Père Congar : La messe de saint Pie V est chose très sainte

Le Forum Catholique

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Chicoutimi -  2015-04-12 01:57:34

Père Congar : La messe de saint Pie V est chose très sainte

En lisant "La crise dans l'Église et Mgr Lefebvre" du Père Yves Congar (qui est loin d'être une nouveauté, car publié en 1976), j'ai néanmoins été surpris d'y lire quelques ouvertures du Père Congar à l'égard de la messe de saint Pie V. Pour ceux que cela intéresse, voici quelques passages qui révèlent la pensée de l'un des experts du Concile Vatican II et qui, plus tard, fut créé cardinal :

1- L’ancienne messe n’est pas abolie : « Mais il est clair que la messe selon le missel de Pie V est chose très sainte. Elle n’est, du reste, pas abolie; elle est autorisée toujours pour les prêtres âgés et dans la célébration dite privée. » (p. 36)

2- Ne pas en faire un moyen de division : « La messe que vous voulez célébrer selon le missel de saint Pie V (modifié sur quelques points par d’autres papes, ses successeurs), on devrait vous reconnaître la possibilité de la célébrer publiquement si vous ne lui donniez pas le sens d’un refus, comme non catholique, de l’Eucharistie que nous célébrons selon le missel de Paul VI, qui comprend d’ailleurs le Canon romain et qu’on peut célébrer en latin. Elle est sainte en elle-même, cette messe de saint Pie V, mais en faire un moyen de division et de défi est objectivement une perversion de l’Eucharistie. » (p. 91)

3- Le problème de certaines initiatives : « En se référant sans cesse à la messe de saint Pie V (1570), au catéchisme du Concile de Trente (1566), à celui de saint Pie X (1912), Mgr Lefebvre ne fixe-t-il pas la tradition dans les formules du passé, certainement saintes et valables mais qui, au plan de la formulation, ne peuvent interdire de chercher une meilleure adaptation aux besoins d’aujourd’hui ? Bien sûr, cette adaptation, l’aggiornamento, ne doit pas trahir la foi. Il est possible que ce soit le cas de telle initiative désordonnée – nous y reviendrons – mais aucun argument sérieux ne permet d’affirmer cela du Concile lui-même ni du missel de Paul VI. » (p. 57)

4- Le problème des ordinations illicites : « Les séminaristes d’Écône – dont je ne doute pas qu’ils voulussent se consacrer au service du Seigneur Jésus – ne pouvaient canoniquement être ordonnés sans des « lettres dimissoriales » de l’évêque de leur pays originaire (canons 955, 962). Ce sont des règles concrètes du bon ordre que demande la communion. Parce qu’ils ont transgressé ces règles, les jeunes ordonnés et leur évêque consécrateur ont été déclarés « suspens a divinis », c’est-à-dire qu’ils ne peuvent légitimement exercer les actes publics du ministère sacré : prédication, célébration des sacrements. L’obligation pour les ordinands de recevoir et de présenter des « lettres dimissoriales » traduit concrètement une obligation plus profonde, qui tient à la nature de l’Église, celle de relever, pour le ministère, d’une Église locale qui a son « presbyterium » (son corps de prêtres) et, pour le présider, son évêque. Dans l’Église ancienne, celle du Concile de Chalcédoine (451), les ordinations d’Écône auraient été déclarées irritae, c’est-à-dire non reconnues, nulles et non avenues pour l’Église. Selon la doctrine et la discipline qui ont prévalu depuis, elles sont valides mais irrégulières, illégitimes, non conformes à l’ordre établi. Nous souhaitons évidemment que les irrégularités soient réparées, les sanctions levées, la pleine communion honorée, et que nos jeunes frères remplissent dans l’Église un ministère plus fructueux encore que celui dont Dieu a fait la grâce à leurs aînés. » (p. 23-24)

5- L’Église de toujours : « Soyons "catholiques" en plénitude avec, vraiment, l’Église de toujours, celle de Vatican II comme celle de Trente et de Nicée, celle de Paul VI comme celle de Pie V et du pape saint Marcel (†309) ! » (p. 58)


Source : Yves Congar, La crise dans l'Église et Mgr Lefebvre, Éditions du Cerf, 1976, Paris, 107 pages.
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