Pauvre saint Thomas

Le Forum Catholique

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baudelairec2000 -  2015-11-04 00:33:23

Pauvre saint Thomas

encore un copier-coller qui dispense un liseur de réfléchir; quel est le rapport entre l'ADN et l'immortalité et la spiritualité de l'âme humaine?

La science peut toujours s'accrocher, elle ne peut arriver, en raison de son angle de vue, à démontrer le caractère immortel ou spirituel de l'âme, a fortiori le fait qu'elle a été créée.

Quelques précisions sur la nature et l'origine de l'âme, que j'emprunte à Roger Verneaux (Philosophie de l'homme) pour faire concis:


- Chaque âme humaine est immédiatement créée par Dieu (Ia pars, q. 90 et 118). L'âme d'un enfant ne peut provenir du corps de ses parents, puisqu'elle est spirituelle: impossible à la matière de produire un effet non matériel.Un esprit ne peut provenir de la transformation de la matière Elle ne peut provenir non plus de l'âme des parents, parce qu'elles sont simples et ne peuvent se diviser. Reste donc que l'âme soit créée par Dieu, car lui seul est capable de donner l'existence à un esprit (cf. La Genèse: "Et Dieu créa l'homme à son image; il l'a créé à l'image de Dieu". "Dieu forma l'homme de la poussière du sol, et il soufla dans ses narines un souffle de vie, et l'homme devint un être animé.")

Evidemment la création n'exclut pas la causalité humaine: un homme engendre un autre homme, mais cette génération requiert une intervention spéciale de Dieu comme lors de la création du premier homme.

- L'âme humaine ne préexiste pas au corps. Si l'âme est par nature la forme du corps, elle serait sans raison d'être si elle existait avant de vivifier ou d'animer un corps. L'âme est le principe de vie ou d'animation du corps.

- L'âme est créée au moment où elle est infusée dans le corps. Quel est ce moment? Ce peut être soit l'instant de la conception, soit le moment où l'enfant est apte à vivre.
La première hypothèse a pour elle sa simplicité: le corps de l'enfant est organisé progressivement par son âme présente en lui dès l'origine. L'avortement apparaît donc comme un homicide.
La seconde hypothèse a pour elle d'être plus conforme à la définition de l'âme: acte premier d'un corps organisé ayant la vie en puissance. De là résulte en effet que l'âme suppose une certaine organisation du corps; elle ne peut donc être infusée que lorsque le corps est assez organisé pour pouvoir la recevoir. Dans ce cas, l'avortement n'est pas toujours un assassinat; mais comme il rend impossible le développement naturel de la vie, il s'y apparente de très près.

St. Thomas admet une succession d'âmes dans l'embryon: d'abord une âme végétative, remplacée par l'âme sensitive qui laisse la place à une âme humaine (rationnelle). Cela a pour conséquence pour le Docteur Commun qu'il n'y a qu'une seule âme en chaque homme : car c'est le même être qui vit, qui sent et qui pense; l'âme rationnelle, intellective ou spirituelle accomplit les fonctions inférieures sans s'y absorber. Deuxième conséquence: l'âme est présente toute entière à tout le corps et à chaque partie du corps, puisqu'elle en est l'acte ou la forme. Elle le fait vivre, sentir et ressentir. Cela n'entraîne pas qu'elle soit présente dans toutes les parties du corps de la même manière et selon la totalité de ses énergies.

L'Eglise, quand elle ordonne que le foetus, en cas d'avortement, soit baptisé non pas sous condition, mais "absolument", rejette cette opinion de Saint Thomas, mais elle n'en fait pas un dogme, elle donne une directive pratique qui semble indiquer une prise de position théorique; quand elle admet la présence de l'âme humaine dès l'instant de la conception, elle tient cette opinion pour plus probable que l'autre.


Dernière précision: la matière est principe d'individuation; même si l'animation du corps se faisait en plusieurs étapes, il n'en reste pas moins que la matière corporelle serait dès son origine individuelle.

baudelairec2000 qui réalise, vu l'heure tardive, qu'il a un corps qui se fatigue...


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