La référence au Concile a-t-elle encore de l'avenir ?
Le Forum Catholique
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Scrutator Sapientiæ - 2015-06-05 07:46:22
La référence au Concile a-t-elle encore de l'avenir ?
Bonjour à tous,
Nous sommes début juin 2015, donc six mois avant le 50° anniversaire de la clôture du Concile Vatican II. Et j'ai l'impression que presque personne n'en parle...
1. Il y a déjà quelques mois, je me suis procuré cet ouvrage :
Ici.
Ici..
Ici...
2. Au début de ce livre, c'est-à-dire au bas de la page 7 et au haut de la page 8, je suis "tombé en arrêt", au contact de ce qui suit :
- " les dimensions et la complexité de l'événement et du corpus textuel de Vatican II sont telles qu'il est difficile de déterminer avec précision en quoi ce Concile nous "lie" " ;
- " au regard des recherches historiques et théologiques qui, ces dernières années, ont franchi de nouveaux seuils, on doit reconnaître que, même parmi les théologiens, ceux et celles de tous les continents, la connaissance du Concile reste assez schématique, de sorte qu'il risque de fonctionner de plus en plus comme un mythe " ;
- " ne serait-il pas plus facile d'envisager l'avenir du christianisme sur notre globe selon une perspective plus radicalement pluraliste, laissant l'identité chrétienne se déployer selon le génie propre de telle ou telle communauté culturellement située aux prises avec nos seules Ecritures inspirées ? "
Si ce qui précède est vrai, je ne vois pas très bien en quoi la référence au Concile Vatican II pourrait avoir de l'avenir, ni pourquoi elle devrait avoir de l'avenir.
3. Non sans une certaine franchise, l'auteur n'accuse pas l'après-Concile, la réception du Concile, ni ceux qui ne sont ni historiens, ni théologiens, d'être à l'origine
- du fait " qu'il est difficile de déterminer avec précision en quoi ce Concile nous "lie" ",
- du fait " que la connaissance du Concile reste assez schématique, de sorte qu'il risque de fonctionner de plus en plus comme un mythe ",
- du fait qu'il serait probablement " plus facile d'envisager l'avenir du christianisme sur notre globe selon une perspective plus radicalement pluraliste ", si tant est, je l'ajoute, que Notre Seigneur Jésus-Christ nous demande quoi que ce soit de FACILE...
4. Non sans une certaine franchise, l'auteur constate que
- " les dimensions et la complexité de l'événement et du corpus textuel de Vatican II, (EN EUX MEMES), sont telles qu'il est difficile de déterminer avec précision en quoi ce Concile nous "lie", "
- " on doit reconnaître que, même parmi les THEOLOGIENS, ceux et celles de tous les continents, la connaissance du Concile reste assez SCHEMATIQUE, "
- " qu'il serait (probablement) plus facile d'envisager l'avenir du christianisme sur notre globe selon une perspective plus radicalement pluraliste, en laissant l'identité chrétienne se déployer selon le génie propre de telle ou telle communauté culturellement située aux prises avec nos seules Ecritures inspirées "
...
que de continuer à faire référence au Concile Vatican II, comme si celui-ci était avant tout porteur d'une "normativité", alors que, selon le même auteur, Vatican II est avant tout porteur d'une "pastoralité".
"C'est ce que maints traits de notre monde post-moderne et toute la nébuleuse pentecostale et évangéliste semblent suggérer."
5. De cette vision des choses découle en substance la vision selon laquelle il faut aller
- de "l'herméneutique de la réforme", soupçonnable, car susceptible de vouloir donner une vigueur à la dimension normative du Concile,
- à "la réforme de l'herméneutique", propice à la réactivation de la dimension pastorale du Concile...
...cette dimension pastorale étant, selon l'auteur, d'inspiration "pentecostale", pour ne pas dire "évangélique", pour ne pas dire... actuellement concrétisée par le pontificat du Pape François.
7. Le futur Benoît XVI considérait que Gaudium et Spes représentait, pour ainsi dire, une approche, un document, d'inspiration (semi)pélagienne, tandis que le Pape François a plutôt tendance à traiter de pélagiens les catholiques qui ont eux-mêmes plutôt tendance à réprouver G S, ou, en tout cas, à ne pas souscrire à cette approche, à ce document ; je crois que cela en dit assez long sur l'absence de continuité, ou de sérieux, qui caractérise certaines de ces appréciations, mais l'essentiel est ailleurs.
8. L'essentiel est qu'un théologien qui fait actuellement autorité reconnaît publiquement
- que le Concile ne fait (toujours) pas autorité, ou que Vatican II ne porte (vraiment) pas en lui une identité, remarquable et spécifique, qui fasse vraiment autorité, et ce pour des raisons endogènes, propres au Concile lui-même,
et
- que malgré les efforts de bien des historiens, de bien des théologiens, la référence au Concile, la référence à Vatican II, risque de plus en plus d'être la référence à UN MYTHE, ce qui constitue une accusation, ou une constatation, d'un certaine gravité.
Cela a un petit côté : "dépassons le dépassement, de l'amont vers l'aval, pour retrouver son inspiration initiale", mais cela a aussi un petit côté : "avec les années, il apparaît clairement qu'il est de plus en plus difficile de prendre appui sur un Concile qui, pour des raisons intrinsèques, diffuse plus de nébulosité qu'il ne propage de luminosité".
Je crois que c'est à méditer.
Bonne journée.
Scrutator.
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