Mois de Mai, Mois de Marie : Fr. R.-Th. CALMEL, O.P

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Diafoirus -  2015-05-20 18:06:49

Mois de Mai, Mois de Marie : Fr. R.-Th. CALMEL, O.P

Dignité du Rosaire

« Dès lors, dès que nous commençons le chapelet, et avant même de commencer, sachons autant que possible ce que nous allons faire. Nous allons recourir à l’intercession privilégiée de celle qui est la digne Mère de Dieu, considérer la place absolument unique qui est la sienne dans les mystères de notre salut. Que notre chapelet ne soit pas mal engagé ; et, par légèreté ou routine, engagé dans l’inattention.

Pour y remédier il peut être utile, dans la récitation privée, de faire le rappel du mystère à l’intérieur même du Je vous salue ; de dire par exemple : Jésus, qui a versé son sang pour nous, le fruit de vos entrailles est béni ; Jésus qui s’est offert en sacrifice, ou Jésus qui est à jamais victorieux, le fruit de vos entrailles est béni. Dans la récitation privée cette mention ne sera évidemment pas gênante pour notre voisin et elle pourra être profitable pour nous. (De même dans la récitation privée rien ne nous empêche de consacrer une dizaine à l’exil en Égypte ou au miracle des noces de Cana ; l’action de la Vierge s’y trouve tellement décisive.)

Prenons bien conscience, prenons conscience dans la foi, de l’événement évangélique que nous annonçons au début de chaque dizaine. Il ne s’agit pas d’un événement de l’histoire ordinaire, serait-il gracieux ou pathétique, mais bien d’un mystère de l’histoire du salut. En effet cet événement est efficace pour le salut de tous les hommes, parce qu’il est vécu par une Personne divine, par le Fils de Dieu fait homme, plein de grâce et de vérité. Par ailleurs, cet événement de l’histoire du salut, que ce soit la vie cachée, la passion ou l’envoi de l’Esprit-Saint est accompli avec l’union privilégiée de la Sainte Vierge. Donc avant de commencer la dizaine, voyons le mystère comme il est ; ne nous limitons pas à une considération anecdotique et superficielle comme si ce n’était pas un mystère de foi ; comme si la personne du Rédempteur et de sa Mère n’étaient pas en cause.
Puisque les mystères du Rosaire ne font que reprendre le cycle de Noël et de Pâques souvenons-nous que cette Liturgie a parlé à notre foi. Et au moment où nous redisons en présence de la Sainte Vierge les mêmes mystères que nous avons célébrés liturgiquement, ne mettons pas de côté ce que la célébration liturgique a suggéré à notre esprit et à notre cœur. Sans quoi nous ne penserions pas de la même manière par exemple en célébrant la Semaine Sainte et en récitant les mystères douloureux ; la récitation serait plate et vide alors que notre méditation durant la semaine sainte était pleine et fructueuse. Voyons bien que ce sont les mêmes mystères.

Voyons aussi qu’il faut prononcer décemment et non pas bredouiller le Notre Père et les Je vous salue qui soutiendront notre contemplation. Vous me direz que, à ce compte-là, on ne va pas en finir, et qu’il faudrait pourtant achever les cinq dizaines. Je ne crois pas. Il faut d’abord et avant tout vouloir passer du temps avec le Seigneur et sa Mère et vouloir prier pour de vrai dans le temps dont on dispose. Si l’on n’a pas le loisir de réciter décemment cinq dizaines, que l’on récite ce que l’on peut, mais que ce soit une prière vraie.

Des remarques assez semblables pourraient être faites au sujet de la récitation publique. On sait l’admirable effort qui se poursuit en telle ou telle paroisse pour aider les fidèles à participer à la messe. La dignité du prêtre qui célèbre, la simplicité et la plénitude des invitatoires avant les oraisons, l’allure évangélique de l’homélie, l’ambiance mystique de la communion, enfin tout dans la Messe est accompli avec assez de religion pour que les fidèles y participent en esprit et en vérité. Au principe : non pas des recettes ou des techniques mais l’esprit de foi du célébrant, son sens de la Messe éclairé et contemplatif. Eh bien ! cet effort que l’on a fait pour la Messe serait à prolonger dans la récitation publique du Rosaire . Ici encore, le principal dépend de l’esprit de foi de celui qui dirige la prière. »

Fr. R.-Th. CALMEL, O.P.

Itinéraires n°62, Avril 1962

http://www.chire.fr/A-181223-le-pere-roger-thomas-calmel.aspx

Biographie
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=778963