Un scandale certes, mais pourquoi faire de la publicité au mal ?

Le Forum Catholique

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baudelairec2000 -  2016-05-23 23:04:56

Un scandale certes, mais pourquoi faire de la publicité au mal ?

Je pense que certains auraient beaucoup mieux à faire que d'alimenter la rubrique des faits divers du Forum, en se contentant, c'est la nième fois que je le dis, de faire du copier-coller, de reprendre des dépêches de la presse bien pensante.

La pédophilie est une abomination; les prêtres doivent être exemplaires, quasi-irréprochables s'ils veulent que leurs fidèles empruntent la voix de la sainteté et soient leurs imitateurs.

Il ne faut pas pour autant faire plus de publicité au mal qu'il ne le mérité. Inutile d'en rajouter, la honte est déjà suffisante pour le coupable. Vous aimeriez, vous simples fidèles, que vos chutes - les scandales que vous auriez pu causer - soient portées sur la place publique, amplifiées par les médias, impitoyable caisse de résonance?

Les hommes d'Eglise restent des êtres faillibles. Les fidéles doivent prier pour leur sanctification et, quand ils pèchent, prier pour qu'ils changent de conduite, prier pour ces hommes afin qu'ils reconnaissent devant Dieu leurs fautes, les pleurent et les abandonnent.

Je me permets de citer ces quelques lignes de Saint Ambroise, extraites de l'Apologie de David, la figure du pénitent par excellence, un exemple qui doit nous inciter à l'humilité et à la prudence, pour ne pas dire à la discrétion en ce qui concerne les faures de nos semblables:

"David a péché, ce dont les rois sont coutumiers. Mis il a fait pénitence, il a pleuré, il a gémi, ce dont les rois ne sont pas coutumiers. il a avoué sa faute, il a imploré miséricorde; étendu à terre, il a pleuré sa misère, il a jeûné, il a prié, et racontant sa douleur il a transmis à toute la suite des siècles le témoignage de sa confession. chose que des particuliers refusent de faire, un roi n'a pas rougi de faire une confession publique ! il a péché, c'est la marque de sa condition; il s'est prosterné, c'est la marque de son amendement. Sa faute, c'est le lot commun; mais sa confession , c'est son mérite distinctif. Ainsi être tombé dans le péché, c'est le propre de la nature, mais avoir lavé sa faute, c'est le propre de la vertu.

Donnez-moi un homme qui ne soit tombé dans aucune faute. Fort entre tous les forts, tel était Samson, lui qui étrangla même un lion de ses mains; plût au Ciel qu'il eût été capable d'étouffer son amour !
Il incendia les moissons des Philistins, mais il brûla lui-même du pauvre feu allumé par une seule femme."

St Grégoire, que ce soit dans la Règle pastorale ou les Moralia (Commentaire primordial, essentiel du livre de Job), exhorte à la pénitence, il rappelle dans le livre VIII des Moralia ce passage du Psaume 38:

"Ma faute, je la confesse, je suis dans la crainte à cause de mon péché".

Et il poursuit:

" Les réprouvés avouent leurs fautes, mais négligent de les regretter. Or les élus font suivre de larmes, en se blâmant les fautes qu'ils mettent à jour dans les paroles de la confession... Quand je dis ma faute, je découvre ma blessure; revenant sur mes fautes pour les corriger, je demande la guérison de ma blessure en lui appliquant le rémède de l'affliction. En effet celui qui découvre les maux qu'il a assurément commis, mais refuse de les pleurer, après les avoir accusés, c'est comme s'il découvrait une blessure en soulevant son vêtement, mais n'appliquait pas sur sa blessure un médicament, parce qu'il a l'esprit engourdi."


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