L’abbé «au cœur d’or» et le vicaire collabo

Le Forum Catholique

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Jean Kinzler -  2016-01-27 13:10:03

L’abbé «au cœur d’or» et le vicaire collabo

A eux deux, ils représentent deux faces de la Seconde Guerre mondiale. L’abbé Emile Morel, curé de Saint-Hilaire à Saint-Maur, c’était la face courageuse et lumineuse : un sauveur d’enfants juifs, un « coeur d’or » sous une allure « extrêmement sévère » selon une paroissienne. L’abbé Robert Alesch, c’était la face sombre : il fut accusé et condamné à mort pour avoir dénoncé la Saint-Maurienne et Résistante Germaine Tillion et son réseau du Musée de l’homme.


Cette histoire si particulière est abordée dans une brochure récemment publiée pour aider à la rénovation de l’église un brin fatiguée.

À l’époque, Paule Lerou était une petite paroissienne d’à peine 10 ans. Elle allait au catéchisme, prenait les goûters préparés par l’abbé Morel : « C’était un homme assez bourru, raide. On lui donnait du M. le curé avec beaucoup de respect », se souvient celle qui est devenue historienne.

Après la guerre, « on a découvert que le père Morel avait permis à des enfants juifs de l’orphelinat voisin d’être hébergés clandestinement par des sœurs de Joinville et par des paroissiens en province », poursuit Jean-Pierre Bigel, secrétaire de l’association des amis de l’église Saint-Hilaire. Une action qui ne lui donne pas droit au statut de Juste parce qu’il n’a pas directement caché des enfants à son domicile.

Mais la communauté juive tient malgré tout à lui rendre hommage : une plaque sera apposée cette année sur un pan de l’église pour rappeler qu’au « moins 25 enfants ont été sauvés » : « Et il était d’autant plus méritant qu’il avait un traître dans son équipe avec Robert Alesch », justifie Michel Dluto, président de la communauté juive de La Varenne.Mais du « traître », peu ont conservé des souvenirs : « Je ne saurai même pas le reconnaître sur une photo. Est-ce que c’est inconscient ? », se demande Paule Lerou, avant de raconter l’horreur que fut la découverte des méfaits de l’agent de la police politique allemande : « Ça a été le drame de la paroisse. Imaginez ce qu’ont ressenti les gens qui avaient reçu les sacrements, qui avaient communié de sa main, qui s’étaient confiés à lui. Ça a été dramatique », répète-t-elle pour témoigner : « C’était ma jeunesse, je l’ai vécue et je veux qu’on continue d’en parler. »lp
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