Moi qui croyais qu'il ne fallait pas sombrer dans l'autoréférentialité...
Le Forum Catholique
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Scrutator Sapientiæ - 2015-05-28 23:17:21
Moi qui croyais qu'il ne fallait pas sombrer dans l'autoréférentialité...
Rebonsoir,
1. Imaginons un seul instant que le Pape François approuve, ou, en tout cas, ne désapprouve pas, ces manifestations de créativité, qui ne peuvent aboutir qu'à un christianisme catholique sans interdits ni prescriptions, sans normativité canalisatrice et configuratrice, dans le cadre duquel l'individu, surtout s'il se situe, dans son croire ou dans son agir, dans son état d'esprit ou dans son état de vie, à la périphérie de ce qui est au centre, aura toujours raison, contre l'institution ecclésiale...
2. Il se trouve que ces manifestations de créativité théologiennes, épiscopales, ressemblent fort à de l'autoréférentialité, affichée et assumée ; en tout cas, on ne voit pas très bien en quoi elles prennent appui sur l'Ecriture, la Tradition, le Magistère, mais on voit très bien en quoi elle prennent appui sur une volonté d'adapter l'Eglise catholique à la mentalité et à la moralités, contemporaines et dominatrices, qui sont aujourd'hui inspirées par l'esprit du monde.
3. Le Pape François, dès l'An I de son pontificat, s'en est pris, à plusieurs reprises, aux catholiques qui s'adonnent ou succombent à l'autoréférentialité ; si les mots ont, notamment pour ce Pape, tout leur sens, et si le Pape François a le double souci de la cohérence et de la pertinence, il ne peut que s'en prendre à cette manifestation, à ces manifestations, d'autoréférentialité.
4. Mais je pense que pour lui il y a
- la bonne autoréférentialité, celle de ceux qui, avec son approbation, ou sans sa réprobation, veulent prendre leur revanche, tardive, sur un tiers de siècle de recentrage,
et
- la mauvaise autoréférentialité, qui est en fait une hétéro-référentialité, celle de ceux qui s'efforcent de croire, d'espérer, d'aimer, dans la fidélité non "périphériste", ni "miséricordiste", au Credo, au Notre Père, au Décalogue, et aux sacrements.
5. Le Concile Vatican II peut-il encore être accusé de tous ces maux, par les uns, peut-il encore servir de caution magistérielle, pour les autres, alors qu'il n'a ni proscrit, ni, surtout, prescrit, l'adhésion globale à l'antichambre intellectuelle du courant de pensée, à mon avis, le postmodernisme, dont il est question ici ?
6. A qui fera-ton croire qu'un Jean XXIII, un Paul VI, ont vraiment voulu cela ? A qui fera-ton croire qu'un Balthasar, un de Lubac, voire un Congar, sinon un Rahner, ont jamais eu cela en tête ?
7. Pour ma part, mais peut-être à tort, je reconnais dans cette affaire l'influence d'un mode de raisonnement postmoderne, plus herméneutiste que théologique, dont on trouve certains signes annonciateurs dans "Un nouvel âge de la théologie", de Claude GEFFRE.
8. Il s'agit d'un ouvrage paru en 1972, mais qui comporte des articles dont les premiers ont été rédigés et publiés à partir de 1969. Je suggère ce point de repère, parmi d'autres possibles (beaucoup plus en rapport avec ce dont il est question ici), à toutes fins utiles.
Bonne nuit.
Scrutator.
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