Québec:une famille se voit refuser le baptême de ses enfants en mai 2016
Le Forum Catholique
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Jean Kinzler - 2016-05-25 13:15:46
Québec:une famille se voit refuser le baptême de ses enfants en mai 2016
Québec : l’église catholique se meurt et c’est notre faute
Publié par Dreuz Info le 25 mai 2016
Qui peut interdire d’avoir accès à Jésus le christ ? Qui peut nous interdire d’avoir accès au baptême ?
Nous sommes le dimanche 8 mai 2016. Je sors à l’instant de l’église sur le chemin de la Côte Sainte-Catherine où se réunit la secte de la Communauté dite chrétienne de Saint-Albert-le-Grand, qui développe un rapport à l’église catholique qui va à l’encontre de toutes les valeurs d’accueil de l’Eglise fondée par Jésus avec l’aide de St Pierre le premier pape de l’histoire.
Je viens d’apprendre que le baptême de mes deux enfants qui devait se tenir le 4 juin a été annulé.
Nous sommes le 8 mai, à peine un mois de l’événement, et ce avec près de cinq mois de tractations qui faisaient suite à trois ans de préparation.
Mes deux fils ont respectivement deux ans pour le dernier, Benjamin-Even le Ray et mon premier Alexis-Nessel le Ray, quatre ans. Nous étions jusqu’à l’été 2014 dans le quartier Villeray. Nous nous sommes installés dans le quartier de l’institut et de l’église sur la rue Barclay. Nous nous sommes dit que comme on change de quartier, on va s’intégrer dans une communauté locale. Une vraie catastrophe, car nous avons amené avec nous la réalité de notre vie qui n’est pas facile, mais la réalité aussi de nombreuses personnes qui n’ont parfois que l’écoute du seigneur pour se réconforter et garder espoir.
Mais cette décision de faire baptiser nos deux fils était une décision longuement réfléchie. Le déclencheur fut la confirmation de ma fille, scout, le 14 mai 2016.
Je vais revenir sur ce futur évènement pour expliquer pourquoi nous voulions depuis trois ans que le baptême de mes deux fils se fasse en juin, quelques jours après la confirmation de notre fille.
Le baptême de mes deux fils a été annulé pour quelles raisons ? Et par qui ? Est-ce le prêtre de cette communauté ? Nous n’avons à aucun moment pu rencontrer le prêtre qui s’occupe de cette secte malgré nos différentes demandes.
Première rencontre
Nous avons rencontré, début février 2016 après avoir laissé plusieurs messages, une permanente de la communauté, Michelle Beaulac. Dans notre conversation, nous avons constaté qu’elle ne savait pas ce qu’était l’eucharistie et sa dimension la plus riche par son association avec le mystère ou la réalité de la Sainte Trinité. En outre, elle ne connaissait pas le premier concile (qui n’est pas reconnu comme tel par l’église) le concile de Jérusalem de 49 qui va réunir les premiers chrétiens et les premiers apôtres encore vivants à avoir cheminé avec Jésus. Ils vont définir, ce qui n’est pas rien, ce qu’est un chrétien. Non connaît pas…!
Après avoir rencontré cette personne, en nous quittant celle-ci a insisté lourdement sur le fait que la secte de Saint-Albert est une communauté avec ses règles alors que celle des dominicains, c’est autre chose. J’espère au moins qu’elle conserve un lien avec l’église catholique de Rome. Première interrogation de ma part.
Deuxième rencontre
La seconde personne qui fut déléguée à une tache qui semblait pesante rapidement pour elle et les membres de cette secte, et en particulier pour cette dame, fut la rencontre avec Isabelle Franco.
Imaginer organiser un baptême, le seul évènement de l’année pour cette secte, accueillir Jésus et être accueillis par lui… est-ce un poids énorme ? Fallait-il se préparer à ce moment magnifique pendant plusieurs années ? Était-ce une tâche impossible à accomplir en cinq mois ? Je dois dire que la première impression fut surprenante, car après nous avoir dit qu’il ne pourrait y avoir de baptême que si on adhérait à cette secte, je lui ai demandé simplement qui était ce Saint-Albert. Je considère qu’avant d’adhérer à un groupe il faut en connaître son objet et sa finalité.
Et bien cette dame n’en savait rien !
Pas un mot sur le maitre de saint Thomas d’Aquin, rien sur le patron des scientifiques catholiques dans l’Église catholique. Autre douche froide et première tension. Je lui ai dit que si elle voulait que j’adhère à cette communauté il fallût qu’elle soit plus crédible. C’est comme si on se dit chrétien, mais qu’on ne connaît pas Jésus ! Bref, j’ai quand même fait la démarche d’adhésion à cette communauté ; moi, ma compagne et mes trois enfants. J’ai proposé de faire du bénévolat s’ils avaient besoin chaque semaine. Le seul évènement et la seule activité de cette communauté est la messe du dimanche, mais organiser un baptême pose un problème ! Vous comprenez, il faut « se préparer » !!!
La troisième rencontre
Cette rencontre nous a permis de déterminer la date du samedi 4 juin pour le baptême.
Nous avions prévu dans un premier temps une cérémonie privée. Elle devint communautaire. OK on accepte ! Une autre cérémonie était prévue ce jour-là pour baptiser un enfant d’un autre couple. Il a donc été convenu que nous participerons à cette cérémonie après celle de ce couple. Nous étions convenu de demander aux parrains et marraines d’écrire un petit crédo chacun. Nous avions aussi prévu de louer les services de deux personnes pour animer la musique, à raison de 30 $ le service.
La quatrième rencontre
La quatrième rencontre, un samedi, s’est mal passée. Il y avait un conflit entre ma compagne et moi, débuté chez nous, et ce conflit s’est poursuivi devant cette madame Franco lors de la rencontre… J’ai utilisé l’expression « si cela te pause un problème nous annulons la cérémonie », mais comme dans tous conflits entre couples, parfois on dit des choses qu’on ne pense pas, du à l’énervement.
Je voulais aussi que Sandrine se positionne vraiment sur cette question. Le dimanche suivant, je me suis déplacé et ait participé à la messe communautaire pour y rencontrer madame Franco. Celle-ci m’explique que si Sandrine n’appelle pas ou ne vient pas la voir, la cérémonie sera annulée.
Mais je sens qu’elle n’a aucune considération pour nous. Je lui explique que nous sommes moi et Sandrine sans emploi tous les deux, et que cela explique aussi notre accrochage de la dernière fois, car nous avons accumulé du stress. Mais rien n’y fait. Dans sa tête c’est déjà fini.
Ma mère appelle de France et veut rencontrer cette dame. Elle prend rendez-vous avec son mari le 15 mai. Elle arrive par avion de France le 12 mai avec la grand-mère de la famille, Alice. Sandrine accepte de se déplacer le dimanche suivant, le 8 mai donc, après ma propre visite du dimanche précédent.
Elle essaye d’arranger les choses, mais non. Madame Franco confirme l’annulation de la cérémonie alors que nous avons dépensé plus de 300 $ en vêtements. Prévenu les parrains et les marraines, et surtout, nous sommes à moins d’un mois de la cérémonie. Madame Franco a appelé ma mère en France pour annuler sa rencontre avec son mari du 15 mai, et elle raccroche au nez de ma mère.
On n’a toujours pas rencontré de prêtre !
Les raisons invoquées
Pas assez d’investissement dans la communauté, on vient magasiner un baptême et puis s’est tout.
Trop précipité !!! Il faut plus de préparation. Est-ce qu’on prépare un bébé au baptême ?
On n’est pas à votre service !
Rien sur l’acte essentiel qui nous a amenés vers cette communauté de notre quartier, c’est-à-dire le baptême de mes deux fils. Que des problèmes d’égo d’adultes, et d’ignorance ou de mauvaise foi.
Pourquoi tenions-nous à ce baptême, cette année
Première raison pratique, nous avons déménagé dans le quartier. Ma fille Hélène-Arwen fait sa confirmation le 14 mai après trois ans de préparation. Trois années ou chaque semaine elle a participé au catéchisme dans l’église sainte Cécile et Vincent Ferrier dans le quartier Villeray. Elle connaît son credo par cœur, le Notre Père et la prière à Marie par cœur aussi, alors qu’elle n’a que 10 ans. Elle fait du scoutisme à la 52e depuis trois ans dans Villeray. Je fais venir spécialement ma mère que je n’ai pas vu depuis quelques années, avec la grand-mère de la famille Alice du côté de ma belle sœur, encore en Bretagne avec mon frère et ses quatre filles.
Elle arrive le 12 mai, et elle repartira peut-être le 12 juin sans avoir eu la possibilité de faire baptiser ses deux petits enfants.
Rien ne se passera pour nous le 4 juin. Pas de joie, pas de baptême.
Trois ans qu’on songe à cela, et après cinq mois de préparation, on se retrouve sans rien, à moins que je ne m’adresse à une autre église qui m’acceptera plus facilement. Rien ne se passera pour nous le 4 juin. Pas de joie, pas de baptême.
Dois je quitter cette église ?
Suis-je considéré comme catholique moi-même, ici ? Les seules traces de ma communion et de ma confirmation sont une image où il est indiqué, au recto,
Seigneur Jésus,
Tu es le pain
De mon âme
Au verso,
Souvenir de ma profession de foi
Éric Le Ray
St Joseph
05-06-1977
Quand je montre cette carte qui ne me quitte pas depuis plus de trente ans et qui reste constamment dans ma bible de Jérusalem on me dit :
« Demandez à votre église en France à quoi cela correspond là-bas»
« Votre église » ? « Là-bas » ? Où on est ici ?
J’ai l’impression de ne pas faire partie de la même église. D’être un étranger au Québec où l’on ne reconnait pas mes diplômes, un doctorat et trois post doctorats ainsi que ceux de ma compagne, une enseignante membre de l’éducation nationale en France avec une maitrise et un DESS, et d’être aussi un étranger dans la religion catholique du Québec.
Pourquoi cette administration. A-t-on besoin de justifier qu’on est catholique ? De le prouver en montrant son passeport et sa carte d’identité ? La foi catholique est-elle une question de papier ?
Le catholicisme disparaît au Québec, remplacé par l’Église protestante, par l’islam ou par rien du tout… l’animisme peut-être ?
Le retour à la nature et l’environnement viennent remettre en cause l’humanisme et la place du progrès dans nos sociétés qui coexistaient avec le religieux. C’est un retour vers le passé ou vers un avant le religieux. Je ne porte pas de jugement, c’est un fait, alors que le besoin spirituel reste cependant fortement présent, mais d’une façon plus individuelle. Plus personnelle.
Je me suis inscrit à l’institut de pastorale des Dominicains pour y suivre un premier cours, mais aussi pour me permettre de me confier à Dieu dans mes difficultés et prolonger mes recherches dans le domaine des liens entre religion et communication. Depuis des années, j’ai l’impression d’avoir reçu une sorte d’appel et j’ai fait beaucoup de bénévolat en France, mais aussi au Québec.
En France
C’est de mon engagement chez les scouts que datent mes premiers contacts avec la religion catholique après avoir fait ma communion et ma confirmation en 1977 à Mantes-la-Jolie, non loin de Paris.
J’ai participé à l’accueil des pèlerins lors de la première rencontre de Jean-Paul II avec le peuple de France au Bourget. “France qu’as-tu fait de ton baptême ?” Nous étions plus de 50 000 scouts. Mon père fut éduqué chez les Dominicains. Il chemina jusqu’au doctorat en théologie avec le père Yves Congar, l’un des penseurs de Vatican II, sur “l’homme loisir” au couvent de La Tourette près de Lyon. C’est lui qui me transmit certaines valeurs chrétiennes.
Il n’a pas poursuivi son projet. Il devint journaliste sans avoir fait ses voeux et changea donc de voie tout en restant toute sa vie une sorte d’ermite militant au parti socialiste, sans y avoir jamais été membre, mais aussi parmi les prêtres ouvriers, et était adepte de la théologie de la libération. Mais sa grande passion pendant plus de 45 ans fut l’imprimerie de presse, l’information et le journalisme, métier qui lui permettait d’être le miroir d’une société qu’il aimait passionnément observer, raconter. Il fut le témoin d’une époque qui ne fut pas la mienne.
De mon côté, alors que je préparais une thèse de doctorat sur Marinoni le fondateur de la presse moderne, je me suis investi bénévolement pendant de nombreuses années dans des activités associatives, et j’ai pu obtenir la médaille d’argent de la Société d’encouragement au progrès pour mes activités à soutenir l’enseignement des métiers et l’enseignement technique. Une médaille remise des mains d’Yves Coppens lui-même, alors président d’honneur de cette Société, lors d’une cérémonie au Sénat français.
Au Québec
Entre la participation à la création d’un parti politique ou l’animation d’une émission de radio pendant sept ans chaque semaine, j’ai beaucoup donné pour les autres aux dépens de ma famille, de ma compagne et de mes enfants. Je voulais donner du temps, mais aussi me créer de nouvelles opportunités de rencontres et d’amitiés.
En France
J’ai longtemps pratiqué l’aumônerie moi-même, après avoir fait ma maitrise en communication sur l’islam, entre 1990 et 1994 à l’UQAM.
Je me suis replongé dans l’étude du christianisme.
Je suis devenu aumônier pour le collège Stanislas de Paris pendant cinq ans alors que j’étais responsable de l’internat de garçons de 17 à 21 ans. Près de 200 élèves chaque soir.
Je suis allé chaque année à Assise et Rome pour y rencontrer le Pape Jean-Paul II en accompagnant les élèves de Stanislas, à qui je donnais des cours de catéchisme pendant l’année.
J’ai fait cinq pèlerinages de Chartres des étudiants sur la voie 1.
J’ai participé comme volontaire à trois JMJ.
J’ai participé au jubilé de l’an 2000 à Rome où j’ai pu passer les portes saintes, ouvertes à l’occasion.
J’ai fait une rencontre de Taizé et j’ai, en 2004 avant de revenir ici au Québec, fait le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle en partant de Sainte-Anne d’Auray en Bretagne, et en passant par Lourdes. Deux mois sur les routes…un luxe dans notre époque… et en même temps, une nécessité pour l’âme.
J’étais présent à Reims lors de la venue de Jean-Paul II.
J’étais à Lisieux lorsque Sainte-Thérère est devenue patronne des missions.
Je garde de très bons souvenirs de ces moments riches en rencontres et en réflexion, et j’aimerais poursuivre dans le cadre d’un certificat ou d’une maitrise en pastorale et théologie. Nous verrons bien…
En attendant, nous n’avons toujours pas rencontré de prêtre, et nous sommes interdits de baptême.
L’Église catholique disparaît du Québec
Mais nous, nous n’avons pas le droit de faire baptiser nos deux enfants dans cette église qui disparaît, et c’est notre faute
Les églises sont vides. On les détruit ou ont les transforme en mosquées, en appartements, ou en temples protestants.
Les départements de théologie des universités de Sherbrooke, de l’UDM et de Laval vont fermer leurs portes.
La population à massivement rejeté l’Église catholique.
Mais nous, nous n’avons pas le droit de faire baptiser nos deux enfants dans cette église qui disparaît, et c’est notre faute.
Dois je quitter cette église qui n’en est plus une ? Dreuz
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