Je vais donc devoir répéter, une énième fois...

Le Forum Catholique

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Signo -  2015-05-01 15:52:52

Je vais donc devoir répéter, une énième fois...

...les mêmes évidences.

PRIMO: Il y a peut-être des milliers de manières dont est célébré le NOM, mais il n'y en a qu'une qui est la bonne: celle qui est décrite dans les textes officiels (SC, textes magistériaux, Missel lui-même).
Ce n'est pas parce que ces règles et l'esprit qui les accompagne ne sont respectés qu'en de rares endroits qu'elles n'existent pas...

SECUNDO: Il serait absurde de dire qu'un rite peut être à l'origine d'une catastrophe spirituelle aussi grave: le vrai problème, c'est un manque de foi et d'esprit catholique, qui s'inscrit dans une très grave et plus large crise de civilisation marquée par le refus de la transmission. Vous me faîtes penser à ces gens qui disent qu'il suffit d'autoriser le mariage des prêtres pour régler la crise des vocations... Même si du jour au lendemain l'Eglise décidait de revenir intégralement à l'ancien rite (ce qui est rigoureusement impossible, j'espère que vous en avez conscience), cela ne règlerai rien, puisqu'il n'y aurait pas plus d'esprit de foi et de "sensum ecclesiae"...

TERTIO: Vous ne comprenez rien à ma position: je suis à des années lumières de toute forme de nostalgie. Dans la liturgie célébrée à Evron, il n'y a d'ailleurs rien d'ancien: les vêtements liturgiques sont modernes, MAIS conformes à l'esprit authentique de la liturgie romaine. Ce sont les "tradis" au contraire qui sont nostalgiques puisqu'ils sont pour beaucoup incapables de se séparer d'un cérémonial hérité du XIXe siècle, voire du XVIIIe siècle... Je me souviens d'une messe à saint Nicolas du Chardonnet: j'ai eu l'impression de faire un voyage dans le temps(chasubles boîtes à violon et tutti quanti, choses qui m'insupportent JUSTEMENT parce qu'elles expriment non un attachement à l'authentique liturgie, mais à des formes, pour le coup, désuètes... cela est également très présent à l'ICRSP). En revanche, on ne trouve dans les liturgies des monastères par exemple (Barroux, Fontgombault, Solesmes etc) aucune forme de decorum désuet, mais au contraire des ornements conformes à l'esprit de la liturgie.

QUARTO: concernant le chandelier à 7 branches, vous avez à la fois raison et tort: raison quand vous dites que cela n'existe plus dans le nouveau rite (encore que je ne suis pas allé vérifier...) et je pense que cela fait partie des faiblesses de la réforme: on a supprimé hâtivement des choses qui pourtant avaient une forte richesse symbolique (la patte de Bugnini?). D'où, justement, l'urgence d'une réforme de la réforme! . La CSM a raison de réintroduire cet usage, anticipant ainsi une éventuelle future correction, et cela a du sens: le même que dans l'ancien rite!

QUINTO: Ce n'est pas à vous, ni aux prêtres et fidèles de concernés, ni d'ailleurs à moi, de dire si telle ou telle messe célébrée dans les paroisses est conforme à ce qui est demandé; c'est l'Eglise! Or, que dit l'Eglise? Elle affirme le contraire de ce qui est pratiqué dans les paroisses! Tous les Papes, de Paul VI à Benoit XVI ont dénoncé les abus, sans succès. Vous dites que le vrai nouveau rite, c'est celui célébré dans les paroisses. L'Eglise dans son magistère dit le contraire. Permettez moi de mettre l'avis de l'Eglise au-dessus du vôtre...

Enfin vous dites que la messe d'Evron ne sera pas plus acceptée que l'ancien rite. Tout dépend chez qui: chez cette génération de soixante-huitards qui a depuis longtemps apostasié la foi catholique, certainement. Mais chez les autres, les générations suivantes... Il y a des pans entiers de ma génération qui ne voudraient pas revenir à l'ancien rite, mais accepteraient volontiers de découvrir la Tradition catholique à travers un NOM dignement célébré, conformément à ce que demande l'Eglise. En fait, ce que je vous reproche, c'est que pour régler la crise actuelle, vous ne proposez rien à part le statu quo. Alors que l'herméneutique de continuité (qui était une évidence pour les Pères conciliaires) dans un premier temps, puis la réforme de la réforme dans un second temps est la seule voie à la fois susceptible d'amener un réel progrès et en même temps réaliste. La génération susceptible de refuser un tel chemin ne compte pas: elle aura disparu dans trente ans, c'est une certitude.
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