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Suite à Vatican II et à la réforme de la messe autorisée par Paul VI, une scission douloureuse se fit au sein de l’Eglise Catholique, particulièrement en France, entre traditionalistes (adeptes de la messe du rite tridentin, devenue « forme extraordinaire », conservant les rites d’avant ce concile) et l’écrasante majorité des fidèles assistant aux messes ordinaires post-conciliaires (avec leur florilège de dénaturations rendues possibles et de mièvreries musicales généralisées). La messe extraordinaire était, jusqu’à Benoît XVI, cantonnée à la marginalité au travers d’un tout petit quota de paroisses (à l’instar de l’église Saint-Eugène-Sainte-Cécile dans le IXe arrondissement de Paris) exclusivement réservées à cet effet, quota ne pouvant être dépassé. Cette fêlure fut renforcée par l’excommunication de Monseigneur Lefèbvre par Jean-Paul II : celui-là créa sa propre juridiction, autonome du Vatican, notamment animée à Paris via la paroisse Saint-Nicolas-du-Chardonnet.
C’est l’exceptionnel Benoît XVI, sans doute l’un des plus grands Papes de l’histoire de l’Eglise, qui a su réconcilier les deux franges du catholicisme : directement, d’abord, en faisant sauter le quota autorisé pour la célébration de la messe dans la forme extraordinaire, qui peut être célébrée désormais à volonté, en réintégrant le sulfureux évêque britannique Williamson, et tendant la main aux lefebvristes, etc. ; mais, aussi, indirectement, au travers de son magistral discours de Ratisbonne rappelant le caractère européen de la chrétienté face à l’islam fatalement oriental, en se démarquant des Protestants pour se rapprocher des Eglises orthodoxes qui, par leur structure autocéphale, sont intrinsèquement nationalistes et donc identitaires, et dont l’invariabilité ritualiste est garante d’une tradition liturgique née au IVe siècle après Jésus-Christ.
Cette réintégration de la frange traditionaliste de l’Eglise a permis aux deux courants de se rapprocher et de coopérer aux Manifs pour Tous – voire de fusionner dans une brillante synthèse que Gaël Brustier qualifie de « tradismatique » et qui, parfois, se concrétise charnellement via des activités telles que celles organisées par l’évêque de Toulon Dominique Rey avec ses fameuses sessions sur l’engagement des laïcs en politique, auxquelles participèrent Hervé Mariton ou Ludivine de la Rochère, purs produits de cette fusion.