Soutien paradoxal à Henry de Lesquen.

Le Forum Catholique

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le torrentiel -  2016-07-20 10:40:12

Soutien paradoxal à Henry de Lesquen.

J'avais initialement posté ce commentaire sur le métablog. Le webmestre l'a supprimé, car le métablog ne souhaite pas entrer dans la polémique au pied d'un appel à l'apaisement, et mon message ouvre à des droits de réponse que j'accepte bien volontiers, si XA veut bien assumer le caractère polémique de ma réaction.

Cher M. l’abbé,

On attendait votre parole et vous la prenez à propos. (Au point où on en est, on vous aurait accusé du « silence de Pie XII » si vous aviez continué à vous taire).

Je ne connais pas toutes les arcanes de ce conflit et suis peiné d’y voir embarqué des gens comme Daniel Hamiche, qui ne manquent pas de densité humaine, mais dont les créatures comme Guillaume de Thieulloy ont beau jeu de reprocher au président de « radio courtoisie » des provocations qui n’ont jamais varié depuis sa prise de fonction, et un pouvoir moins étendu que celui que lui-même a progressivement conquis, à la tête des QUATRE VERITES, puis de « Riposte catholique », qui reprend la hiérarchie catholique à longueur d’articulets et de journée sur le mode de Tartufe, de « Nouvelles de France », enfin du « Salon beige » qui, après avoir été un blog « tenu (bénévolement) par des laïcs catholiques », est devenu une entreprise suffisamment profitable pour pouvoir salarier ses collaborateurs, qui sont moins des journalistes que des échotiers.

Les « créatures » de Daniel Hamiche ont pour caractéristique d’être des baudruches aux compétences qui se dégonflent à l’examen de leur CV, des titres exorbitants dont ils excipent et des diplômes qu’ils n’ont pas. Cela s’est avéré de vivien Hoch à David Mascré.

L’alter ego de Thieulloy, Grégoire Boucher, n’est pas non plus piqué des hannetons. Tout en se prenant pour Serge de Beketch (excusez du peu !) et en refusant de répondre aux messages inamicaux ou peu flatteurs comme ceux que je lui envoyais, il passait le plus clair de ses émissions à traiter de « crapules » tous ceux qui ne pensaient pas comme lui sur le plan politique ou religieux, cependant que lui-même aurait été « condamné pour escroquerie », peut-on lire sur Internet (par exemple ici : http://orianeborja.hautetfort.com/tag/gr%C3%A9goire+boucher) et qu’à la tête du collectif « Famille mariage », l’inénarrable duo Thieulloy-Boucher « protégeait » les données personnelles des signataires de leurs pétitions à l’abri du droit américain, beaucoup moins regardant que le droit français sur la confidentialité des données personnelles. Ils « ne mettent pas leur honneur à inspirer confiance »…

Jean Ferré a confié sa radio à Henry de Lesquen en connaissant sa tendance à étendre sa présidence tel un coucou. On l’a vu avec « Renaissance 95 » devenant « Voix des Français » et peu à peu confisqué à son fondateur, Paul Lambert. Jean Ferré n’avait pas fait le choix d’un modérateur, rôle qu’Henry de Lesquen, qui n’est pas dénué d’autoritarisme, ne laissa pas jouer à Jean-Gilles Malliarakis, pourtant pressenti pour succéder à Jean Ferré à la tête du comité éditorial de la radio.

Serge de Beketch a soutenu HDL en précisant que ce « [n’était] pas un modèle de cordialité » et qu’il ressemblait à Jean Ferré « dans les mauvais jours ». Il a la main lourde en matière d’éviction de patrons d’émissions, dont il ne veut pas avoir un « soviet » en face de lui, et dès qu’il s’agit de sanctionner par des exclusions lapidaires ceux qui s’opposent directement et publiquement à lui, même s’il y a un certain panache à virer ceux qui vous ont présenté une motion de défiance en exigeant votre démission : « Tu me défies, je relève le défi et te relève de tes fonctions. »

Auditeur adhérent (qui n’a jamais été convié à aucune assemblée générale du CDARS), je me retrouve dans l’appel de Jean-Yves le Gallou au retour à la courtoisie, et je crois que HDL devrait revenir sur ces évictions arbitraires. Des patrons historiques comme Daniel Hamiche, qui a suspendu sa collaboration à la radio « à titre conservatoire », des intellectuels comme Paul-Marie Coûteaux, ne devraient pas être renvoyés comme des malpropres.

« Libéral », HDL ne devrait pas prendre ombrage de la concurrence de « TV liberté », qui n’a pas les mêmes formats d’émission et donc ne fait pas d’ombre à « Radio courtoisie », l’approfondissement des thématiques y étant plus resserré, mais moindre. « TV liberté » n’est pas une vitrine sur la TNT comme l’est « radio courtoisie » sur la bande FM.

Successeur de Jean Ferré, Lesquen devrait s’inspirer de son regard libéral et bienveillant sur les patrons d’émission, de sa direction d’antenne qui tablait sur la stabilité de la grille, et de son animation des émissions respectueuse des invités. (Jean Ferré « priait » des personnalités pour qu’elles puissent « aller au bout de leur propos » ; Henry de Lesquen les convie à venir lui donner la réplique en se faisant interrompre à tout moment, dans des exercices radiophoniques d’où un purisme ostentatoire, à l’affût du moindre anglicisme, a chassé l’art et l’esprit de la conversation.)

Vous-même ne devriez pas laisser intituler votre nouvelle émission « Libre journal de chrétienté », qui devrait rester l’apanage de Daniel Hamiche qui l’a créé.

En dehors de cela, Henry de Lesquen n’a jamais fait croire qu’il était autre chose qu’un « candidat (semi) fantaisiste » à l’élection présidentielle. Sur son site officiel, i fait valoir qu’il est président de « radio courtoisie » parce que c’est la vérité, et qu’un homme public ne peut pas désavouer un de ses engagements publics. À l’antenne, il a toujours analysé l’élection présidentielle indépendamment de sa candidature. En ce sens, il dissocie sa qualité de président de « radio courtoisie » de sa campagneélectorale.

Je ne l’ai jamais entendu préconiser le retour à l’esclavage. Tout au plus note-t-il la permanencedu phénomène, dont ni le Christ, ni Saint-Paul n’ont demandé l’abolition. On a le droit de porter un jugement sur le jazz et sur le rock en rappelant l’origine « nègre » de ces musiques, nées de la complainte des esclaves.

Henry de Lesquen n’est pas raciste, il est racialiste. Son « racisme républicain » est un recentrage ethnique pour lutter contre « le grand remplacement » et prévenir le risque démocratique de voir l’identité française cesser d’être chrétienne si l’islam devenait majoritaire en France. ON n’y est pas, mais tout peut arriver. Je ne crois pas qu’il parle d’inégalité des races en termes d’infériorité, mais de différence. L’introduction du facteur racial dans l’analyse des types humains est passée de mode, mais n’est pas antiscientifique.

Enfin, l’allusion à l’âge auquel meurent les anciens déportés n’est pas du meilleur goût, mais toutes les questions devraient pouvoir être posées, et la longévité de personnes traumatisées et carencées pendant des années est sans doute un miracle de la résilience, mais, comme tous les miracles, elle ne laisse pas d’étonner, donc de poser question. Henry de Lesquen a un talent commun avec Serge de Beketch, pour reprendre une qualité que vous reconnaissiez à celui-ci : il sait situer la question.

« Henry de Lesquen n’est pas un modèle de cordialité ». C’est un esprit libre, mais froid, fougueux, spontané et généreux dans la disputatio. S’il met la radio en péril, ce n’est pas d’aujourd’hui. Il aime mieux avoir des affidés que des pairs, ce que je ne porte pas à son crédit. IL devrait maîtriser son tempérament, mais ses débordements n’étant pas nouveaux, ils ne devraient pas lui valoir une motion de défiance sauf si, comme vous le laissez entendre, ceux qui l’ont lancée l’ont fait pour s’emparer du pouvoir à « radio courtoisie », comme l’avait fait Claude Reichmann au plus fort de la maladie de Jean Ferré.

Dans l’affaire Thieulloy contre Lesquen et « le salon beige » contre « radio courtoisie », je suis légitimiste. « Radio courtoisie » est un outil incomparable. Elle est le navire amiral sans lequel la pensée de droite n’aurait pas eu droit de cité, ce qui serait un mal pour la démocratie française. Il faut la défendre en mémoire de Jean Ferré, ce parfait honnête homme, parce qu’elle a exposé cette pensée à l’opinion publique, qu’elle continue de l’incarner, et qu’elle commande à son insu toute la réinfosphère, qui n’existerait pas sans « radio courtoisie ».


Julien WEINZAEPFLEN
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