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Et voici que le premier être humain, l’homme, donne à sa femme le nom d’Ève, « parce qu’elle a été la mère de tous les enfants » (Gn 3, 20), lorsqu’il avait déjà entendu les paroles du jugement qui déterminait la perspective de l’existence humaine « à l’intérieur » de la connaissance du bien et du mal. Cette perspective est confirmée par les paroles : « Tu retourneras à la terre car c’est d’elle que tu as été tiré : tu es poussière et tu retourneras en poussière ! » (Gn 3, 19.)
Le caractère radical de ce jugement est confirmé par l’évidence des expériences de toute l’histoire terrestre de l’homme. L’horizon de la mort s’étend sur toute la perspective de la vie humaine sur terre, vie qui a été insérée dans ce cycle biblique originel de la « connaissance-procréation ». L’homme qui a enfreint l’alliance avec son Créateur en prenant le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal se trouve détaché par Dieu Yahvé de l’arbre de la vie : « Maintenant qu’il ne tende pas la main pour prendre aussi de l’arbre de vie en manger et vivre à jamais. » (Gn 3, 22.) Ainsi, la vie donnée à l’homme dans le mystère de la création n’a pas été enlevée mais réduite par les limites de la conception, de la naissance et de la mort et, en outre, aggravée par la perspective de la culpabilité héréditaire ; cependant, dans un certain sens, elle est de nouveau donnée comme tâche dans le même cycle qui revient toujours. La phrase : « Adam s’unit à Ève ( « il connut »), sa femme, qui conçut et enfanta » (Gn 4, 1), est comme un sceau imprimé dans la révélation originelle du corps à « l’origine » même de l’histoire de l’homme sur terre.
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Au premier plan reste au contraire le fait que « Adam s’unit à Ève (« il connut »), sa femme, qui a conçu et qui a enfanté ». C’est précisément là le seuil de l’histoire de l’homme. C’est son « origine » sur la terre.