Méditation avec le Précis de Théologie de Tanquerey

Le Forum Catholique

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ami de la Miséricorde -  2015-10-21 10:37:03

Méditation avec le Précis de Théologie de Tanquerey

IV. L'Avarice

895. 2° Sa malice. A) L'avarice est une marque de défiance à l'égard de Dieu, qui a promis de veiller sur nous avec une sollicitude paternelle, et de ne nous laisser jamais manquer du nécessaire pourvu que nous ayons confiance en lui.
Il nous invite à regarder les oiseaux du ciel, qui ne sèment ni ne moissonnent, les lis des champs qui ne travaillent ni ne filent, non pas certes pour nous encourager à la paresse, mais pour calmer nos préoccupations, et nous inviter à la confiance à l'égard de notre Père céleste (Matth., VII, 24-34). Or l'avare, au lieu de mettre sa confiance en Dieu, la met dans la multitude de ses richesses, et fait injure à Dieu, en se défiant de lui : « Ecce homo qui non posuit Deum adjutorem suum, sed speravit in multitudine divitiarum suarum et prævaluit in vanitate sua » (Ps. LI, 9). Cette défiance est accompagnée d'une trop grande confiance en soi-même, en son activité personnelle : on veut être sa providence, et ainsi on tombe dans une sorte d'idolâtrie, faisant de l'argent son dieu. Or nul ne peut servir deux maîtres à la fois, Dieu et la Richesse : « non potestis Deo servire et mammonæ » ( Matth., VI, 24).
Ce péché est donc grave de sa nature pour les raisons que nous venons d'indiquer ; il l'est aussi lorsqu'il fait manquer aux devoirs graves de la Justice, par les moyens frauduleux dont on se sert pour acquérir et détenir la richesse ; de la charité, quand on ne fait pas les aumônes nécessaires ; de la religion, quand on se laisse tellement absorber par les affaires qu'on laisse de côté ses devoirs religieux. Mais il n'est que faute vénielle lorsqu'il ne nous fait manquer à aucune des grandes vertus chrétiennes, y compris nos devoirs envers Dieu.

896. B) Au point de vue de la perfection, l'amour désordonné des richesses est un obstacle très grave. a) C'est une passion qui tend à supplanter Dieu dans notre cœur : ce cœur, qui est le temple de Dieu, est envahi par toutes sortes de désirs empressés pour les choses de la terre, d'inquiétudes, de préoccupations absorbantes. Or, pour s'unir à Dieu, il faut vider son cœur de toute créature, de toute préoccupation terrestre ; car Dieu veut tout l'esprit, tout le cœur, tout le temps et toutes les forces de ses chétives créatures. Il faut surtout le vider de l'orgueil ; or l'attache aux richesses développe l'orgueil, parce qu'on a plus confiance en ses richesses qu'en Dieu. Attacher son cœur à l'argent, c'est donc mettre un obstacle à l'amour de Dieu ; car là où est notre trésor, là aussi est notre cœur. Le détacher, c'est ouvrir à Dieu la porte de notre cœur : une âme dépouillée des richesses est riche de Dieu même : toto Deo dives est. b) L'avarice conduit aussi à l'immortification et à la sensualité : quand on a de l'argent et qu'on l'aime, on veut en jouir et se procurer beaucoup de plaisirs ; ou, si l'on se prive de ces plaisirs, on attache son cœur à l'argent. Dans l'un et l'autre cas, c'est une idole qui nous détourne de Dieu. Il importe donc de combattre ce triste penchant.

Source : Précis de Théologie Ascétique et Mystique de Tanquerey,
Desclée and Co, 1923

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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