J’avais lu une recension...
Le Forum Catholique
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Vianney - 2016-04-16 14:33:50
J’avais lu une recension...
...de l’ouvrage (et de l’introduction de Messori), mais tout ce dont je me souviens, c’est que d’autres auteurs catholiques italiens (Socci en particulier) reprochaient à Messori de ranimer de vieilles querelles : avec le film de Spielberg, ils ont à présent bonne mine...
Sur son blog, Messori signale que, lorsque les troupes piémontaises entrèrent à Rome en 1870, une de leurs premières préoccupations fut d’aller “libérer” le “kidnappé”, et elles découvrirent avec consternation qu’il ne le voulait pas et qu’en fait il était prêtre : son prénom Pio était d’ailleurs un hommage à Pie IX. D’autres tentatives d’enlèvement incitèrent ses supérieurs ecclésiastiques à l’envoyer en Espagne, où il fut notamment visité par Don Bosco. Ce fut là que Don Mortara écrivit le mémoire que Messori a ressuscité et traduit de l'espagnol (Mortara était polyglotte : il pouvait prêcher en six langues différentes). L’ouvrage était sous-titré “notes historiques accompagnées d'une belle apologie envers le grand pontife de sainte et vénérée mémoire, écrites par le Révérend Père Pio Maria Mortara, chanoine régulier de saint Augustin, de la Congrégation du Latran.” C’est dans les archives romaines de cette congrégation que l’autobiographie a été retrouvée.
À propos de l’affaire Mortara, j’ai retrouvé un article de la revue Didasco (n° 59, septembre-octobre 1990). L’auteur, Pierre-Michel Bourguignon (†), cite entre autres une étude parue dans la Civiltà cattolica du 6 novembre 1858 :« Toute cette affaire Mortara, dont on a fait tant de bruit, est cependant fort simple. D’un côté l’Église ne permet de baptiser les enfants des parents infidèles malgré leur consentement, que dans le cas de mort imminente ; de l’autre, elle défend aux Juifs de prendre à leur service des femmes chrétiennes. Mais si le baptême a été conféré, elle ne peut laisser élever dans la haine de Jésus-Christ un enfant baptisé au nom du Sauveur, et elle le soustrait momentanément à la garde de ses parents jusqu’à ce qu’il ait l’âge suffisant pour pouvoir résister à la séduction. Le droit de l’enfant doit évidemment passer avant celui du père, qui n’a que des droits de protection et non de tyrannie. Dans l’affaire Mortara, les parents avaient violé la défense portée par la loi, ils s’exposaient donc volontairement aux conséquences, ils y consentaient par le fait même. Le baptême a eu lieu et la loi a été appliquée. Il n’y a pas autre chose dans toute cette affaire, et, pour les chrétiens, elle ne devrait présenter aucune difficulté. Mais il n’en a pas été ainsi, et le scandale excité à cette occasion n’a que trop montré à quel point on a perdu de nos jours les saines notions de la foi. »
V.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=802501