Le Forum Catholique
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Denis Merlin - 2015-12-20 07:05:09
Distinguons pour unir
« La notion de gouvernement renvoie lato sensu à l’exécutif d'une entité étatique... Par ailleurs, un "gouvernement" n'exerce pas son autorité sur des entités souveraines. Certains Etats fédéraux se sont bien essayés à entretenir pareille fiction, mais sans succès. Il est acquis que dès lors que l'Etat fédéral est souverain, les états fédérés ne peuvent pas l'être. En conséquence, l'établissement d'un "gouvernement mondial", s'insérant nécessairement dans une structure néo-étatique mondiale, induirait forcément une perte de souveraineté des pays qui s'y soumettraient. »
Selon le doyen Vedel le gouvernement se définit ainsi :
4. ... si l'on considère le niveau auquel s'exercent les tâches, on distinguera le Gouvernement, ensemble d'organes supérieurs participant à l'autorité politique (…)
La notion de « gouvernement » ne « renvoie [pas toujours] à l’exécutif d’une entité étatique ». Le gouvernement c’est un organe supérieur qui participe à l’autorité politique. Dans un certain sens, le gouvernement n’est donc pas toute l’autorité politique, il n’est même pas tout l’exécutif.
Je me réclame de l’autorité du doyen Vedel.
« Or, le compendium souligne bien que l'autorité publique universelle qu'il préconise ne saurait être assimilée à un "super-Etat". Il ressort également du paragraphe 435 du compendium qu'il ne s'agit pas non plus de nier la souveraineté des Etats, qui est considérée comme une "expression de la liberté"...
Dans ces conditions, on ne peut, en droit, assimiler l'autorité publique universelle préconisée dans la DSE à un "gouvernement mondial", tout simplement parce que la DSE ne prévoit pas la mise en place d'une structure néo-étatique mondiale! »
Vous confondez gouvernement et État. (Vous serez bien aimable de ne pas abuser des sigles et d’écrire doctrine sociale de l’Église, plutôt que « DSE », cela facilitera la lecture de vos textes).
D’autre part vous semblez tenir pour évident qu’un gouvernement est un État. Pour moi une autorité n’absorbe ni les structures, ni les individus qu’elle gouverne. Un gouvernement n’est pas un État. De plus il n’exerce son autorité que dans certains domaines et laisse aux structures et aux individus leurs souverainetés dans certains autres domaines. Il en serait de même de l’autorité mondiale que je me permets (avec ou sans votre autorisation) gouvernement mondial.
« Ce n'est pas une polémique inutile, car vos propos imprécis, et passablement provocateurs sur ce forum, laissent à penser que l'Eglise souhaiterait la fin des souverainetés, alors que c'est tout le contraire. Elle se prononce en faveur de la liberté et de l'indépendance des Etats (para. 434-435). Ainsi, vous prêtez inutilement le flanc à toute une série d'attaques sur la collusion supposée entre l'Eglise "post-conciliaire" et le complot "mondialiste"... »
Merci de bien vouloir ne pas employer de termes méprisants et d'ailleurs contraires à la vérité. J'ai 67 ans.
Au contraire, j’ai bien souligné que ce gouvernement mondial devait être institué et s’exercer dans certaines conditions énoncées dans le Compendium.
Soit il y a une autorité mondiale il y aura pour cette autorité pouvoir de commandement . Sinon si elle n’a pas le pouvoir de commandement, ce ne sera plus une autorité. Cette autorité consentie n’enlèvera pas leur indépendance aux États dans leurs domaines. Le lien de subordination ne devra en aucun cas nier ou limiter l’indépendance des États. Mais qui dit autorité, dit lien de subordination.
Pour établir cette autorité mondiale, les États renonceront à leur souveraineté librement (§ 435.2 du Compendium) en vue d’un objectif commun qui est la paix fondée sur « la vérité, la justice, la charité et la liberté » (Pacem in terris). Cette autorité mondiale sera le fruit d’une convention. De ce fait, elle ne niera pas l’indépendance des États.
L’autorité, c’est, selon Pacem in terris 47, « le pouvoir de commander selon la droite raison ». Or le pouvoir de commander est confié au gouvernement. Je me reconnais en conséquence le droit de parler de « gouvernement mondial ».
Maître, libre à vous de polémiquer au sujet de ce terme et de distinguer l’autorité mondiale du gouvernement mondial. Je me reconnais la liberté d’employer ce terme car je ne confonds pas le gouvernement avec l’État. Je ne crois pas qu’une autorité librement consentie cesse d’être un pouvoir (parce que l’on doit respecter ses engagements). Je ne juge pas qu’une autorité nie nécessairement l’indépendance de ses sujets. Ainsi les parents sont une autorité. Ils l’exercent sur leurs enfants. Mais ne nient pas pour autant l’indépendance de leurs enfants dans leurs domaines (par exemple le choix du conjoint).
Bref… je ne vous dénie pas la qualité de maître qu’il me semble que vous revendiquez à mon égard. Mais laissez moi ma liberté. Soyez maître, mais ne soyez pas tyran. Je continuerai donc d’employer le terme de gouvernement mondial pour qualifier l’autorité publique à compétence universelle.
Un gouvernement mondial, c’est ce que décrit saint Jean XXIII :
« 137 - De nos jours, le bien commun universel pose des problèmes de dimensions mondiales. Ils ne peuvent être résolus que par une autorité publique dont le pouvoir, la constitution et les moyens d'action prennent eux aussi des dimensions mondiales et qui puisse exercer son action sur toute l'étendue de la terre. C'est donc l'ordre moral lui-même qui exige la constitution d'une autorité publique de compétence universelle. »
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