François a reçu les Poissons roses
Le Forum Catholique
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Jean Kinzler - 2016-03-02 17:03:15
François a reçu les Poissons roses
Les Poissons roses ont échangé à bâtons rompus avec le pape François
Mélinée Le Priol, le 02/03/2016 à 11h12 Envoyer par email
Une délégation des « Poissons roses », ce mouvement de chrétiens de gauche français, dont trois députés, a été reçue mardi 1er mars au Vatican.
Cette trentaine de personnes se sont longuement entretenues avec François, un pape qui les inspire.
« Des petits chercheurs à la rencontre d’un grand » : c’est dans cet état d’esprit que les Poissons roses, qui se disent volontiers « papistes », se sont rendus mardi 1er mars chez le pape François, à Rome. La rencontre s’est déroulée dans une ambiance complice et détendue à la Maison Sainte-Marthe, où le pape réside depuis son élection. L’entretien a duré une heure et demie… soit une heure de plus que ce qui était prévu.
Une trentaine de membres, dont 3 députés
« Nous avons balayé tant de sujets qu’il serait difficile de les résumer », assure Philippe de Roux, entrepreneur social et fondateur des Poissons Roses : la laïcité française, l’islam, les milieux populaires ou encore l’Europe ont été abordés.
Une trentaine de membres de ce mouvement chrétien proche du Parti socialiste étaient présents, dont trois députés : Dominique Potier, de Meurthe-et-Moselle (PS), Bruno-Nestor Azérot, de Martinique (Gauche démocrate et Républicaine), et Monique Rabin, de Loire Atlantique (PS). La délégation comprenait par ailleurs des entrepreneurs, étudiants, professeurs d’université… Le pape a eu des attentions « délicates » pour l’écrivain Karima Berger (de confession musulmane) et le député martiniquais qui étaient présents.
> Lire aussi : Les « chrétiens de gauche » se cherchent un avenir
« Croire est un droit »
« Loin de toute idée de récupération », ces socialistes chrétiens avaient sollicité l’entretien pour présenter au pape « un échantillon représentatif de cette gauche française qui appuie son action sur trois piliers essentiels : l’éthique, la justice et l’écologie ». Leur objectif était alors d’être « affermis dans leur action » par un pape dont ils admirent la force et la radicalité.
Selon les participants, celui-ci a fait preuve d’une grande proximité avec la France, dont il a décrit la laïcité comme un « bien commun ». Pour autant, a-t-il dit, cette laïcité ne peut pas avoir les Lumières pour seuls fondements, car « croire est un droit » et la religion n’est pas une sous-culture.
Peser sur le Parti socialiste
Créés en 2011 par des catholiques de gauche, les Poissons roses revendiquent un millier de sympathisants et espèrent en rassembler 20 000 à terme. Ils entendent peser sur le PS, à l’heure où ce parti n’attire plus que 8 % des votes des catholiques pratiquants et semble s’éloigner des valeurs chrétiennes, notamment sur les questions de société.
« La gauche est malade parce qu’elle découpe la justice en tranches », soutient Philippe de Roux. « Or la justice, c’est de défendre aussi bien l’ouvrier exploité du Bangladesh que l’enfant trisomique à naître ou la personne en fin de vie à l’hôpital. Soit le combat est global, soit il n’est pas. » Sur les questions économiques aussi, les Poissons roses s’opposent à l’ultralibéralisme, lui préférant une économie « mieux régulée ».
Mélinée Le PriolLC
et
Les « poissons roses » veulent réhabiliter la gauche chrétienne
François-Xavier Maigre, le 12/12/2011 à 16h37
L’association des « poissons roses », fondée par des catholiques proches des valeurs socialistes, espère rassembler 20 000 sympathisants pour peser dans les débats des élections présidentielles
Le manifeste des poissons roses ZOOM
Le manifeste des poissons roses / DR
Alors que les socialistes peuvent donner l’impression de s’éloigner des valeurs catholiques, notamment en matière de politique familiale, Philippe de Roux et Nestor Dosso entendent incarner le renouveau d’une pensée humaniste et spirituelle enracinée à gauche.
Le premier, entrepreneur de 37 ans, est un déçu de l’UMP dont il a été militant. Le second, de deux ans son aîné, responsable logistique d’un grand hôtel parisien et conseiller municipal à la culture dans une ville de l’Essonne, est en revanche un « militant PS de toujours ». Deux trajectoires unies autour d’une même conviction : « Choisir le PS n’est pas une posture, mais la soif de partager son héritage de justice sociale », comme le souligne leur manifeste.
Pour l’heure, ils ne touchent que 500 sympathisants, mais les deux acolytes espèrent rassembler à terme 20 000 « poissons roses », ainsi qu’ils se désignent. « Ce nom fait référence au symbole de “l’ichtus”, celui des premiers chrétiens, explique Philippe de Roux. Comme eux, nous vivons dans une société marquée par l’idée de destin sur lequel nous n’avons pas de prise. »
Refus de la fatalité
Le refus de la fatalité : un leitmotiv pour les deux fondateurs, qui placent l’homme au cœur de leurs engagements. Ancien élève de l’Essec, Philippe de Roux dirige une entreprise de réinsertion qui emploie 50 salariés et a fondé une ONG soutenant des projets sanitaires dans les bidonvilles de Manille. « Nous défendons une économie libérale mieux régulée », plaide l’entrepreneur, dubitatif face à des mesures d’austérité qu’il juge « injustes et inefficaces ».
« Nous ne sortirons de la crise qu’avec des mesures économiques fortes, en lien avec nos partenaires européens ». À ses yeux, la droite n’est « plus crédible » en matière de lutte contre l’idéologie libérale, car « trop liée à ce système ».
Les deux poissons roses nageraient-ils à contre-courant ? Ni « réserve d’Indiens » ni « citadelle assiégée », les chrétiens ont à se « redéployer dans le jeu démocratique », estime Philippe de Roux, jugeant parfaitement normal, et même rassurant, de voir « des tendances contradictoires » cohabiter au sein de l’Église, pourvu qu’elles s’expriment au sein de « partis modérés ».
Des chrétiens impatients de libérer leur parole
Cette modération, les poissons roses espèrent la porter au cœur du débat socialiste, y compris sur des sujets épineux : « Le nombre élevé d’avortements, par exemple, est aussi le fruit de la famille éclatée, de l’accueil difficile du handicap, de la pornographie de masse, du chômage… Notre objectif est de travailler sur les conditions économiques et sociales qui peuvent permettre de mieux accueillir les enfants à naître. On doit pouvoir se mettre autour d’une table et parler de tout cela calmement ».
« Nous sommes des chrétiens, impatients de libérer notre parole et d’être des artisans de justice et de paix. Nous voulons rassembler toutes les personnes de bonne volonté, croyantes ou non, car le message de l’Évangile est universel. »
François-Xavier MaigreLC
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