Le nom de Dieu est miséricorde
Le Forum Catholique
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Aigle - 2016-02-15 22:12:17
Le nom de Dieu est miséricorde
Je viens de lire le livre du Pape François.
J'ai du mal à en faire une critique complète d'une part parce qu'il s'agit d'un livre du pape d'autre part parce que je ne suis pas théologien. Je vous en propose une analyse personnelle très superficielle.
I - sur la forme
A - Premier point : le livre est court et de style oral (c'est une interview) mais cela en facilite plutôt la compréhension. Les citations des Écritures ou du magistère sont peu nombreuses mais bien adaptées au propos. Un livre pour le grand public plus que pour les experts me semble t il.
B- Second point : une grande sincérité se dégage de bout en bout. Le livre n'a pas été écrit par un "nègre " mais reflète bien la pensée du saint père et une pensée qui lui tient manifestement à cœur.
C- Bref on est loin des ouvrages philosophiques souvent difficiles d'accès de saint Jean Paul II . On est plus proche des ouvrages de vulgarisation du cardinal Ratzinger (le sel de la terre) à ceci près que l'expression du pape actuel est très ciblée sur un thème central et sans souci d'embrasser la totalité de la foi catholique. Ce qui peut parfaitement se comprendre.
II - sur le fond
À - Premier point : la doctrine me semble fort classique. Le saint père évoque le pêché originel, le pêché en général (avec citation de Pie XII à l'appui), la repentance nécessaire, la confession.
B - Il insiste peut être sur deux points : la nécessité pour le confesseur dAbsoudre dès que cela est possible.la nécessité pour l'église d'accueillir les exclus, les marginaux, les pêcheurs...il faut se préoccuper plus d'eux que des fidèles installes . C'est la parabole du bon pasteur.
Je crois comprendre qu'il y a pour lui une assimilation latente du pêcheur à l'exclus et au non pratiquant. Tandis qu'il y aurait un vrai risque de voir nos églises pleines de pratiquants hypocrites. Ou de pratiquants très rigides plus attachés à la forme qu'à la charité.
Je caricature peut être mais je crois qu'il divise le monde en deux : ceux qui souffrent hors de l'Eglise (les prostituées, les homosexuels) et les hypocrites dans l'Eglise ( mots très durs contre les patrons qui troussent leur soubrette ou qui fraudent le fisc ou violent le droit du travail alors qu'ils vont à la messe). Y sont adjoints les pélagiens qui sont fiers de leurs œuvres. Pour les premiers : miséricorde et pardon (si repentance mais cela ne semble pas poser de problème ). Pas pour les seconds puisqu'ils ne se repentent pas car dans leur aveuglement ils ne se reconnaissent pas pêcheurs.
C - il glisse rapidement sur les œuvres de miséricorde car elles sont à ses yeux évidentes : l'aide aux chômeurs, l'accueil des migrants, l'hébergement des SDF.
III- clefs de lecture
Les tres rares exemples concrets donnés par le saint Père permettent peut être de mieux comprendre son souci (parfaitement légitime d' ailleurs ). Il mentionne notamment
- sa nièce qui a épousé un divorcé qui se confessait régulièrement sans recevoir l'absolution
- un homme riche qui couchait avec sa femme de ménage alors qu'il récitait le rosaire quotidiennement
- un patron qui licencie ses salariés en fin de CDD pour ne jamais leur accorder de CDI.
Bref on a l'impression qu'il distingue les péchés (principalement sexuels - mais il y a aussi les vols) commis par les pauvres et qui sont pardonnables des péchés commis par les pratiquants et qui sont difficilement pardonnables (l'hypocrisie) et ceux commis par les riches et qui sont la parfaitement impardonnables.
Mon sentiment est donc que le saint Père a raison de nous inviter à accueillir les pauvres et les pêcheurs dans l'église et de nous mette en garde nous pratiquants contre la constante tentation et nous croire supérieurs, de nous croire saints. C'est probablement une doctrine très traditionnelle.
IV - mon humble avis
Cela dit, je me demande encore s'il s'agit bien Aujourd hui d'une problématique bien adaptée à la France. Les patrons catholiques violent ils le code du travail régulièrement ? Les riches catholiques volent ils le fisc ? Les catholiques pratiquants moins riches sont ils si sûrs d'être des saints ? Nous église sont elles fermées aux pauvres ?
J'ai l'impression que le saint Père à été très marqué par une certaine propagande anticléricale digne de Peponne présentant l'Eglise comme une association de riches très contents d'eux mêmes et qu'il combat cette situation. Peut être est ce adapté à l'argentine ? Peut être pense t il aux évangéliques qui seraient moins légalistes, moins rigides et plus ouverts qu'un clergé argentin trop formaliste mais il ne le dit pas.
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