La Communauté Saint Martin au Jour du Seigneur

Le Forum Catholique

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Quaerere Deum -  2016-06-06 09:28:13

La Communauté Saint Martin au Jour du Seigneur

ProLiturgia analyse la retransmission de la messe d'une paroisse de la CSM dans l'émission "Le Jour du Seigneur" :


Hier dimanche, la messe du “Jour du Seigneur” était retransmise depuis la paroisse de Candes-Saint-Martin (Indre-et-Loire), laquelle est sous la responsabilité des prêtres de la Communauté Saint-Martin fondée par l’Abbé Guérin. On s’attendait donc à une messe représentative de ce que le Concile a vraiment voulu et qui vient d’être rappelé par le Cardinal Sarah. Or ce fut plutôt une célébration “hybride”, assez représentative de ces messes soignées mais toujours garnies de ces pratiques (notamment des chants sans avenir) qu’on a tant de mal à supporter dans les paroisses où la liturgie n'est respectée que de très loin. Les principes appris au sein de la Communauté Saint-Martin seraient-ils solubles dans la pastorale de secteur ?
Ce ne serait pas très étonnant puisque, pour se faire accepter dans les diocèses où le sens de la liturgie est désormais totalement perdu, les prêtres de la Communauté doivent souvent faire, sur le plan pastoral et liturgique, des concessions telles, qu’au final il ne reste plus grand chose de ce qu’ils apprennent et mettent en œuvre à Evron. Souvent “on” (“on”, c’est-à-dire les évêques et le soviet diocésain local) les avertit avant leur éventuelle installation dans une paroisse : ils ne sont acceptés qu’à la condition de “pouvoir s’intégrer à la pastorale locale”. Autrement dit : il ne sont acceptés qu’à la condition de brader une partie de ce qui fait leur spécificité ; c’est-à-dire à condition de savoir s’intégrer dans une pastorale la moins consistante possible qui fait la spécificité du catholicisme français.
Alors dans certains diocèses, là où ils ont un évêque plus bienveillant qu’ailleurs, les prêtres de la Communauté Saint-Martin peuvent espérer redresser certaines choses, au moins localement. Mais partout ailleurs, ils sont obligés d’avaler des couleuvres là où ils sont implantés. Surtout s’ils passent au “Jour du Seigneur” ! On se souvient d’une messe qui avait été retransmise depuis l’abbaye de Kergonan : même le Père Abbé avait été obligé, au début de la messe, de faire tout un blabla pour souhaiter la “bienvenue à tous” et surtout pour expliquer que la messe allait être en latin-grégorien, et qu’il ne fallait pas pour autant en faire une attaque d’apoplexie... Quand “Le Jour du Seigneur” était venu à Solesmes, les choses avaient été plus claires : le Père Abbé avait clairement fait entendre que la liturgie des moines était à prendre ou à laisser. Pas d’ “adaptations”, pas de dmi-mesures.
Pour en revenir à la question liturgique, on doit convenir qu’en fin de compte, les curés diocésains qui veulent respecter la liturgie et la célébrer “versus orientem” en latin et grégorien - si les paroissiens sont aptes à l’accepter moyennant un bonne formation - sont beaucoup plus libres que les prêtres de la Communauté Saint-Martin : une fois que le curé d’une paroisse a clairement dit ce qu’il convient de dire aux quelques indécrottables partisans de tout ce système progresso-clérical qui vide les églises, il peut faire ce qu’il veut pour que la liturgie soit respectée. C’est un paradoxe, mais c’est la triste réalité.
Maintenant que la Communauté Saint-Martin est forte et qu’elle n’est plus réduite à être une Eglise des catacombes comme elle l’était du temps de son fondateur, ne devrait-elle pas dire clairement aux évêques qui font appel à ses prêtres : “Soit vous nous acceptez et vous nous soutenez tels que nous sommes, soit nous ne venons pas”. Acculés par la pénurie grandissante de prêtres, peu à peu les évêques n’auraient plus le choix.
A force d’être désireux de se faire intégrer dans les structures paroissiales existantes, les prêtres de la Communauté Saint-Martin ne risquent-ils pas de voir une partie de leur action être peu à peu neutralisée ? L’enfouissement avait sûrement sa légitimité il y a encore dix ans, mais il ne l’a plus aujourd'hui. Les fidèles eux-mêmes n’en comprennent pas l’utilité au vu de la situation actuelle.
Il faut oser rétablir la liturgie franchement et dans son intégrité : les colmatages ne marchent pas et son une perte de temps et d’énergie.
Ménager la chèvre et le chou ? Quel intérêt en 2016 ? Nous sommes dos au mur : si l’on ne mène pas une pastorale de redressement franche et énergique tout de suite, dans cinquante ans la moitié des diocèses auront fermé et le catholicisme en France sera réduit à l’état micro-cellulaire. Et tout ça pour n’avoir pas osé heurter quelques “mamies bigoudis” ou “sœurs brushing” qui prennent en otage les paroisses, ainsi que les quelques vieux clercs qui auront passé le plus clair de leur temps à fausser les enseignements de l’Eglise et qui de toute façon ne seront plus là dans dix ans.

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