Espérons en effet que cela évolue dans cette direction.
Le Forum Catholique
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Scrutator Sapientiæ - 2016-02-29 06:50:50
Espérons en effet que cela évolue dans cette direction.
Bonjour et merci, Vassilissa.
1. Je crois comme vous
- qu'il y a bien plus urgent que de prolonger ce "pilpoul" interminable,
- qu'il vaut mieux consacrer tous ses efforts au "recevoir pour transmettre".
2. Même des théologiens plutôt partisans du Concile reconnaissent aujourd'hui, pour citer l'un d'entre eux, ce qui suit :
" Les dimensions et la complexité de l'événement et du corpus textuel de Vatican II, sont telles qu'il est difficile de déterminer avec précision en quoi ce Concile nous "lie". On doit reconnaître que, même parmi les THEOLOGIENS, ceux et celles de tous les continents, la connaissance du Concile reste assez SCHEMATIQUE. "
3. Certes, le théologien concerné, Christoph THEOBALD, n'en tire pas les mêmes conclusions que les catholiques traditionnels, mais le simple fait qu'il en vienne à écrire ces deux phrases constitue, après un demi-siècle d'idéalisation du Concile, une avancée non négligeable, sous l'angle de la reconnaissance du fait qu'il y a bien un problème de compréhension de ce que veut vraiment ce Concile. Et pour cause, si j'ose dire, puisque, au Concile, on a voulu des choses contradictoires : on a voulu à la fois convaincre et séduire, ou, si vous préférez, on a voulu à la fois évangéliser et consensualiser.
4. Je comprends par ailleurs ce que vous écrivez sur le caractère angoissant de la situation de tous ceux qui sont susceptibles d'être mis en demeure de se rallier à des textes, ou de mettre un terme à leurs critiques sur ces textes, alors qu'il apparaît chaque année un peu plus clairement
- que l'oecuménisme prôné par l'Eglise catholique est de plus en plus écartelé, entre orthodoxie et protestantisme, compte tenu de ce que certaines composantes du protestantisme sont en train de devenir,
- que le dialogue interreligieux, notamment en l'absence d'une véritable théologie catholique des religions non chrétiennes, a ouvert un boulevard à la théologie chrétienne du pluralisme religieux, qui n'est pas d'inspiration conciliaire, au sens le plus strict de ce terme, mais face à laquelle les partisans du Concile n'opposent guère de résistance,
- que la liberté religieuse, notamment en l'absence d'une documentation magistérielle rappelant clairement le sens chrétien de l'articulation et de la hiérarchisation entre vérité de la Parole divine et liberté de la conscience humaine, en matière religieuse, n'est toujours pas pleinement comprise, y compris au sein-même de l'Eglise, comme étant la liberté responsable en matière religieuse, ordonnée à la vérité révélée, et non affranchie de la vérité révélée,
- que l'accompagnement humanisateur du monde contemporain, tel qu'il est mis en forme et en valeur, dans la deuxième partie de Gaudium et Spes, est d'autant plus ambigu, ou d'autant moins opérant, que l'on persiste à ne pas voir que le fait de tourner le dos à Jésus-Christ, en tant que Fils unique du seul vrai Dieu, en tant que seul Médiateur et seul Rédempteur, en tant que seul Seigneur et seul Sauveur, constitue l'une des marques de fabrique spirituelle du même monde contemporain, au demeurant bien plus hédoniste qu'humaniste.
Le Concile Vatican II, c'est un peu comme le Traité de Rome : chacune de ces deux bannières semble vraiment être de plus en plus étiolée, y compris, reconnaissons-le, pour des raisons historiques à la fois extérieures et postérieures à chacun de ces deux ensembles de textes.
Merci beaucoup pour votre message et bonne journée.
Scrutator.
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