Sainteté statique ou dynamique ou l'appel à la conversion

Le Forum Catholique

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PEB -  2016-05-03 14:00:04

Sainteté statique ou dynamique ou l'appel à la conversion

On parle d'éthique, de morale, de sainteté de situation mais je pense qu'il faut avoir une approche dynamique car le réel vivant n'est pas statique.

Le marché économique n'est pas un lieu mais est la résultante macroscopique des décisions microscopiques des producteurs, vendeurs et consommateurs. Il n'est pas une main invisible aveugle mais un vote plus ou moins démocratique permanent fixant la valeur des biens et des services.

De la même manière, la réalité familiale change chaque jour que les enfants naissent, grandissent... Les familles sont par nature une composition de plusieurs humanités: celles qui l'ont fondée et celles qui en sont issues. Sur ces questions, il parait évident de discerner ce qui fonctionne ou dysfonctionne avant de porter un jugement définitif, si tant est qu'on le puisse.

A ce sujet, la loi de sainteté s'exprime non sur un mode statique et accompli mais sur un mode dynamique et inaccompli: "quittera", "s'unira", "feront". La sainteté est donc un mouvement qui emmène le fidèle vers un avenir d'un bonheur qui reste encore à vivre dès aujourd'hui, encore demain et dans l'éternité. Mais pour cela, il doit abandonner ("quittera") le confort illusoire du présent sur le chemin d'une destinée choisie ("s'unira") en vue de l'accomplissement réciproque de soi avec et par l'autre ("feront").

Ce qui compte dans la sainteté, ce n'est pas tant l'état figé (et paralysant) hérité du passé que de se mettre en mouvement vers la lumière. La coopération avec la grâce consiste à faire ce premier pas, cet humble geste mais, parfois, si coûteux qui lui permet d'agir en nous. C'est l'ouverture du cœur, c'est le premier pas, c'est la demande plus ou moins maladroite (dont l’Évangile est remplie) qui compte.

La grande difficulté de l'exhortation, c'est qu'on a du mal à voir ce moment de conversion et de vérité. L'accueil inconditionnel des personnes est généreux mais ce qui n'apparaît pas ou mal, c'est la nécessaire conversion à la loi de sainteté et de rappeler que si elle part de la volonté, elle doit se manifester en acte. Mais j'aurais aussi insisté, non pas sur la pharisaïsme supposé des "tradis" mais sur l'universalité de ce chemin de conversion. Aussi aurait-il été plus juste de rappeler qu'il n'existe pas de familles parfaites, que le bonheur véritable, c'est compliqué et que chacun est amené à grandir et à changer en relation les uns avec les autres.

Ainsi, on aurait évité l'écueil de présenter la famille comme une institution abstraite mais comme le lieu concret d'éducation à la vie, à l'amour et au bonheur. Dans ce cas, fonder une famille devient un pari risqué mais ô combien exaltant sur un avenir incertain mais plein de promesse. Face aux aléas de l'existence, le "fiat" fondateur de la jeunesse, répété chaque matin et chaque soir que Dieu fait, est transcendé en annonciation du monde nouveau.

Bref, ce qui manque, c'est l'appel incessant des pasteurs à la conversion...
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