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L'un des orateurs de la matinée, Mgr Duschak, évêque titulaire d'Abidda et vicaire apostolique de Calapan aux Philippines, natif d'Allemagne, insista sur la nécessité de ce qu'il appela une Messe œcuménique, qui, étroitement modelée sur la Dernière Cène, existât à côté de la forme actuelle de la Messe de rite latin.
Le 30 octobre, lendemain de son soixante-douzième anniversaire, le cardinal Ottaviani intervint pour protester
contre les modifications radicales que l'on proposait de faire subir à la Messe. «Cherchons-nous à susciter l'étonnement, voire le scandale, dans le peuple chrétien, en introduisant des modifications dans un rite si vénérable, qui a été approuvé pendant tant de siècles et qui est maintenant si familier ? Il ne convient pas de traiter le rite de la Sainte Messe comme s'il s'agissait d'un morceau de tissu que l'on remet à la mode selon la fantaisie de chaque génération».
Parlant sans texte, en raison de sa cécité partielle, il dépassa les dix minutes auxquelles tous avaient été priés de se limiter. Le cardinal Tisserant, doyen des Présidents du Concile, fit voir sa montre au cardinal Alfrink, qui présidait la séance. Lorsque le cardinal eut parlé pendant quinze minutes, le cardinal Alfrink agita sa sonnette. Mais l'orateur était si plein de son sujet qu'il ne l'entendit pas - à moins qu'il ne l'ait délibérément ignorée. Sur un signe du cardinal Alfrink, un technicien débrancha le microphone. Le cardinal Ottaviani vérifia la chose en grattant son microphone et, humilié, dut se rasseoir. Le plus puissant cardinal de Curie avait été réduit au silence, et les Pères conciliaires applaudirent de joie