Simple hommage

Le Forum Catholique

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Abbé Néri -  2015-05-26 18:16:41

Simple hommage

Nous célébrons aujourd’hui la fête de un grand saint que j’admire énormément et dont j’ai l’honneur de porter le nom. C’est dans un esprit de piété et de reconnaissance vers la divine Providence que je l’offre ce simple hommage.

Saint Philippe s’employa d’abord dans les hôpitaux de Rome, notamment ceux de Saint Jean et du Saint-Esprit, où il acquit une solide compétence d’infirmier. Mais à côté de ceux qui souffraient dans leur corps, il découvrit ceux qui souffraient dans leur cœur, et il comprit que leur véritable mal, c’était surtout l’oubli de Dieu.

Il serait superflu de dire à quel point aujourd’hui ce mal est répandu parmi nous.

Aux âmes mortes, saint Philippe apportait chaleur et simplicité, ce qui était la manifestation de l’amour qui brûlait en lui. Ce qui est le propre du bien, selon l’axiome bien connu : « Bonum difusivum sui ». Sa charité rayonnante lui attira des nombreux disciples qui constituèrent autour de lui « l’Oratoire ».

Les plus grands, les plus riches, renonçaient soudain à leurs fastes, si bien que saint Philippe devait les ramener à un juste équilibre compatible avec leur situation sociale. En effet, pour lui ;

En 1575, le pape Grégoire XIII émit une bulle qui assignait un siège à l’Oratoire dans l’église de Santa Maria in Vallicella, située au centre de Rome. De plus, la bulle érigeait à perpétuité, “une congrégation de prêtres et de clercs séculiers, nommée Oratoire.”

C’était une grande nouveauté que l’introduction, dans l’Église, d’une congrégation masculine fondée sur l’exercice de la charité, sans imposer l’obligation des vœux.

Le 4 février de la même année 1575, naissait en France Pierre de Bérulle, le futur fondateur de l’Oratoire de France, lequel s’inspirera fortement des méthodes du saint florentin. Entre temps, saint François de Sales avait suivi une voie comparable à celle de l’Oratoire de Rome, en rassemblant à Thonon, en Savoie, un groupe de prêtres, dans l’intention de s’opposer à l’hérésie calviniste.

Ainsi curieusement, par l’intermédiaire de saint François de Sales et de Bérulle, saint Philippe Néri se trouve être à l’origine de l’École Française de spiritualité.

Le trait principal de la personnalité de saint Philippe Néri est sa bonne humeur et sa gaieté. Cela était bien nécessaire à celui qui devait s’attaquer d’abord à l’orgueil de ceux qui venaient à lui.

La joie et l’humilité... Et l’on voyait autour de lui les caractères les plus orgueilleux changer de nature et, grâce à l’exemple et à l’humble générosité du maître, se transformer en oubliant leur amour-propre et en désirant accueillir pleinement l’amour que Dieu leur offrait.

Les plus grands, les plus riches, renonçaient soudain à leurs fastes, si bien que saint Philippe devait les ramener à un juste équilibre compatible avec leur situation sociale. En effet, pour lui ;“mortifier une passion quelque modeste qu’elle soit, est bien plus profitable que la multiplication des jeûnes ou des disciplines.”

Saint Philippe était toujours joyeux, car il savait que ce qui est enseigné dans la joie marque les cœurs profondément et devient ferment de vie, même chez les religieux les plus élevés dans la hiérarchie ecclésiale.

L’esprit original de saint Philippe sut ainsi atteindre les esprits souvent austères de ceux qui devaient mettre en œuvre la contre-réforme catholique. Beaucoup comprirent la valeur de sa méthode.

Ainsi, discrètement, la joie communicative d’un saint et sa prière qui soutenait sa communauté, conduisait à l’esprit de sacrifice et à l’oraison. Car l’union de saint Philippe avec Dieu était si totale et si constante que même dans ses activités qui demandaient toute sa concentration, sa pensée et son cœur demeuraient toujours en Dieu et en son amour.

On peut résumer ainsi la spiritualité qu’il a enseignée et pratiquée :

– D’abord l’humilité de l’intelligence.

Au siècle où il vivait se développait un danger fondamental: l’orgueil de l’intelligence. Pour y remédier, saint Philippe insistait beaucoup sur la pénitence intérieure qui doit accepter la loi de Dieu.

– Puis la joie intérieure.

L’humour du saint si bien connu, lui valu le qualificatif de “saint de la joie”, et sa maison, “la maison de l’allégresse.”

– Enfin, la pédagogie de la grâce.

Saint Philippe qui fut éducateur et désirait respecter pleinement la personnalité des enfants et des jeunes, bâtit son projet d’éducation sur les cinq piliers suivants:

1.- Connaissance approfondie de chaque enfant ou de chaque jeune.
2.- Lumière apportée à l’esprit par les vérités de la foi, par les lectures et les méditations.
3.-La dévotion eucharistique et mariale.
4.- La charité pour le prochain.
5.-Et, enfin le jeu sous ses multiples aspects.

Proche de nous, on peut signaler que le cardinal Newman qui cherchait à se convertir au catholicisme étudia la vie et la spiritualité de saint Philippe Néri. Il voulut devenir prêtre oratorien et fonda le premier oratoire en Angleterre.

Je conclus cette brève évocation de saint Philippe par une prière magnifique qu’on trouve dans l’année liturgique de Dom Guéranger :

« Vous avez aimé ardemment l’Église, ô Philippe ; et cet amour de l’Église est le signe indispensable de la sainteté. Votre contemplation si élevée ne vous distrayait pas du sort douloureux de cette sainte Épouse du Christ, si éprouvée dans le siècle qui vous vit naître et mourir. Les efforts de l’hérésie triomphante en tant de pays stimulaient le zèle dans votre cœur : obtenez-nous de l’Esprit-Saint cette vive sympathie pour la vérité catholique qui nous rendra sensibles à ses défaites et à ses victoires.

Il ne nous suffit pas de sauver nos âmes ; nous devons désirer avec ardeur et aider de tous nos moyens l’avancement du règne de Dieu sur la terre, l’extirpation de l’hérésie et l’exaltation de notre mère la sainte Église : c’est à cette condition que nous sommes enfants de Dieu. Inspirez-nous par vos exemples, ô Philippe, cette ardeur avec laquelle nous devons nous associer en tout aux intérêts sacrés de la Mère commune.

Priez aussi pour cette Église militante qui vous a compté dans ses rangs comme un de ses meilleurs soldats. Servez vaillamment la cause de cette Rome qui se fait honneur de vous être redevable de tant de services. Vous l’avez sanctifiée durant votre vie mortelle ; sanctifiez-la encore et défendez-la du haut du ciel. »



* Je profite de cette citation pour remercier au passage : « ami de la Miséricorde » pour sa sollicitude à fournir aux liseurs les notices et prières de chaque jour dans l’année liturgique.
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