Le Forum Catholique
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Lycobates - 2016-10-19 21:45:00
précision
Ce que j'ai écrit était en quelque sorte un raccourci, cher Paterculus, et vous faites bien de le noter.
La notion du moindre mal (moral, s'entend) n'existe en effet pas, dans ce sens qu'il est toujours moralement illicite et donc peccamineux de faire directement un mal, pour éviter un mal majeur, ou pour procurer un bien.
Ainsi, il est p.ex. illicite de mentir pour sauver sa vie, ou celle d'autrui, ou pour éviter le pillage d'une maison. On en a parlé dans le passé ICI.
La base de ce principe est tout simplement dans l'épître aux Romains (3,8) et les moralistes le développent.
Mais il convient de préciser le "directement", souligné plus haut.
Ainsi les moralistes (sententia probabilior et communis) concèdent qu'il peut être licite de conseiller un minus malum ad majus evitandum, dans le cas, mais seulement dans ce cas, si peccator jam deliberatum habeat majus peccatum exsequi, et aliter a proposito abduci nequeat. Ainsi volenti aliquem occidere suaderi potest ut potius furetur, à condition qu'il ne s'agit pas d'une autre personne que la victime prévue. (Car ce serait injustice de diriger le malfaiteur potentiel vers une tierce victime)
Ainsi p.ex. Aertnys-Damen, Theologia moralis Tom. I, 262 que j'ai sous la main et que je cite, mais on pourrait multiplier les manuels.
Ceci s'applique d'autant plus quand le malfaiteur potentiel avait de toute façon l'intention déclarée de voler d'abord et de tuer ensuite, dans ce cas non adducitur ad peccatum, sed abducitur a parte peccati, cum a toto averti non potest.
Ces cas de figure sont bien entendu plutôt théoriques, et pour la pratique il faut maintenir que le moindre mal, voulu et fait directement, n'est jamais moralement permis.
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