Miséricorde -  2016-12-10 10:20:03

Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli

CHAPITRE XXXVII Que la nécessité où nous sommes de nous exercer sans cesse à la pratique des vertus nous oblige à profiter, pour les acquérir, de toutes les occasions qui se présentent

(... )Sans cela vous n’apprendriez jamais à souffrir, et le repos que vous goûteriez ne serait pas un repos véritable, attendu qu’il ne procéderait pas d’un esprit libre de passions et orné de vertus. J’en dis autant des pensées ennuyeuses qui tourmentent et troublent parfois votre âme. Ce n’est pas un avantage pour vous d’en être entièrement délivré, puisque la souffrance qu’elles vous causent vous accoutume à supporter patiemment toute sorte de contrariétés. Vous enseigner le contraire, ce serait plutôt vous apprendre à fuir la peine que vous éprouvez, qu’à acquérir la vertu que vous désirez. Il est bien vrai qu’en de semblables occasions, il faut, surtout si on n’est pas suffisamment aguerri, savoir temporiser et user de beaucoup de prudence et d’adresse, affronter l’ennemi ou l’éviter selon qu’on se sent plus ou moins de vertu et de vigueur d’esprit ; mais, d’un autre côté, on doit bien se garder de lâcher pied tout à fait et de reculer au point d’abandonner toutes les occasions de souffrir, parce que si pour le moment on échappe au danger de tomber, on court grand risque de succomber plus tard aux assauts de l’impatience faute de s’être suffisamment aguerri et fortifié d’avance par la pratique de la vertu contraire. Inutile de faire remarquer que ces avis ne concernent pas le vice impur. La manière de combattre ce vice vous a été indiquée dans un des chapitres précédents.


CHAPITRE XXXVIII Que l’on doit rechercher les occasions de pratiquer la vertu, et les accueillir avec d’autant plus de joie qu’elles offrent plus de difficultés

Ce n’est point assez de ne pas fuir les occasions de nous exercer à la vertu ; il faut parfois les rechercher comme des avantages inestimables, les accueillir avec joie dès qu’elles s’offrent à nous et regarder comme plus précieuses et plus dignes d’amour celles qui déplaisent davantage à nos sens. Vous y parviendrez, avec la grâce de Dieu, si vous imprimez profondément dans votre esprit les considérations suivantes. La première, c’est que les occasions sont des moyens éminemment utiles, nécessaires même à l’acquisition des vertus. C’est pourquoi en demandant les unes au Seigneur, vous lui demandez nécessairement les autres ; sinon votre prière serait vaine, vous seriez en contradiction avec vous-même et vous tenteriez le Seigneur puisque, selon le cours ordinaire des choses, Dieu ne donne pas la patience sans les tribulations ni l’humilité sans les opprobres. On peut en dire autant de toutes les autres vertus. Il est incontestable qu’elles s’acquièrent au moyen des adversités qui nous arrivent. Ces adversités nous sont d’autant plus utiles et doivent par conséquent nous être d’autant plus chères et plus agréables qu’elles sont plus pénibles à la nature ; car les actes que nous produisons en ces occasions sont plus généreux et plus forts et, partant, plus propres à nous faire avancer avec promptitude et facilité dans la voie de la perfection. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

Que Jésus Miséricordieux vous béisse
ami de la Miséricorde
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