L'antifascisme islamique ne passera pas!
Le Forum Catholique
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le torrentiel - 2016-08-06 09:05:06
L'antifascisme islamique ne passera pas!
Je suis conscient de parler sans savoir alors qu’il deviendrait urgent de se cultiver avant de parler.
« Le salon beige », reprenant une interview du "Point", signale l’autocensure par la maison d’édition Pirrhana de l’ouvrage : LE FASCISME ISLAMIQUE de Hamed Abdel-Samad.
Il diffuse également des propos de l’auteur dans une interview du « Point ».
Je n’ai jamais compris ce qu’était le fascisme et me suis toujours dit qu’il fallait que j’en prenne connaissance à partir de deux sources : un fasciste (Maurice Bardech) et un historien (Marc Lazare).
Les premiers points communs que l’auteur signale entre le fascisme et l’islamisme ne m’éclairent pas :
« Le premier point commun, déclare Hamed Abdel-Samad, c'est l'idée d'avoir été choisi, d'être des gens qui sont supérieurs au reste de l'humanité. Vous pouvez lire ça dans le Coran, où les musulmans sont considérés comme la meilleure communauté n'ayant jamais existé. Allah leur donne une responsabilité particulière d'être ses représentants sur terre. » On trouve également cela dans le judaïsme (« nous sommes le peuple élu et le berger de l’humanité ») et dans le christianisme (« Nous sommes le reste d’Israël »).Et, reprend l’auteur, « Vous avez ça aussi dans le fascisme : « Nous sommes la race supérieure. » (supériorité mieux rendue à mon avis par l’expression « race des seigneurs »)
« Deuxième point commun : la culture de la mort. Dans les deux idéologies, la mort est glorifiée, car la vie et l'individu ne comptent pas. Ce qui est important, c'est la nation ou la religion. »
On l’a certes vu exprimé très clairement par Mohamed Merah : « Vous, vous aimez la vie (sous-entendu « profiter de la vie ») ; moi, j’aime la mort. »
Ce culte de la mort est compris dans le christianisme dont je prétends sans avoir été démenti depuis que je l’ai écrit, qu’il a inventé le martyre. Certes, il s’agit de donner sa vie et non de donner la mort. Mais pour que je puisse donner ma vie, il faut que j’aie des ennemis qui veuillent toujours me donner la mort, et entretiennent un climat de violence psychologique que théorise la béatitude des persécutés. C’est peut-être en ce sens que le pape a parlé de « violence catholique », suscitant l’ire de ceux qui voudraient qu’une fois pour toutes, l’islam soit du côté de la violence physique et le christianisme ne soit pas du côté de la violence psychologique.
Le judaÏsme et le christianisme attachent eux aussi une grande importance à la religion. Le peuple juif précède l’individu juif, et c’est pourquoi il est de faible importance qu’il soit observant ou athée, du moment qu’il demeure attaché à son peuple, et, comme le disait Jean-claude Guillebaud, qu’il « descend à travers [cette ascendance] jusqu’aux racines de la durée ».
Quant à l’individualisme, s’il a pour origine le sanctuaire de la conscience qui seule juge du péché, c’est une idée relativement neuve dans l’Europe chrétienne. Il date du siècle des Lumières, et le christianisme l’a passablement fustigé.
« Troisième parallèle, reprend notre auteur : l'idée de combat, le Kampf en allemand et le djihad en arabe. Vous ne vous battez pas pour vivre, mais vous vivez pour vous battre. »
On tient là une vraie diférence. Dans le christianisme, c’est l’union à Dieu et non le combat spirituel qui est la fin de la vie spirituelle. La tribulation éprouve la sainteté, mais la sainteté n’est pas faite pour se confronter à la tribulation. La tribulation est un mal nécessaire. Le combat spirituel est un djihad au sens où l’entend le soufisme et où nous sommons tous les musulmans de l’entendre.
Le fascisme (qui devient le nazisme dans la bouche de l’auteur) et l’islamisme auraient encore en commun d’accorder une importance exagérée à l’ennemi. David n’aurait pas écrit les psaumes sans la notion d’hostilité. C’est pourquoi je n’ai jamais compris qu’on y ait fait contenir toute la poésie de l’humanité. Le christianisme transcende y compris la béatitude des persécutés par l’amour des ennemis et le fait qu’il faille prier pour ses persécuteurs. L’ennemi extérieur des nazis était l’Ouest et leurs ennemis intérieurs étaient les juifs et l’extrême gauche. La lecture paranoïaque est fondamentale dans la compréhension islamique du monde. La oumma ne saurait être coupable de rien, le mal qui lui arrive lui vient toujours de ses ennemis. La nation islamique serait florissante sans les ingérances étrangères. Un commentateur des « moutons enragés », Moogly, le précise avec éloquence : « la lecture du coran est assez significative de la tyrannie endogène qui s’exerce sur le musulman afin qu’il puisse mieux l’exercer sur le non-musulman (koufar) coupable de tous les malheurs et de toutes les injustices qui touchent la ouma (communauté des croyants)…. L’islam impose aux musulmans un centre de contrôle externe, c’est à dire que tout ce qui arrive n’est jamais de la responsabilité directe du croyant. Cette médiocrité déresponsabilisante de l’esprit islamique se résume en deux mots « inch allah » (si dieu le veut). »
Hamed Abdel-Samad décrit plus classiquement l’hostilité en islam: « Pour les islamistes, [l’ennemi], c'est les autres. Il y a d'abord eu les juifs, les chrétiens ou les non-croyants dans le Coran, puis ont suivi les croisés, les colonialistes et aujourd'hui l'Occident dans son ensemble. »
Toujours en amalgamant islamisme et non fascisme, mais nazisme, l’auteur parle de « déshumanisation ou animalisation de l’ennemi »(« Le Coran qualifie les non-croyants de chiens, singes ou porcs »), et du fait qu’Hitler comme Hassen el-Banna, le fondateur des frères musulmans, voulait régner « sur la planète entière » : ce n’est pas ce qui ressort des recensions qui m’ont été faites de MEIN KAMPF, où Hitler voulait assujettir l’Europe dans la mesure où l’Ouest franco-britannique s’opposait à la germanisation de la mittel Europa, les latins étant plus inoffensifs et plus légers. Certes, chaque musulman crée sa canonicité. Mon correspondant le Croissant de lune, qui est de tendance « frères musulmans » se contenterait bien d’un « pré carré » pour le dar-el-islam. Mais je ne vois pas que cela soit compatible avec la nécessité de convertir toute la terre, qui rejoint l’injonction du Christ de « baptiser toutes les nations » et d’en faire « des disciples », de sorte que la question se pose (je l’ai posée à Aymeric Chauprade qui n’a pas su y répondre) de savoir ce qui distingue matriciellement la oumma de la catholicité. Car s’il s’agit de s’inculturer, l’islam a su le faire en Indonésie ou en Afrique de l’Ouest.
Jajouterai un septième point, que l’auteur ne fait pas entrer dans sa nomenclature de ce qui unit islamisme et fascisme ou nazisme, mais qui doit être pourtant considéré. Si Mohamed revenait aujourd’hui « avec le même message, comme le fait d'annoncer que si vous allez en enfer, votre peau sera brûlée et que vous aurez une nouvelle peau pour sentir la même douleur à nouveau, on le qualifierait de psychopathe et on ne le prendrait pas au sérieux. » On ne qualifierait pas Jésus de psychopathe si, revenant Lui aussi, Il disait tout à trac que tel, qui a préféré ne pas se couper la main qui le portait à voler plutôt que d’entrer manchot dans le Royaume de Dieu, « sera jeté dans la géhenne, où il y aura des pleurs et des grincements de dents », et qu’il n’en sortira pas, et qu’il ne communiquera pas avec les élus du paradis come Virgile n’avait pas accès à béatrice dans LA DIVINE COMEDIE, CAR « UN ABIME A ETE MIS ENTRE NOUS ET VOUS », DIT ABRAHAM, AMBASSADEUR DU PAUVRE LAZARE, AU MAUVAIS RICHE DE LA PARABOLE, AVEC QUI IL N’A LIEU DE PARLER QU’A LA FAVEUR D’UNE PARABOLE. MAIS QUE DIRAIT-ON DE SAINT AUGUSTIN ET DE SON FEU SANS CONSONMPTION BRULANT ETERNELLEMENT LES DAMNES PAR LA VOLONTE D’UN DIEU AMOUR ? NE DIRAIT-ON PAS QU’IL A IMAGINE UN GENOCIDE PIRE QUE CELUI D’HITLER ? ET POURTANT SAINT AUGUSTIN EST UN PERE DE L’ÉGLISE ET HITLER EST AU PURGATOIRE. MEIN KAMPF est réapparu dans le domaine public après avoir fait l’objet d’un autodafé dans toute l’Europe.
L’auteur poursuit en montrant que l’islam fournit un terreau favorable au terrorisme comme solution politique : les jeunes musulmans, à qui on dit que « mordre dans le fruit défendu est haram », sont « confrontés à la société moderne, libre et multiculturelle. » Après avoir transgressé l’interdit, « ils se sentent coupables, et retournent vers un discours religieux les ramenant en arrière : « Tu es un pêcheur, reviens à Dieu. » La voie express, c'est le djihad. Mourir en tant que martyr, c'est la seule garantie d'aller directement au paradis. »
Certes, mais en sortant décidément de la catégorie du fascisme, comment mettre en parallèle l’Occident, qui livre une guerre contre le terrorisme, et l’islam, qui se livre au terrorisme contre la guerre. L’islam, dans sa violence structurelle, contre les guerres conjoncturelles et injustes de l’Occident post-chrétien ? Faudrait-il ne pas les mettre en parallèle parce que, « pour l’islam », dont il se peut que ce soit le troisième totalitarisme contre lequel il faille lutter après le nazisme et le communisme, et qui s’intensifie comme totalitarisme du fait de la mondialisation, l’Occident sera toujours « l’ennemi », « c’est immuable » ? Faut-il lutter contre le totalitarisme avec les armes du totalitarisme ?
La seconde guerre mondiale nous a donné une terrible leçon à cet égard : deux totalitarismes ont été aux prises. Le totalitarisme socialiste a rejoint le camp des Alliés, et son humanitarisme de façade a vaincu celui qui traitait ses ennemis de sous-hommes. Mais cette alliance contre nature a conduit à la justice de Nürenberg et n’a jamais instruit le procès ducommunisme. Elle a fait se succéder la guerre froide et l’impérialisme monolythique. Le camp des non alignés, qu’a tenté de diriger la France de de Gaulle et dont la Russie de Poutine essaie de prendre la tête aujourd’hui, n’a jamais émergé plus que le Tiers-monde. La justice contre le totalitarisme serait un remède possible contre l’embrasement. Un remède ou un mot d’ordre !
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