Méditation avec le Précis de Théologie de Tanquerey

Le Forum Catholique

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ami de la Miséricorde -  2016-01-17 08:52:20

Méditation avec le Précis de Théologie de Tanquerey

2° La mortification, gardienne de la chasteté

11121. Pour éviter un tel malheur, il faut se demander de temps en temps si on ne reconnaît pas en soi quelques-uns des signes caractéristiques d'une amitié trop naturelle et sensible. Le P. de Valuy les résume ainsi : « Lorsque la figure d'une personne commence à captiver les yeux ou, que son humeur sympathique remue et fait palpiter le cœur. Des saluts tendres, des paroles tendres, des regards tendres, de petits présents redoublés... je ne sais quels sourires échangés plus éloquents que les paroles, un certain laisser aller qui tend peu à peu à la familiarité, des complaisances et des attentions étudiées, des offres de service, etc. Se ménager des entretiens secrets où nul œil, nulle oreille n'incommode ; les prolonger sans fin, les renouveler sans motif. Parler peu des choses de Dieu, mais beaucoup de soi et de l'amitié qu’on a l'un pour l'autre. Se louer, se flatter, s'excuser réciproquement. Se plaindre amèrement des avertissements des supérieurs, des obstacles qu'ils mettent aux entrevues, des soupçons. qu'ils paraissent former... Dans l'absence de la personne, éprouver de l'inquiétude et de la tristesse. Etre distrait dans ses prières par son souvenir, la recommander quelquefois à Dieu avec une ferveur extraordinaire, avoir son image profondément gravée dans l'âme, en être préoccupé le jour, la nuit, en songe même. Demander avec grand soin où elle est, ce qu'elle fait, quand elle reviendra, si elle n’a point d'affection pour un autre. Entrer à son retour dans les transports d'une joie inaccoutumée. Souffrir une sorte de martyre, quand il faut de nouveau s'en séparer. Avoir recours à mille expédients pour faire naître l'occasion de se rapprocher » (Vertus religieuses, p. 73-74). Qu'on ne se rassure pas sur la piété des personnes avec lesquelles on se lie : car plus elles sont saintes, plus elles sont attrayantes. Par ailleurs ces personnes s'imaginent que l'affection qu'on a pour un prêtre n'a rien de dangereux, et elles s'y laissent aller sans crainte ; il faut donc que le prêtre sache les tenir à une distance respectueuse.

3° L'Application aux études et devoirs d’état

1122. L'une des mortifications les plus utiles est de fuir l'oisiveté, en s'appliquant avec ardeur aux études ecclésiastiques et à l'accomplissement fidèle des devoirs d'état. Par là on écarte les dangers de l'oisiveté : « multam malitiam docuit otiositas » (Eccli., XXXIII, 29). Pour un démon qui tente une personne occupée, il y en a cent qui tentent une personne oisive. Que faire en effet lorsqu'on ne s'occupe pas d'une façon utile ? On rêve, on lit de la littérature légère, on fait des visites longues, on entretient des conversations plus ou moins dangereuses, l'imagination se remplit de vains fantômes, le cœur se laisse aller à des affections sensibles, et l'âme, ouverte à toutes les tentations, finit par succomber. Au contraire, quand on s'absorbe dans l'étude ou les œuvres du ministère, l'esprit se remplit de bonnes et salutaires pensées, le cœur se porte vers de nobles et chastes affections ; on ne pense qu'aux âmes ; et la multiplicité même des occupations nous met dans l'heureuse nécessité de n'avoir aucune intimité avec telle ou telle personne. Si, à un moment donné, la tentation se présente, la maîtrise qu'on a acquise sur soi-même par un travail assidu, permet de faire diversion beaucoup plus rapidement : l'étude, les œuvres nous réclament, et on s'arrache vite aux rêveries pour s'occuper des réalités qui absorbent le meilleur de notre vie.

Source : Précis de Théologie Ascétique et Mystique de Tanquerey,
Desclée and Co, 1923

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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