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Résumé : Est-il permis de tuer les pécheurs ?
Objections :
1.Notre-Seigneur interdit d’arracher l’ivraie (Mtt.XIII,29-30) ;
2.Dieu ménage les pécheurs pour leur pénitence ;
3.Tuer est mauvais en soi.
Or : le moins parfait est ordonné au plus parfait. Cette subordination existe entre la partie et le tout. Toute partie - de par sa nature - est subordonnée au bien du tout : sacrifier l’imparfait pour le parfait. Ainsi, si l’individu constitue un péril, il faut le mettre à mort au nom du bien commun.
Réponses aux objections :
1.Ceci est vrai si on ne peut discerner les bons des méchants (Abraham demandant à Dieu d’épargner Sodome : Gen.XVIII,23-32).
2.Ceci est vrai s’il n’y a aucun danger pour autrui ; or les grands malfaiteurs ont toujours menacé l’ordre public.
3.Si tuer un homme fidèle est mauvais, ne pas oublier qu’un homme pécheur perd sa dignité humaine [en ce sens, il y renonce].
Remarque : la peine de mort n’est pas l’application de la loi du talion (où la peine est calquée sur la faute : œil pour œil, dent pour dent) mais demeure une question de bien public qui va au-delà de la légitime défense ; c’est une question de justice sociale : l'État a pour devoir de guérir le mal et protéger la société (caractère médicinal, exemplaire et réparateur).
Il est vrai que l’homme ne doit point détruire ce que Dieu a fait à son image et a racheté par son sang, ne devant point abréger le temps imparti à chaque créature pour faire son salut. Mais il est également vrai que la question de la peine de mort demeure un problème complexe où sont engagées des appréciations sur la liberté humaine, la responsabilité morale et la vie en société.
Somme Théologique : IIaIIae, qu.64, a.2.