Lire jusqu'au bout !

Le Forum Catholique

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Lycobates -  2015-09-10 12:45:18

Lire jusqu'au bout !

Je vous conseille de lire mon message jusqu'au bout, et de lire aussi CECI.

Malheur, certes.
Au risque de choquer les âmes sensibles très attachées à la personne du pape Pie XII (on peut les comprendre, vu la suite, mais il faut raison garder), je maintiens qu'il n'y a pas de doute qu'après saint Pie X les trois papes qui l'ont suivi n'ont pas été à la hauteur de leur tâche, à l'exception du pape Pie XI.
Mais je ne les accablerai pas outre mesure, sans taire ce qu'il faut dire en justice, car les deux autres pontificats ont été marqués par les deux guerres mondiales, ce qui a relégué la théologie au deuxième plan. À tort, évidemment. Mais ces deux papes furent juristes et diplomates, ce n'est pas un hasard : élus en 1914 et en 1939, pas d'abord théologiens, biblistes ou liturgistes. On en fait les frais encore aujourd'hui. (Même si leur pontificat a probablement pu servir à faire survivre l'Église matériellement ces deux guerres sans trop de dégâts, encore que : quid prodest homini si mundum universum lucretur animae vero suae detrimentum patiatur?)

On peut parfaitement refuser les "travaux" de la Commission Bugnini et ignorer les textes de la Congrégation des Rites y afférant, depuis 1955, surtout lorsqu'ils restent largement optatifs (comme cette Instructio de 1958), ou se veulent temporaires ou de transition (comme la simplification des rubriques de 1954-55, et même la Semaine Sainte, encore "réformée" par après), sans que cela ne mette en cause la légitimité du Pape.
Il ne s'agit pas ici d'hérésie formelle et notoire, mais il s'agit bien d'un (grave) manquement de prudence et de diligence dans l'ordre pratique, et, dans le chef de certains, d'une mentalité janséniste et schismatique. Je ne crois pas du Pape en personne, mais il a (trop) laissé faire.
Cela mettrait certes en alerte le postulateur de sa cause, que certains voudraient introduire (si c'était possible aujourd'hui, très à tort à mon avis), mais cela ne met pas en cause le pontificat en tant que tel, faible dès le début (la malheureuse guerre aidant), affaibli encore davantage vers la fin (la maladie aidant), glorieux certes jusqu'au bout par son éclat extérieur, mais rongé à l'intérieur par une infiltration sous-terraine du modernisme, non saisie et non maîtrisée par le Pape, et favorisée par une politique de gestion des effectifs catastrophique, au niveau romain comme au niveau des diocèses et des universités et séminaires. Le "succès" du Vatican d'Eux et des réformes qui ont suivi, presque sans coup frémir, s'explique par cela.

(De plus, un autre point parfois évoqué dans la littérature et peut-être à raison : nous n'avons pas les moyens à notre disposition pour établir si le pape Pie XII, très malmené par les charlatans (Galeazzi-Lisi et C° : on en a parlé dans un autre fil) par lesquels il entourait son auguste personne pour la "soigner", était oui ou non pleinement compos sui après sa très grave maladie, presque mortelle, suivie d'un rétablissement temporaire, de 1954-55.
Tout cela n'a plus d'importance là où nous en sommes.)
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