Excellente analyse

Le Forum Catholique

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Rodolphe -  2016-04-13 23:55:34

Excellente analyse

A ceci près:

-qu'Amoris laetitia n'a visiblement pas de réelle autorité magistérielle, comme le notait le Cardinal Burke, (cf. para. 3 "En rappelant que « le temps est supérieur à l’espace », je voudrais réaffirmer que tous les débats doctrinaux, moraux ou pastoraux ne doivent pas être tranchés par des interventions magistérielles" et para. 4 "...Pour cela, j’ai retenu opportun de rédiger une Exhortation Apostolique post-synodale pour recueillir les apports des deux Synodes récents sur la famille, en intégrant d’autres considérations qui pourront orienter la réflexion, le dialogue ou bien la praxis pastorale, et qui offriront à la fois encouragement, stimulation et aide aux familles dans leur engagement ainsi que dans leurs difficultés");

-qu'en affirmant qu'"il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite ‘‘irrégulière’’ vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante", elle ne vise pas expressément le cas des divorcés-remariés et ne contredit pas Familiaris Consortio qui fonde l'interdiction de l'accès de ces derniers à la communion sur l'existence d'une "contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Eglise".

J'ai toujours pensé que la communion des divorcés-remariés ne serait pas reconnue dans un document doctrinal. Je ne pense pas non plus qu'Amoris laetia constitue un "cheval de Troie" conçu pour obtenir sur le terrain pastoral ce qui est inatteignable sur le terrain doctrinal. J'y vois un document traduisant une authentique perplexité.

Elle transparaît dans le paragraphe 3 qui est assez surprenant:

"En rappelant que « le temps est supérieur à l’espace », je voudrais réaffirmer que tous les débats doctrinaux, moraux ou pastoraux ne doivent pas être tranchés par des interventions magistérielles. Bien entendu, dans l’Église une unité de doctrine et de praxis est nécessaire, mais cela n’empêche pas que subsistent différentes interprétations de certains aspects de la doctrine ou certaines conclusions qui en dérivent. Il en sera ainsi jusqu’à ce que l’Esprit nous conduise à vérité entière (cf. Jn 16, 13), c’est-à-dire, lorsqu’il nous introduira parfaitement dans le mystère du Christ et que nous pourrons tout voir à travers son regard. En outre, dans chaque pays ou région, peuvent être cherchées des solutions plus inculturées, attentives aux traditions et aux défis locaux. Car « les cultures sont très diverses entre elles et chaque principe général […] a besoin d’être inculturé, s’il veut être observé et appliqué »".

En définitive, la doctrine est sauve. De même, en pratique, c'est bien le statu quo. Les partisans de la communion des divorcés-remariés, qui sont déjà pour beaucoup passés à l'acte, ne trouveront pas dans cette exhortation d'éléments concluant permettant d'obtenir gain de cause. Quant aux partisans de l'"orthodoxie", ils peuvent continuer de se prévaloir de l'enseignement magistériel, mais n'obtiennent pas la condamnation formelle de la thèse libérale...

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