La fidélité serait-elle coupable d'être de la néophobie ?
Le Forum Catholique
Imprimer le Fil Complet
Scrutator Sapientiæ - 2016-01-18 22:43:20
La fidélité serait-elle coupable d'être de la néophobie ?
Bonsoir Jean Kinzler,
J'ai peut-être mal lu cette méditation matinale, mais voici les quelques questions que je me pose.
1. Du point de vue du Pape François, la fidélité aux références inhérentes au christianisme catholique serait-elle coupable d'être de la "néophobie", aussi illégitime que telle ou telle autre "phobie" ?
2. Nous sommes en 2016, et le Pape François lui-même se montre parfois tout à fait fidèle à une conception historiciste et manichéenne qui consiste
- à placer dans le "bon" camp les catholiques "ouverts" sur "l'avenir" et sur "l'E-van-gi-le",
- à ranger dans le "mauvais" camp les catholiques "repliés" sur leurs "idoles" et sur leur "passé".
3. Or, il se trouve que cette conception historiciste et manichéenne a commencé à apparaître, dans le contexte français, en aval de la fin de la seconde guerre mondiale, à partir de 1945.
4. Donc, si je comprends bien,
- le Pape François, pour sa part, a le droit d'être fidèle à une conception, génératrice de divisions à l'intérieur de l'Eglise et de ruptures dans l'histoire de l'Eglise, une conception dont on peut trouver des traces dont certaines datent...de 1946 ?
- les catholiques qui ne sont pas positivement sensibles à cette conception, de leur côté, ne sont pas fondés, eux, à être fidèles à une tout autre conception, qui ne relève ni de la néolâtrie, ni de la néophobie, mais qui s'inspire de l'Ecriture et de la Tradition, et des "coordonnées" dogmatiques et liturgiques du catholicisme ?
5. En quoi le positionnement "franciscaniste", en ce qu'il a de spécifique, est-il inédit, innovant, sans précédent, dans l'histoire de l'Eglise ? Bien souvent, dans son principe, en pas grand-chose, si l'on veut bien se souvenir du fait que dès la fin des années 1940, des clercs
- dont la pensée prenait appui sur des idées globalement attribuables à un Chenu ou à un Teilhard, dans le contexte de l'Eglise de France,
- véhiculaient déjà des éléments de langage constitutifs de la vision des choses, pas si inédite ou innovante que cela, du Pape François...
6.
- Pourquoi donc la fidélité à des schémas mentaux qui, pour ce qui concerne le XX° siècle, ont commencé à faire leur apparition il y a 70 ans, serait-elle incontestablement et universellement légitime ?
- Pourquoi donc la fidélité à d'autres schémas mentaux qui, pour ce qui concerne le XXI° siècle, sont encore identifiables et localisables dans la pensée, les propos, de plusieurs évêques et cardinaux, serait-elle exclusivement et intégralement illégitime ?
Voilà les quelques questions que je me pose, alors que je suis en présence d'un texte qui ressemble fort à une actualisation "é-van-gé-li-que" du déploiement de la ligne de séparation, qui a fait tant de mal à l'Eglise, et qui a eu pour effet, voire pour objet,
- de survaloriser les catholiques qui se disent "confiants" en "l'avenir", mais qui ont une vision, fallacieusement "émancipatrice", du christianisme,
- de dévaloriser les catholiques que l'on dit "nostalgiques" du "passé", mais qui ont une vision, authentiquement "édificatrice", du christianisme.
Bonne nuit.
Scrutator.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=795563