Pardonnez-moi d'insister

Le Forum Catholique

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N.M. -  2015-03-24 10:06:16

Pardonnez-moi d'insister

Merci encore, cher Monsieur.

Je n'ignore pas que le statut de la messe chantée sans ministres sacrés et avec encensements est pour le moins spécial. Je n'ignore pas non plus que les manuels ne constituent pas la source primaire. Mais vous avez amplement raison de rappeler tout ça, et de me rappeler tout ça, tant nous avons tous besoin d'apprendre ou de réapprendre.

Cependant, et pardonnez-moi, je reviens à ma question...

Vous écrivez :


"Surpris par votre remarque, j'ai consulté une édition de 1928 du Haegy que vous citez. En fait il parle du début de la messe. Il va y avoir encensement de l'autel à l'Introït donc un acolyte va déplacer le missel. C'est la raison pour laquelle il attend au niveau des marches.

Il n'y a donc pas de contradiction entre tous ces auteurs."



Je ne crois pas du tout que Haegy parle seulement du début de la messe. J'en veux pour preuve ceci :


"234. [...] Après l'avoir lu [l'Introit], s'il a le temps suffisant pour aller s'asseoir, le Célébrant récite au même endroit le Kyrie eleison alternativement avec le Cérémoniaire et les deux Clercs servants, puis va s'asseoir sans faire aucune révérence. En même temps, les deux Clercs, ayant fait la génuflexion devant le milieu de l'autel, se rendent au côté de l'épître et y observent ce qui est indiqué au n°225 ["Le Célébrant étant assis, le Cérémoniaire se tient debout à droite ; les autres Clercs peuvent s'asseoir sur un banc voisin de la crédence, ou sur les degrés de l'autel du côté de l'épître ; ou mieux, ils restent debout"], ayant soin de saluer ensemble le Célébrant chaque fois qu'ils passent devant lui. Au chant du dernier Kyrie, ils vont se placer près du Célébrant, afin de revenir avec lui devant le milieu de l'autel. Là, ils font la génuflexion à ses côtés, relèvent le bas de ses vêtements, et s'agenouillent aux mêmes places que pendant l'introit.

[...]

"235. [...] Ayant récité le Gloria, le Célébrant fait la révérence convenable, et se rend à la banquette par le plus court chemin. [...] Les Clercs observent ce qui est marqué au n°234.

[...]

"237. Lorsque le Célébrant chante la dernière oraison, le premier Clerc ou celui qui doit chanter l'épître se rend à la crédence, prend des deux mains le livre pour l'épître, et va se placer derrière le Célébrant, sur le pavé. [...] L'épître chantée, il va faire la génuflexion devant le milieu de l'autel, reporte le livre à la crédence, et revient à sa place.

[...]

"247. [...] Les Clercs servants s'approchent du Célébrant [nous sommes rendus au lavabo] et lui font une inclination ; le second verse l'eau, et le premier présente le manuterge. Lorsque le Célébrant a remis le manuterge, ils font une nouvelle inclination, retournent à la crédence, y dépose la burette, le plateau et le manuterge ; ils reviennent ensuite devant le milieu de l'autel, y font la génuflexion, et vont se mettre à genoux à leurs places.

[...]

"249. [...] Quand la préface est commencée, les deux Clercs servants, ou d'autres Clercs désignés pour cet office, vont à la sacristie pour prendre les flambeaux, s'ils ne les prennent pas à la crédence. Au Sanctus, ils se rendent devant l'autel, marchant l'un à côté de l'autre, font la génuflexion, se saluent mutuellement, s'écartent un peu, et se mettent à genoux en face de l'autel."

R.P. Joseph Haegy, Manuel de liturgie et cérémonial selon le rit romain, 14e éd., 1928, t. I, pp. 492-497.



Force est de constater que, pour Haegy, la place des deux Clercs servants, c'est-à-dire des acolytes, est la suivante : non pas à la crédence, mais bien au bas des degrés, face à l'autel, c'est-à-dire exactement comme à la messe basse et à la messe chantée sans ministres sacrés et sans encensements.

C'est peut-être tout simplement parce qu'ici ou là on suit Haegy (ou d'autres auteurs du même avis) que les acolytes reviennent systématiquement s'agenouiller sur le plus bas degré.

Et donc, sur ce point (et sur plusieurs autres, notamment pour ce qui regarde les attributions respectives des deux acolytes) il y a bien contradiction entre Hébert et Haegy. Cela ne doit sans doute ni nous étonner, ni nous scandaliser, dans la mesure où l'un et l'autre se réfèrent à des usages différents : des usages qui sont sans doute légitimes les uns et les autres.
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